Les attractions du Louxor pendant les années 1920, III : dernières trouvailles …

Notre premier article sur les attractions du Louxor pendant les années 20 a attiré l’attention de deux connaisseurs, François Ravez  et Les Cook – spécialiste anglais de la guitare hawaïenne et tout particulièrement de Gino Bordin et des musiciens et danseurs Kanui et Lula. Ils nous ont aimablement fourni des informations et des illustrations sur certains des artistes peu connus évoqués dans notre article et dont il est difficile pour le non spécialiste de retrouver la trace1. Nous les remercions de leur contribution qui nous permet ainsi de combler des lacunes…
Revenons par exemple à Kanui et Lula dont le spectacle de danses hawaïennes connut un joli succès en France, sur les scènes européennes et jusqu’en Amérique du Sud  pendant les années 20 et 30.

Kanui (photo dédicacée à Marius Kowalski le 15 février 1923, collection Christophe Leroy)

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Films égyptiens et libanais programmés au Louxor de 1978 à 1983

I. Films égyptiens

La liste des films que nous publions ici témoigne de la place du cinéma égyptien dans la programmation du Louxor de 1978 à 1983, date de la fermeture de la salle par Pathé : avec pas moins de 50 films, dont certains ont été programmés plusieurs fois, 66 semaines ont ainsi été dévolues au cinéma égyptien.

Said Ahmed El Bedaoui de Baha Eddine Charaf, Louxor 6-13 août 1980. Ce film fut projeté à trois reprises au Louxor. (photo : Fonds Eldorado)

Dates
Il s’agit généralement de films datant de plusieurs années, voire de films anciens – par exemple Nashid al amal, Chanson d’espoir, d’Ahmed Badrakhan date de 1937. Mais, comme le montrent les chiffres de la fréquentation hebdomadaire (voir la liste des films), peu importe la date de production, ces longs métrages n’avaient rien perdu de leur attrait pour le public du Louxor1. Par exemple, Ali Baba et les 40 voleurs (1942) ou Sallama (1945) deux films de Togo Mizrahi, un des pionniers du cinéma égyptien, firent respectivement 7 000 et 6 800 entrées hebdomadaires au Louxor en 1979. On constate d’ailleurs que les plus grands succès concernent des films des années 1950 et 1960.  
Le seul film égyptien récent programmé au Louxor fut La Mémoire, une histoire égyptienne (1982) de Youssef Chahine. Mais avec seulement 2 880 entrées pendant la semaine du 14 au 21 septembre 1983, ce très beau film fit le score le plus bas de tous les films égyptiens. Même si l’on tient compte de la chute de fréquentation du début des années 80 qui succédait à l’embellie des années 70, on note que, cette même année 1983, Sayed el Badaoui (1953) ou Antar le valeureux (1961), pourtant déjà programmés, frôlaient encore au Louxor les 5000 entrées hebdomadaires. Juste retour des choses, trente ans après, lors de l’inauguration du Louxor restauré, La Mémoire, une histoire égyptienne, fut projeté dans la grande salle, baptisée Youssef Chahine en hommage au réalisateur.

Les genres
Venaient en tête les films d’aventures historiques, l’équivalent égyptien des péplums italiens ou américains dont le public du Louxor des années 70 était friand : la série des Antar, ou Le Cavalier Ben Hamdan de Niazi Mostafa furent de beaux succès, tout comme les grandes fresques historiques (Les Mamelouks d’Atef Salem, Saladin de Youssef Chahine) et religieuses (L’Aube de l’Islam de Salah Abou Seif ou des biographies de grandes figures de l’islam (Sayed el Badaoui, La Soeur du Prophète, Rabaa la Bédouine). Parmi les films d’aventures, deux réalisations du grand cinéaste Henri Barakat, Le Prince de la Vengeance (ou Le Prisonnier de la tour) (1950) et Le Prince de la ruse (1964), sont des adaptations du Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, l’intrigue étant transposée dans un contexte égyptien.

