Cinéma

Un orgue à l’égyptienne

Un « cousin » du Louxor, le cinéma Pyramid de Sale (Grande-Bretagne) possédait un très original orgue de cinéma Christie à deux consoles.

L'orgue du cinéma Pyramid de Sale en Grande-Bretagne (photo : Lancastrian Theatre Organ Trust)

L'orgue du cinéma Pyramid (photo : The Lancastrian Theatre Organ Trust)

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Publié en avril 2011


Entretien avec Patrick Brouiller, président de l’AFCAE

Patrick Brouiller est président de l’AFCAE (Association française des cinémas d’Art et Essai) et aussi responsable de salles de cinémas à Marly-le-Roi, Nanterre et Asnières (exploitée dans le cadre d’une délégation de service public). Avec le recul que lui donnent à la fois son expérience d’exploitant dans des villes sociologiquement diverses et sa connaissance du réseau Art et Essai, il était fort bien placé pour nous éclairer sur le rôle du directeur de salles notamment dans le cadre d’une DSP et pour nous donner son avis sur ce que pourrait être le cahier des charges d’un cinéma comme le Louxor. Nous le remercions pour la cordialité de son accueil et l’intérêt de ses propos.

Comment définiriez-vous le métier de directeur de salle de cinéma ?
Exploiter un cinéma d’art et essai, c’est être capable de mener de front toute une série d’actes : la programmation, l’animation, la définition d’une politique tarifaire et d’une politique des horaires offrant aux spectateurs des conditions d’accès satisfaisantes, la prospection de nouveaux publics (jeunes, scolaires), la communication.
Dans le cadre d’une délégation de service public, s’y ajoute une responsabilité supplémentaire. À partir du moment où l’ensemble des équipements est pris en charge par la collectivité, où il y a une volonté publique, un engagement d’argent public, il doit y avoir du côté du gestionnaire une exigence particulière. On ne prend pas en charge un lieu comme le Louxor pour y faire un travail routinier, pour ronronner. C’est un engagement culturel au service de la diversité et de la qualité.

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Publié en mars 2011


Zorro et d’Artagnan à Barbès

Les films qui passaient en octobre 1921 dans les salles proches du Louxor
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Depuis des mois nous sommes un certain nombre à tenter de retrouver le programme de la soirée inaugurale du Louxor, le 6 octobre 1921 (1). Cette recherche ne manque pas d’intérêt et finit par donner une assez bonne idée de ce qu’étaient les programmes des cinémas proches du Louxor en cette première quinzaine d’octobre 1921.

Mais d’abord, un point sur cette fameuse soirée. L’article de Cinéa, finalement le plus complet, reproduit sur notre site en février 2009, se retrouve quasiment mot pour mot dans les différentes revues spécialisées que nous avons consultées (à titre d’exemple, ci-dessous, la page 20 de Ciné Journal du 8 octobre 1921 ; un texte identique figure dans Le Cinéma du 7 octobre) ou avec de légères variantes et abrégé, comme dans le Courrier cinématographique du 7 octobre, ou réduit à un simple entrefilet, reprenant tout simplement les premier et dernier paragraphes de l’article de Cinéa, dans Cinémagazine du 14 octobre. Sous ses diverses versions, cet article non signé, qui finit par  rappeler nos modernes  dépêches AFP, relève davantage de l’écho mondain que de la chronique cinématographique et ne dit rien du programme, sinon qu’il était « fort bien choisi ».

Ciné Journal 8 octobre 1921

Ciné Journal 8 octobre 1921

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Publié en mars 2011


Défense et illustration de la salle de cinéma indépendante

-Rencontre au  Balzac avec Jean-Jacques Schpoliansky et Virginie Champion-Terreaux

À l’horizon de 2013, le Louxor s’ajoutera à la liste des cinémas parisiens. Certains n’ont pas manqué de s’interroger : les salles indépendantes des grands circuits ont-elles encore un avenir dans une ville où l’offre culturelle est déjà aussi riche ? Nous  avons souhaité demander leur avis aux premiers intéressés, les exploitants eux-mêmes, à la lumière de leur expérience personnelle d’acteurs de terrain et de militants d’un cinéma vivant et de qualité. Nous commençons par Jean-Jacques Schpoliansky, qui anime le Balzac depuis 1973. Il  nous a reçus en compagnie de Virginie Champion-Terreaux, sa  collaboratrice depuis 1994.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Jean-Jacques Schpoliansky : J’étais « un cancre », d’abord !  Je suis bac-1… À la suite d’un accident survenu justement au moment du bac, j’ai dû garder le lit pendant un an. Ensuite, en 1965, je suis entré comme stagiaire chez UGC et j’ai petit à petit appris ce qu’était l’exploitation, puis la programmation. Car en 1967, j’ai été  chargé de la programmation en milieu universitaire. On ne parlait pas encore d’Art et Essai mais j’organisais par exemple des semaines du cinéma brésilien ou des cinémas de l’Est, etc. dans des salles situées sur les campus, comme les  cinémas  Ariel de Mont-Saint-Aignan ou de Grenoble.
En 1969, la direction d’UGC m’a confié la direction de trois salles à Tours, les Majestic, Palace et Cyrano ; j’avais 25 ans ; j’y suis resté un an. Puis j’ai été « débauché » par un  producteur, et pas des moindres, puisqu’il s’agissait de  Serge Silberman qui avait besoin d’un assistant. J’ai ainsi participé à la production de deux films,  Le charme discret de la bourgeoisie de Buñuel, et La course du lièvre à travers les champs de René Clément, et je  m’apprêtais à  travailler à un troisième (À nous les petites anglaises).
Mais mon père est décédé en 1973 et je lui ai succédé au cinéma Balzac.

