La réalité virtuelle au Louxor

Tous les samedis et dimanches de 11h15 à 20h15, le Louxor propose des programmes courts en « réalité virtuelle ». Intrigués par ce terme qui dans notre esprit relevait plutôt du jeu vidéo ou des applications scientifiques que du cinéma, nous avons interrogé Emmanuel Papillon, le directeur du Louxor, qui a bien voulu jouer les pédagogues.  

Une séance de cinéma en réalité virtuelle au salon du Louxor

« La réalité virtuelle débarque au Louxor », écrivez-vous sur votre site. Sans entrer dans des détails techniques complexes, de quoi s’agit-il concrètement ?
Par réalité virtuelle, on fait référence à une technologie qui permet l’immersion complète du spectateur dans un environnement fictif :  les films sont tournés et diffusés en 360° degrés ; le spectateur est donc « dans » le film.  Il voit devant, derrière, sur les côtés, au-dessus : par exemple son regard se déplace pour suivre la trajectoire d’une flèche qui va passer au-dessus de sa tête, de son point de départ à son point d’arrivée.
Vous êtes vraiment entouré par les images (que ce soit des paysages, des mondes imaginaires ou des films d’animation). Les sensations sont plus fortes – les bruits environnants, la perception des mouvements –, c’est une autre expérience qui peut être tout à fait impressionnante.
Mais quel équipement faut-il ? Les séances se passent-elles dans une des salles ?
Non, nous ne supprimons aucune projection en salle. Les séances ont lieu dans le salon du 2e étage et tout l’équipement est fourni par la société Diversion cinéma qui est notre partenaire. Le spectateur est assis sur une chaise pivotante, il est équipé d’un portable posé sur un support, en l’occurrence de grosses lunettes, un peu comme un masque de plongée. Il est donc isolé de l’extérieur par ce casque occultant et plongé dans l’univers du film. Je précise – c’est important pour le confort du spectateur– que celui qui porte des lunettes de vue peut les ôter, l’équipement sera adapté à sa vision. J’en ai fait l’expérience.

Spectateurs équipés de leur casques, salon du Louxor.

Lire la suite

Une nouvelle plaque historique pour le Louxor

Une nouvelle plaque historique vient enfin d’être posée dans le hall du Louxor ! La plaque précédente, posée en septembre 2013 par la Ville de Paris, comportait en effet une grosse erreur et certaines mentions importantes en étaient absentes. Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, et les Amis du Louxor avaient demandé qu’elle soit déposée et remplacée. Nous avions également alerté la Commission du Vieux Paris dont les présidents successifs, Daniel Imbert et Bernard Gaudillère, ont relayé notre vœu auprès des services concernés.

Nous avions proposé un nouveau texte, rectifié et étoffé, qui a été intégralement reproduit sur cette nouvelle plaque. Il mentionne – ce n’est que justice – la plupart de ceux à qui l’on doit le bâtiment et les décors originaux : l’architecte Henri Zipcy mais aussi le constructeur et premier directeur du cinéma, Henri Silberberg, et les mosaïstes Gentil et Bourdet. Nous tenions aussi à ce que soit rappelées l’inscription des façades et de la toiture à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques et la mobilisation des habitants du quartier qui fut à l’origine du rachat du bâtiment par la Ville de Paris. C’est désormais chose faite.

La nouvelle plaque, visible dans le hall, à gauche de la caisse.

Cette nouvelle plaque historique, placée à gauche de la caisse du cinéma et plus visible que l’ancienne, offre aux visiteurs et aux spectateurs du Louxor un aperçu rigoureux des étapes essentielles de l’histoire du bâtiment, de sa construction en 1921 à sa réhabilitation par l’architecte Philippe Pumain.

Et tous ceux qui souhaitent mieux connaître le Louxor ont aussi à leur disposition la brochure illustrée réalisée  par notre association pour le cinéma Louxor ainsi que le livre Le Louxor, Palais du cinéma, ouvrage collectif, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, publié en juin 2013 par les éditions AAM.
 