Antar Ibn Chaddad (Antar le valeureux, 1973) – Le Prince de la Vengeance (1950) – Le Prince de la ruse (1964) Affiches : site Encyclocine.fr

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Attractions du Louxor, II : La vie d’artiste

Achille Daras, éphémère attraction au Louxor

Dans la liste des artistes s’étant produits au Louxor, publiée en annexe de l’article Les attractions au Louxor pendant les années 20, Nicole Jacques-Lefèvre a eu la surprise, à la date du 4 mai 1923, de lire le nom de son arrière-grand-oncle : DARAS. La biographie qu’elle a pu retracer illustre parfaitement ce que pouvaient être ces vies d’artistes aux talents variés, bourlingueurs, un peu aventuriers, jamais découragés par la précarité de leur condition…

Je n’avais d’abord connu Achille Daras, mon arrière-grand-oncle, que par ouï-dire : on en parlait peu dans la famille, où il avait néanmoins une réputation de chanteur et de grand voyageur. Mais, il y a peu de temps, Dominique Delord, infatigable chercheuse, m’a retrouvé quelques articles et images qui, joints à des souvenirs et documents familiaux, me permettent de retracer aujourd’hui une partie d’une carrière certes modeste, mais sans doute assez représentative de celle des artistes de l’époque, dont tous ne pouvaient accéder au vedettariat.
Achille Arthur Léon Daras était né à Dagny-Lambercy, dans l’Aisne, le 31 janvier 1875, d’un père menuisier. Mais, si sa mère retourna accoucher dans sa famille, comme il était souvent de tradition, ses parents s’étaient installés à Paris vers 1868, peu après leur mariage, sans doute pour trouver plus facilement du travail.
Achille, qui possédait une belle voix de baryton, semble s’être engagé assez vite dans une voie artistique, avec des talents divers. En 1896, son passage est signalé dans plusieurs lieux : il donne un spectacle de danseur-imitateur à la Scala de Tours, fait partie à Paris de la troupe de la Gaîté-Rochechouart,

Le Courrier français, 16 fév. 1896, illustration de Willette (document D. Delord) – à droite, affiche de Candido Arargones de Faria. (Source BNF Gallica). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

puis de la nouvelle troupe de l’Eldorado, et offre aux Ambassadeurs un numéro de « danseur provençal », pour lequel il est qualifié de « chanteur-danseur ». Mais les cachets de l’époque ne devaient pas suffire, et il exerce conjointement d’autres métiers dont celui de représentant de commerce, indiqué dans l’acte de son premier mariage en 1898. La même année, il figure dans l’Annuaire de l’Art lyrique et du Music-hall. Est-ce pour s’ouvrir de nouvelles portes qu’il se crée alors une identité nobiliaire, totalement fictive ?

Collection Nicole Jacques-Lefèvre

Il s’affirme pourtant comme fantaisiste polyvalent : cette même année 1898, il fait aux Folies-Bergères des débuts de « danseur comique », sera en janvier 1905 « compère » dans la revue du Nouveau-Cirque, et, dans les différents annuaires professionnels du début du XXe siècle, continuera à figurer comme « artiste de café-concert ».
C’est dans ces années que s’amorce l’aspect international de sa carrière, en même temps que se confirment ses talents d’imitateur : c’est ainsi qu’il sera défini en 1909, dans l’Annuaire du syndicat des artistes lyriques. Une affiche de Candido Aragones de Faria (1) réunit toutes ses caractéristiques.

Affiche de Candido Aragones de Faria (Source BNF Gallica)

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Les attractions de l’entracte au Louxor pendant les années 20