Jean-Jacques Schpoliansky présente régulièrement les films aux spectateurs

Jean-Jacques Schpoliansky présente régulièrement les films aux spectateurs

Le Balzac était une entreprise familiale ?
Il a été créé par mon grand-père en 1935. C’était un cinéma de style Art-Déco. Il y avait un hall de 200 m² avec une conque marine, les bureaux de mon grand-père qui faisaient 100 m², et une salle de 630 places.
Avant la guerre, Le Balzac programmait des films américains : Frank Borzage, John Ford, tous  les films de Shirley Temple ; en majorité les grands films de la 20th Century Fox. Après la guerre, ce fut le tour du cinéma français. J’ai tous ces films en mémoire : Jour de Fête, Les Vacances de M. Hulot, La Ronde, Casque d’or, Gervaise, À  bout de souffle, Les Tontons flingueurs, etc. jusqu’à  La piscine de Jacques Deray dont Le Balzac, qui avait déjà cette pratique, avait organisé l’avant-première en présence des acteurs.
Mais  il y avait eu des bouleversements dans l’économie du cinéma, que mon père n’avait pas vus venir. En 1971, UGC, au départ une petite société d’économie mixte (État/privé), a été vendue à d’importants exploitants parisiens privés et est devenue une grosse « major ».
Dans le quartier des Champs-Élysées, avec la disparition des indépendants, mon père s’est retrouvé isolé. Lorsque j’ai repris Le Balzac en 73, j’étais donc face à  une seule salle et sans films.

Pourquoi « sans  films » ?

À partir du moment où les autres indépendants avaient disparu, on ne pouvait plus prétendre avoir le moindre film. Seul, je ne faisais pas le poids face aux grands groupes qui captaient tous les films.Je devais donc poursuivre plusieurs objectifs :

- Arrêter l’hémorragie : ne plus dépendre d’un seul film ! Pour cela, il fallait intervenir sur le cadre. J’ai  créé deux salles supplémentaires, à partir du hall et des bureaux de mon grand-père, sans perdre un mm3 du Balzac !  Avec trois salles, je pouvais augmenter le nombre et la rotation des films.

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Publié en décembre 2010


Vie et mort des cinémas parisiens (1982-1992)

Un de nos adhérents cinéphiles nous avait signalé  au printemps dernier l’enquête photographique que Jean-François Chaput, photographe et projectionniste, avait menée à Paris entre 1982 et 1992 sur les cinémas parisiens dont on commençait à chuchoter la fermeture prochaine. Nombre de ces photos avaient fait l’objet d’une exposition en 1995, au musée de la SEITA aujourd’hui disparu. Nous avions invité Jean-François Chaput à se joindre à l’une des visites du Louxor organisées par la mission cinéma au mois de juin car cette salle figurait en bonne place parmi les cinémas qu’il avait immortalisés, et dont la plupart n’existent plus aujourd’hui. Il a photographié le Louxor à un moment « historique », le jour de  la dernière séance du 29 novembre 1983. Nous le remercions de nous autoriser à publier cette vue du Louxor qui projetait, cette semaine-là, Qaid, l’un des très nombreux films indiens programmés pendant les dernières années de son activité.

30 novembre 1983 : dernier film programmé au Louxor

29 novembre 1983 : dernier film programmé au Louxor

Jean-François Chaput nous a  parlé de cette passionnante enquête.

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Publié en décembre 2010


À la découverte du cinéma indien

-Entretien avec Deva Koumarane

Dans l’article Bollywood au Louxor, Deva Koumarane nous avait donné un premier aperçu des films indiens programmés dans cette salle à partir des années 70. Nous avons souhaité en savoir davantage sur ce cinéma qui suscite depuis un siècle l’engouement du public en Inde mais est aussi  largement distribué dans le monde entier. Dans le long entretien qu’il nous a accordé, Deva Koumarane rappelle d’abord les raisons de l’émergence rapide d’un cinéma national en Inde et de  son adoption immédiate par le public, ses thèmes et caractéristiques. Il évoque ensuite l’importance de la musique et des chanteurs, l’existence de cinémas régionaux, notamment du cinéma tamoul et de ses rapports très étroits avec le monde politique. Il revient aussi plus longuement sur les films marquants qui sont passés au Louxor et les vedettes qui étaient omniprésentes dans cette programmation. Et il évoque enfin l’état du cinéma indien aujourd’hui.

Mother India, un des grands films de l'histoire du cinéma indien

Mother India (1957), un des grands films de l'histoire du cinéma indien


À quelle date l’Inde a-t-elle découvert le cinéma ?
Dès 1896.  Le 7 juillet, deux opérateurs des frères Lumière se rendirent à Bombay et projetèrent à l’hôtel Watson, devant deux cents personnes, plusieurs films d’actualité dont L’Arrivée d’un train à La Ciotat. Le ticket était à une roupie, un prix exorbitant à l’époque, et le public était surtout composé de l’élite coloniale. Il y eut une seconde projection dans le Théâtre Novelty devant un public plus nombreux et divers dans sa composition car on avait vendu des billets à différents tarifs.
Quand voit-on émerger un cinéma national ?
Au tout début du muet, les spectateurs indiens voient des films importés des Etats-Unis et de l’Europe. Mais on assiste très vite à la naissance d’un cinéma indien. Il s’agit surtout d’abord de petits films documentaires (actualités, célébration de fêtes, etc.). Puis arrive la fiction.

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Publié en novembre 2010