Avant le Louxor I : la naissance d’un quartier

Notre recherche dans les archives pour découvrir les dévolutions successives de la parcelle du Louxor offre une plongée dans l’histoire de l’urbanisation du nord-est parisien. Car aux nourrisseurs à bestiaux venus du voisinage succèdent des spéculateurs de tout poil, portés par des projets où intérêts particuliers et intérêt général se trouvent mêlés. Le terrain est nu et d’une valeur inférieure à d’autres terrains construits à Paris. Il va faire l’objet d’intenses convoitises. Avec l’aide de l’autorité municipale, ces propriétaires vont participer à la construction d’une partie de la ville. On verra s’élever des monuments, un hôpital, une église, des gares ; le terrain sera divisé en rues, en boulevards, en places, et découpé en lots pour des immeubles à loyer.

Plan de la ville de Paris divisé en 12 arrondissements et 48 quartiers, « avec tous les changements exécutés et projetés jusqu’à ce jour », par Herisson, géographe, 1834. (Gallica.fr)

La spéculation commence dans le quartier, les pouvoirs publics l’organisent

La première pierre du canal Saint-Martin voulu par Napoléon pour donner de l’eau à Paris est posée le 3 mai 1822 sous Louis XVIII. Il sera inauguré par Charles X, un an après son arrivée au pouvoir à la mort de son frère. Le canal va attirer des activités artisanales et de petites industries ainsi que des entrepôts.

Le canal Saint-Martin (site CPArama.com)

La spéculation autour d’une future urbanisation commence dans ces années-là, sous l’impulsion d’une société privée soutenue par des financiers qui, de 1822 à 1827, décide la création d’un quartier neuf sur ces vastes terrains encore déserts : ce sera le «Nouveau quartier Poissonnière». Avec la maison André et Cottier, qui avait acquis de vastes terrains sur l’ancien domaine des Lazaristes, (voir l’article La parcelle du Louxor), une nouvelle société en participation se compose des banquiers Jacques Laffitte et Moisson-Devaux, d’un agent de change, Dominique Lenoir, et de Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano, un ancien ministre des affaires étrangères de Napoléon 1er, avec la participation de l’architecte Auguste Constantin. Le polytechnicien Gaspard Chabrol de Volvic, qui a participé à l’expédition en Égypte, nommé préfet par Napoléon 1er et toujours en exercice sous Louis XVIII, encourage l’opération par des subventions et, en 1822, donne 150 000 francs à la «Société privée du nouveau quartier Poissonnière ».

Lire la suite

Avant le Louxor II : du Clos Saint-Charles à la parcelle actuelle

Du Clos Saint-Charles au Louxor : les dévolutions successives de la parcelle du 170 boulevard de Magenta

Depuis la Révolution française jusqu’à l’achat par un certain Henri Silberberg d’un terrain sur lequel s’élevait un immeuble haussmannien qu’il va détruire pour construire son cinéma pharaonique, la parcelle est occupée par différents propriétaires. Curieusement, elle recèle en miniature une part de l’histoire d’un quartier qui a vu son paysage se transformer radicalement durant toutes ces années – lieu champêtre devenu en quelques décennies l’un des quartiers les plus densément peuplés et urbanisés de la capitale. Nous allons tenter de restituer ces modifications successives en évoquant les événements fonciers de proximité avec lesquels ce bout de territoire aux limites de la ville entre en résonance.

En haut : extrait du plan de Girard, 1820, en bas extrait du Nouveau Paris monumental, Garnier frères, 1892. Pendant cette période, les bâtiments publics et les monuments qui structurent le quartier sortent de terre. (Source: gallica.fr)

Avant la Révolution, la parcelle se situe dans une dépendance de l’enclos Saint-Lazare.

Mais commençons par le commencement et transportons-nous avant la Révolution française sur le plus vaste domaine privé de la capitale, la maison et l’enclos Saint-Lazare dont notre parcelle ne sera qu’une minuscule partie : elle appartient à une dépendance attenante à l’enclos principal, le clos Saint-Charles (1). L’enclos Saint-Lazare abritait l’une des plus célèbres léproseries du royaume gérée par les Hospitaliers Saint-Lazare dont on parle pour la première fois dans un texte de 1122. Le clos Saint-Charles où, des siècles plus tard, sera édifié le Louxor s’en détachait à la limite nord-est, sur le chemin de Paris à Saint-Denis.