Que peuvent avoir en commun Mardrus, « merveilleux phénomène de la tête sans corps », Mikasa Chokichi, « jongleurs fantaisistes japonais », René de Buxeuil, « le chansonnier aveugle », Mac Norton, « l’homme aquarium », et les chanteuses Eugénie Buffet, le ténor Vorelli ou le comique Ouvrard ? Tous sont montés sur la scène du Louxor pendant les soirées du cinéma muet, rythmées par les prestations musicales de l’orchestre et des numéros de variétés (1). Signe de l’intérêt des spectateurs pour ces bien nommées « attractions », elles sont mentionnées régulièrement dans l’hebdomadaire La Semaine à Paris (ancêtre de notre Officiel des spectacles) qui précise même souvent le genre de numéro programmé et/ou le nom de l’artiste.
Le Louxor, intégré au circuit Lutetia Fournier en 1922 puis repris en 1929 par Pathé à l’avènement du parlant (voir notre chronologie), était une salle assez renommée pour que des projections spéciales y soient organisées et que des artistes confirmés s’y produisent. « Les “Fournier” (Louxor, Lyon-Palace, Ciné Saint-Marcel, Lutetia-Wagram, etc.), 35 salles environ dans Paris, sont des merveilles de goût, de confort. Leurs orchestres sont parfaits, leurs films de premier ordre ». s’enthousiasmait un chroniqueur du journal Le Rappel (8 mars 1927). Cependant, la longue liste des attractions du Louxor (jointe à la fin de cet article) montre que ces numéros étaient aussi assurés par « les obscurs, les sans grade », ceux dont le nom figurait rarement, ou jamais, en haut de l’affiche des music-halls et qui devaient certainement courir le cachet d’une salle à l’autre pour joindre les deux bouts (2).
Les artistes les plus connus cités dans le cadre de cet article font l’objet de notices ou d’articles sur des sites spécialisés très bien documentés (3) et dans des ouvrages auxquels nous renvoyons donc les amateurs de variétés des années 20 par des notes et des liens qui permettent aussi de retrouver un grand nombre d’enregistrements.

Au Louxor semaine du 8 avril 1927 (photo collection Ch. Leroy)
« Pour la 2e fois au Louxor, à notre sympathique chef d’orchestre, toutes nos amitiés »

Chant (chanteurs et chanteuses « de genre » ou « à voix » , voire « à grande voix » ou « divettes »), danse, acrobaties, « diseurs », imitateurs, ventriloques – les attractions changeaient toutes les semaines et il y en avait pour tous les goûts. Les photos dédicacées par des artistes au chef d’orchestre du Louxor Marius Kowalski, témoignent de cette diversité mais aussi des liens qui se tissaient avec les musiciens des orchestres de cinéma.

Kanui et Lula (photos collection Ch. Leroy)

Les chanteurs et danseurs hawaïens, Kanui  et Lula (4), qui dédicacent leurs photos  à « Monsieur Kowalski, notre charmant chef d’orchestre, en souvenir de notre passage au Louxor », formaient un duo qui se produisait avec succès dans plusieurs pays européens dans les années 20 et 30. Très présents à Paris, Kanui et Lula passaient de salle en salle : les programmes signalent leur numéro dans divers music-halls, notamment à l’Olympia : ainsi en mai 1923 pour la rentrée de « l’illustre chanteur comique Fortugé » ou en  janvier 1927 et novembre 1928, ou encore pour plusieurs semaines au Cirque d’hiver en mai 1929. Ils assurent en même temps les attractions dans des cinémas parisiens, comme au Louxor en 1923 ; en 1927, ils enchaînent les cinémas Convention, Lyon Palace, ou Select.
Plus inattendu : un de leurs « tubes » enregistré à Paris pour les disques Odéon le 21 juin 1933, Oua Oua, a été utilisé dans une pub pour Vittel en 2009 ! On peut l’écouter ici.  

Max Rogé (photo collection Ch. Leroy)

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Projections spéciales au Louxor (1922, 1931, 1933)

Lorsqu’Emmanuel Papillon organise ses nombreuses « soirées spéciales » dans le nouveau Louxor (avant-premières, rencontres avec des acteurs ou réalisateurs, etc.), il renoue avec la tradition … Si ce genre d’événements ne se retrouve pas dans les programmes officiels (notamment La Semaine à Paris), on tombe cependant par hasard, dans la presse, sur quelques mentions de ces projections spéciales.