Détail du plan de Paris de Jouvin de Rochefort, 1672. Au sud, l’enclos et le couvent Saint-Lazare ; au nord, l’enclos et le séminaire Saint-Charles. (Source: gallica.fr)

Les lépreux, des « bourgeois de Paris », refoulés et parqués aux marges de la ville, appartenaient à toutes les catégories sociales. Ils faisaient vœu d’obéissance et, à leur décès, tous leurs biens revenaient à la léproserie. Le titre de Maison royale qui lui est attaché marquait la bienveillance des souverains à son égard, un droit de foire lui sera même accordé, à l’origine de la foire Saint-Laurent.

Lire la suite

Attractions du Louxor, II : La vie d’artiste

Achille Daras, éphémère attraction au Louxor

Dans la liste des artistes s’étant produits au Louxor, publiée en annexe de l’article Les attractions au Louxor pendant les années 20, Nicole Jacques-Lefèvre a eu la surprise, à la date du 4 mai 1923, de lire le nom de son arrière-grand-oncle : DARAS. La biographie qu’elle a pu retracer illustre parfaitement ce que pouvaient être ces vies d’artistes aux talents variés, bourlingueurs, un peu aventuriers, jamais découragés par la précarité de leur condition…

Je n’avais d’abord connu Achille Daras, mon arrière-grand-oncle, que par ouï-dire : on en parlait peu dans la famille, où il avait néanmoins une réputation de chanteur et de grand voyageur. Mais, il y a peu de temps, Dominique Delord, infatigable chercheuse, m’a retrouvé quelques articles et images qui, joints à des souvenirs et documents familiaux, me permettent de retracer aujourd’hui une partie d’une carrière certes modeste, mais sans doute assez représentative de celle des artistes de l’époque, dont tous ne pouvaient accéder au vedettariat.
Achille Arthur Léon Daras était né à Dagny-Lambercy, dans l’Aisne, le 31 janvier 1875, d’un père menuisier. Mais, si sa mère retourna accoucher dans sa famille, comme il était souvent de tradition, ses parents s’étaient installés à Paris vers 1868, peu après leur mariage, sans doute pour trouver plus facilement du travail.
Achille, qui possédait une belle voix de baryton, semble s’être engagé assez vite dans une voie artistique, avec des talents divers. En 1896, son passage est signalé dans plusieurs lieux : il donne un spectacle de danseur-imitateur à la Scala de Tours, fait partie à Paris de la troupe de la Gaîté-Rochechouart,

Le Courrier français, 16 fév. 1896, illustration de Willette (document D. Delord) – à droite, affiche de Candido Arargones de Faria. (Source BNF Gallica). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

puis de la nouvelle troupe de l’Eldorado, et offre aux Ambassadeurs un numéro de « danseur provençal », pour lequel il est qualifié de « chanteur-danseur ». Mais les cachets de l’époque ne devaient pas suffire, et il exerce conjointement d’autres métiers dont celui de représentant de commerce, indiqué dans l’acte de son premier mariage en 1898. La même année, il figure dans l’Annuaire de l’Art lyrique et du Music-hall. Est-ce pour s’ouvrir de nouvelles portes qu’il se crée alors une identité nobiliaire, totalement fictive ?

Collection Nicole Jacques-Lefèvre

Il s’affirme pourtant comme fantaisiste polyvalent : cette même année 1898, il fait aux Folies-Bergères des débuts de « danseur comique », sera en janvier 1905 « compère » dans la revue du Nouveau-Cirque, et, dans les différents annuaires professionnels du début du XXe siècle, continuera à figurer comme « artiste de café-concert ».
C’est dans ces années que s’amorce l’aspect international de sa carrière, en même temps que se confirment ses talents d’imitateur : c’est ainsi qu’il sera défini en 1909, dans l’Annuaire du syndicat des artistes lyriques. Une affiche de Candido Aragones de Faria (1) réunit toutes ses caractéristiques.

Affiche de Candido Aragones de Faria (Source BNF Gallica)

Lire la suite

Les attractions de l’entracte au Louxor pendant les années 20

Que peuvent avoir en commun Mardrus, « merveilleux phénomène de la tête sans corps », Mikasa Chokichi, « jongleurs fantaisistes japonais », René de Buxeuil, « le chansonnier aveugle », Mac Norton, « l’homme aquarium », et les chanteuses Eugénie Buffet, le ténor Vorelli ou le comique Ouvrard ? Tous sont montés sur la scène du Louxor pendant les soirées du cinéma muet, rythmées par les prestations musicales de l’orchestre et des numéros de variétés (1). Signe de l’intérêt des spectateurs pour ces bien nommées « attractions », elles sont mentionnées régulièrement dans l’hebdomadaire La Semaine à Paris (ancêtre de notre Officiel des spectacles) qui précise même souvent le genre de numéro programmé et/ou le nom de l’artiste.
Le Louxor, intégré au circuit Lutetia Fournier en 1922 puis repris en 1929 par Pathé à l’avènement du parlant (voir notre chronologie), était une salle assez renommée pour que des projections spéciales y soient organisées et que des artistes confirmés s’y produisent. « Les « Fournier » (Louxor, Lyon-Palace, Ciné Saint-Marcel, Lutetia-Wagram, etc.), 35 salles environ dans Paris, sont des merveilles de goût, de confort. Leurs orchestres sont parfaits, leurs films de premier ordre ». s’enthousiasmait un chroniqueur du journal Le Rappel (8 mars 1927). Cependant, la longue liste des attractions du Louxor (jointe à la fin de cet article) montre que ces numéros étaient aussi assurés par « les obscurs, les sans grade », ceux dont le nom figurait rarement, ou jamais, en haut de l’affiche des music-halls et qui devaient certainement courir le cachet d’une salle à l’autre pour joindre les deux bouts (2).
Les artistes les plus connus cités dans le cadre de cet article font l’objet de notices ou d’articles sur des sites spécialisés très bien documentés (3) et dans des ouvrages auxquels nous renvoyons donc les amateurs de variétés des années 20 par des notes et des liens qui permettent aussi de retrouver un grand nombre d’enregistrements.

Au Louxor semaine du 8 avril 1927 (photo collection Ch. Leroy)
« Pour la 2e fois au Louxor, à notre sympathique chef d’orchestre, toutes nos amitiés »

Chant (chanteurs et chanteuses « de genre » ou « à voix » , voire « à grande voix » ou « divettes »), danse, acrobaties, « diseurs », imitateurs, ventriloques – les attractions changeaient toutes les semaines et il y en avait pour tous les goûts. Les photos dédicacées par des artistes au chef d’orchestre du Louxor Marius Kowalski, témoignent de cette diversité mais aussi des liens qui se tissaient avec les musiciens des orchestres de cinéma.

Kanui et Lula (photos collection Ch. Leroy)

Les chanteurs et danseurs hawaïens, Kanui  et Lula (4), qui dédicacent leurs photos  à « Monsieur Kowalski, notre charmant chef d’orchestre, en souvenir de notre passage au Louxor », formaient un duo qui se produisait avec succès dans plusieurs pays européens dans les années 20 et 30. Très présents à Paris, Kanui et Lula passaient de salle en salle : les programmes signalent leur numéro dans divers music-halls, notamment à l’Olympia : ainsi en mai 1923 pour la rentrée de « l’illustre chanteur comique Fortugé » ou en  janvier 1927 et novembre 1928, ou encore pour plusieurs semaines au Cirque d’hiver en mai 1929. Ils assurent en même temps les attractions dans des cinémas parisiens, comme au Louxor en 1923 ; en 1927, ils enchaînent les cinémas Convention, Lyon Palace, ou Select.
Plus inattendu : un de leurs « tubes » enregistré à Paris pour les disques Odéon le 21 juin 1933, Oua Oua, a été utilisé dans une pub pour Vittel en 2009 ! On peut l’écouter ici.  

Max Rogé (photo collection Ch. Leroy)

Lire la suite

Projections spéciales au Louxor (1922, 1931, 1933)

Lorsqu’Emmanuel Papillon organise ses nombreuses « soirées spéciales » dans le nouveau Louxor (avant-premières, rencontres avec des acteurs ou réalisateurs, etc.), il renoue avec la tradition … Si ce genre d’événements ne se retrouve pas dans les programmes officiels (notamment La Semaine à Paris), on tombe cependant par hasard, dans la presse, sur quelques mentions de ces projections spéciales.