Invitation de vedette :

L’Intransigeant du 14 février 1922 apprend à ses lecteurs que « l’enfant star » Régine Dumien était au Louxor ce même jour à l’occasion de la programmation du film Petit Ange (1920) de Luitz-Morat et Pierre Régnier dans lequel elle tient un des rôles principaux. Mais ce soir-là au Louxor, la jeune vedette ne venait pas accompagner son film, elle faisait la quête au profit des Petits Lits Blancs…

L’Intransigeant, 14 février 1922

Le film s’y prêtait et la jeune Régine était un « Petit-Ange » très médiatique…Cette toute jeune actrice, devenue la coqueluche des journalistes, qui lui consacrent un nombre d’articles dignes de la presse « people » d’aujourd’hui et rivalisent de mièvrerie, était régulièrement mise à contribution pour des opérations de bienfaisance (« Régine Dumien ayant eu la scarlatine, a pensé aux enfants de son âge qui sont aussi malades et peuvent ne pas être aussi bien soignés qu’elle. Alors, pour eux, elle a brisé sa tirelire et a envoyé les 70 francs qu’elle contenait pour les Petits Lits Blancs. Merci à “Petit-Ange”. » L’Intransigeant, 15 mars 1921) « A quoi pense une artiste de 5 ans ? » s’interrogeait déjà ce même journal le 27 janvier 1921. Sa présence au Louxor n’était donc pas anodine. 

Le Petit Parisien, 29 juillet 1923

Cet engouement médiatique continua (voir quelques articles).  Si les Américains avaient le jeune Jackie Coogan, la France, elle, avait « la petite Régine Dumien » ! A l’occasion de la visite de l’enfant star américain à Paris, elle fut chargée d’aller l’accueillir à la Gare du Nord, occasion en or de publier des photos de la vedette nationale en si bonne compagnie… L’année suivante, dans une mise en scène soigneusement préparée, c’était au tour de Tom Mix, la star des westerns d’être accueillie par Régine Dumien gare Saint-Lazare (le célèbre cheval Tony attendait son maître dans un van devant la gare !).

Projections spéciales

Pendant les années 30, Pathé organise également des soirées spéciales au Louxor, devenu le Louxor Pathé.  Non sans rapport avec l’événement précédent, le Louxor fit partie des cinémas choisis pour projeter le « film sonore » du Bal des Petits Lits Blancs tourné à l’Opéra, événement éminemment mondain, à l’intention des « milliers de Parisiens qui n’ont pas pu assister au merveilleux spectacle ». (L’Intransigeant, 1er mars 1930).

On trouve aussi mention (Paris Soir, 20 décembre 1931) d’une « projection surprise » du film de Carmine Gallone, Le Chant du Marin, qui a eu lieu le jeudi 17 décembre 1931. Surprise ? En effet il ne s’agissait pas d’une avant-première mais d’une projection destinée à tester les réactions des spectateurs venus assister au film de la semaine et qui ne s’attendaient pas à ce supplément de programme.

Affiche : site encyclo-ciné

À en juger par la critique, le test fut fort encourageant pour ce film dont la vedette, le très populaire Albert Préjean, interprète les chansons écrites par Serge Veber sur une musique de Georges Van Parys.

En mars 1933, La Dame de chez Maxim’s, film d’Alexandre Korda d’après la pièce de Feydeau, scénario d’Henri Jeanson, était projeté (Le Journal, 21 mars 1933) au Louxor en présence de Marcel Achard et Steve Passeur (lui aussi dramaturge et scénariste), avant même sa sortie officielle. Celle-ci était organisée le lendemain à Lyon pendant les journées lyonnaises du cinéma.

Affiche site Unifrance

Projection au Louxor (que le journaliste situe d’ailleurs « boulevard de Rochechouart » …) pleinement réussie puisque « L’amusante et savante reconstitution de la vie en 1900 fut très appréciée par tout le monde, et les producteurs et les éditeurs du film étaient ravis. »

Le Journal, 21 mars 1933

Ces quelques échos de la vie d’une salle de cinéma plus présente dans la presse des années 20 et 30 qu’on pourrait l’imaginer…

Marius Kowalski, chef d’orchestre du Louxor

Qui se souvient des chefs d’orchestre des cinémas des années 1920 et 1930 ? A quelques exceptions près — comme Paul Fosse, directeur musical du grandiose Gaumont Palace, ou Lucien Rémond, chargé de la direction d’orchestre du Louxor et des arrangements pour l’inauguration et les séances qui suivirent  —, ces artistes qui assuraient l’animation musicale des séances, et dont certains étaient également compositeurs, sont un peu les oubliés de l’histoire. Pourtant, l’orchestre constituait un atout majeur pour les salles qui, comme le Louxor, avaient la chance d’en disposer.
L’un des premiers chefs d’orchestre du Louxor fut Marius Kowalski (1886-1963). Les archives familiales que son petit-neveu, Christophe Leroy, nous a aimablement communiquées, permettent de mettre un visage et une histoire sur ce qui n’était qu’un nom découvert dans des programmes du Louxor des années 20. Autres trouvailles, les photos dédicacées par certains des artistes de variétés, témoignages de sympathie et d’amitié pour un chef d’orchestre très apprécié, font revivre certains de ceux qui se sont produits sur la scène du Louxor. Un prochain article sera consacré à ces attractions qui étaient alors partie intégrante des soirées de cinéma.

Marius Kowalski (1886-1963)

Marius Kowalski (1886-1963)

Marius Kowalski : une vie dédiée à la musique et au spectacle

Marius Kowalski est né à Paris en 1886. Son arrière-grand-père, Léon Jean Joseph Kowalski, né en 1810 dans le Palatinat de Cracovie, avait fui la Pologne après l’insurrection de 1830 et, comme beaucoup de ses compatriotes, s’était réfugié en France et s’y établit. Il meurt à Arles en 1888.
Musicien précoce, élevé dans une famille mélomane, Marius jouait de plusieurs instruments (piano, flûte traversière, violon).

Marius enfant, avec sa sœur Jeanne

Marius enfant, avec sa sœur Jeanne

Après ses études au Conservatoire de musique de Paris, il embrasse très jeune une carrière musicale, et apparaît entre 1903 et 1909 comme flûtiste à la rubrique « artistes exécutants et professeurs » de l’Annuaire des artistes et de l’enseignement dramatique et musical. Quand arrive la Guerre de 1914-1918, Marius est mobilisé. Il participe notamment, du 15 juillet 1916 au 24 mai 1917, aux terribles batailles de Verdun dans le 289e régiment d’infanterie et sera décoré de la Croix de guerre. Mais, même sous l’uniforme, il n’abandonne pas ses instruments : il fait partie d’un orchestre. Sur la photo ci-dessous, il est au premier plan à gauche, la flûte posée sur le genou. (Clic sur l’image pour l’agrandir)

Orchestre militaire, Marius Kowalski, au premier plan à gauche

Orchestre militaire, Marius Kowalski, au premier plan à gauche

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Cartes postales publicitaires

Le Bossu au Louxor (1925) ; Charlemagne (1934)

Parmi les supports publicitaires proposés aux exploitants des salles de cinéma par les producteurs, les cartes postales, faciles à distribuer au guichet, figuraient en bonne place au côté des affiches, programmes, et même mannequins en carton. Les documents originaux de ce type concernant le Louxor sont assez rares sur le marché des « vieux papiers ». En voici deux, la première de 1925 ( le temps du muet ), la seconde de 1934.

 Carte postale distribuée au Louxor (1925)

Carte postale distribuée au Louxor (1925)

Cette nouvelle carte postale publicitaire, acquise par Nicole Jacques-Lefèvre, annonce la projection au Louxor, le 4 décembre 1925, du film Le Bossu, tiré du célèbre roman de cape et d’épée de Paul Féval, et présenté en salles sous forme de feuilleton en trois épisodes (1). Cette adaptation du récit des exploits de Lagardère (2), émaillé de péripéties et rebondissements multiples, sortait en décembre, à point nommé pour les fêtes de Noël (et avant Les Misérables annoncé pour le 25 décembre !). L’épisode du Bossu présenté chaque semaine ne représentait qu’une petite partie du long programme de la soirée (3) mais le film a pourtant bénéficié du même type de campagne publicitaire qu’un long métrage.
Treize cartes postales furent proposées par le producteur (les Établissements Jacques Haïk) aux exploitants « au prix de 50 francs le mille ».

Plaquette de présentation du film adressée aux exploitants (mise aux enchères sur Internet).

Plaquette de présentation du film adressée aux exploitants (document mis aux enchères sur Internet).

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