Invitation de vedette :

L’Intransigeant du 14 février 1922 apprend à ses lecteurs que « l’enfant star » Régine Dumien était au Louxor ce même jour à l’occasion de la programmation du film Petit Ange (1920) de Luitz-Morat et Pierre Régnier dans lequel elle tient un des rôles principaux. Mais ce soir-là au Louxor, la jeune vedette ne venait pas accompagner son film, elle faisait la quête au profit des Petits Lits Blancs…

L’Intransigeant, 14 février 1922

Le film s’y prêtait et la jeune Régine était un « Petit-Ange » très médiatique…Cette toute jeune actrice, devenue la coqueluche des journalistes, qui lui consacrent un nombre d’articles dignes de la presse « people » d’aujourd’hui et rivalisent de mièvrerie, était régulièrement mise à contribution pour des opérations de bienfaisance (« Régine Dumien ayant eu la scarlatine, a pensé aux enfants de son âge qui sont aussi malades et peuvent ne pas être aussi bien soignés qu’elle. Alors, pour eux, elle a brisé sa tirelire et a envoyé les 70 francs qu’elle contenait pour les Petits Lits Blancs. Merci à « Petit-Ange ». » L’Intransigeant, 15 mars 1921) « A quoi pense une artiste de 5 ans ? » s’interrogeait déjà ce même journal le 27 janvier 1921. Sa présence au Louxor n’était donc pas anodine. 

Le Petit Parisien, 29 juillet 1923

Cet engouement médiatique continua (voir quelques articles).  Si les Américains avaient le jeune Jackie Coogan, la France, elle, avait « la petite Régine Dumien » ! A l’occasion de la visite de l’enfant star américain à Paris, elle fut chargée d’aller l’accueillir à la Gare du Nord, occasion en or de publier des photos de la vedette nationale en si bonne compagnie… L’année suivante, dans une mise en scène soigneusement préparée, c’était au tour de Tom Mix, la star des westerns d’être accueillie par Régine Dumien gare Saint-Lazare (le célèbre cheval Tony attendait son maître dans un van devant la gare !).

Projections spéciales

Pendant les années 30, Pathé organise également des soirées spéciales au Louxor, devenu le Louxor Pathé.  Non sans rapport avec l’événement précédent, le Louxor fit partie des cinémas choisis pour projeter le « film sonore » du Bal des Petits Lits Blancs tourné à l’Opéra, événement éminemment mondain, à l’intention des « milliers de Parisiens qui n’ont pas pu assister au merveilleux spectacle ». (L’Intransigeant, 1er mars 1930).

On trouve aussi mention (Paris Soir, 20 décembre 1931) d’une « projection surprise » du film de Carmine Gallone, Le Chant du Marin, qui a eu lieu le jeudi 17 décembre 1931. Surprise ? En effet il ne s’agissait pas d’une avant-première mais d’une projection destinée à tester les réactions des spectateurs venus assister au film de la semaine et qui ne s’attendaient pas à ce supplément de programme.

Affiche : site encyclo-ciné

À en juger par la critique, le test fut fort encourageant pour ce film dont la vedette, le très populaire Albert Préjean, interprète les chansons écrites par Serge Veber sur une musique de Georges Van Parys.

En mars 1933, La Dame de chez Maxim’s, film d’Alexandre Korda d’après la pièce de Feydeau, scénario d’Henri Jeanson, était projeté (Le Journal, 21 mars 1933) au Louxor en présence de Marcel Achard et Steve Passeur (lui aussi dramaturge et scénariste), avant même sa sortie officielle. Celle-ci était organisée le lendemain à Lyon pendant les journées lyonnaises du cinéma.

Affiche site Unifrance

Projection au Louxor (que le journaliste situe d’ailleurs « boulevard de Rochechouart » …) pleinement réussie puisque « L’amusante et savante reconstitution de la vie en 1900 fut très appréciée par tout le monde, et les producteurs et les éditeurs du film étaient ravis. »

Le Journal, 21 mars 1933

Ces quelques échos de la vie d’une salle de cinéma plus présente dans la presse des années 20 et 30 qu’on pourrait l’imaginer…