Le cinéma Splendid de Varsovie

Notre tour du monde des cinémas décorés à l’égyptienne se poursuit avec le cinéma Splendid de Varsovie. Intégré dans une galerie commerciale, sans façade sur la rue et donc sans décor extérieur particulier, il frappait d’autant plus ses spectateurs qui se trouvaient transportés d’un coup – dès qu’ils pénétraient dans la salle – dans le monde merveilleux de l’Égypte antique.

La galerie Luxenburg à Varsovie en 1939 (carte postale)

Une galerie commerciale à la mode
C’est en 1907 que commencèrent les travaux d’une monumentale galerie marchande de 110 mètres de long, commanditée par l’entrepreneur Maksymiliana Luxenburga (Maximilian Luxenburg), dont elle allait porter le nom : la galerie Luxenburg. Les travaux durent trois ans, et dès l’ouverture le lieu connaît un grand succès populaire. Les Varsoviens aiment à se promener sous la verrière bleutée qui donne un éclairage plus italien à un ciel souvent gris. Un hôtel immense, le plus grand de la capitale (plus de 700 chambres), y occupe un large espace ; on y trouve aussi de nombreux magasins, un restaurant et un bar. Mais il ne s’agit en fait que d’une petite partie d’un projet gigantesque de galerie commerciale qui aurait dépassé en taille et en élégance celle de Milan. Une autre tranche d’agrandissement, qui allait être lancée, est arrêtée par le déclenchement de la guerre de 1914-18.

Les travaux ne reprennent qu’en 1920, époque de grand développement des salles de cinéma. On comprend tout l’intérêt que pouvait représenter, en termes d’attractivité réciproque, une grande salle de cinéma dans cette galerie, venant compléter l’offre culturelle du célèbre cabaret voisin Qui Pro Quo (dirigé par Julian Tuwim et Marian Hemar de 1919 à 1930, avant de devenir un théâtre). La décision prise aussitôt, les travaux de gros œuvre se déroulent de 1920 à 1922, mais l’exécution du décor intérieur va prendre deux années supplémentaires, jusqu’à la fin de l’année 1924. On peut se demander si cet important retard n’est pas dû à la découverte de la tombe de Toutankhamon, à la fin de l’année 1922, qui aurait réorienté vers le domaine égyptien un programme décoratif initialement plus sage.

La salle du Spendid de Varsovie vue depuis l’orchestre, au pied de l’écran (1925) © DR

Une grande salle spectaculaire
En janvier 1925, les premiers spectateurs ont donc la surprise de découvrir un cinéma qui les immerge dans l’Antiquité égyptienne alors tout particulièrement à la mode. Aucun document ne permet de savoir, jusqu’à présent, si les accès et foyers étaient égyptisants, mais la salle elle-même a bénéficié d’une décoration pharaonique aussi originale qu’inhabituelle. Plus vaste et surtout plus large que celle du Louxor, elle avait également deux balcons, et pouvait accueillir 2 000 spectateurs. Sans être exactement « atmosphérique », elle offrait comme première attraction un ciel étoilé mouvant et scintillant situé à 18 mètres de haut, participant du décor particulier du lieu.

On ne connaît l’intérieur que grâce à quelques rares photographies, dont deux vues générales qui, comme pour le Louxor, ont été publiées dans la presse à l’époque de l’ouverture de la salle, et permettent de comprendre sa structure. Vu le nombre de spectateurs, dont la plus grande partie se trouvait à l’orchestre, quatre larges portes « égyptiennes » occupaient chacun des deux côtés latéraux, et plusieurs autres portes complétaient au fond ce système de circulation. Au premier balcon, une porte identique, légèrement plus basse, permettait d’accéder de même de chaque côté. Quant à celles du second balcon, elles étaient sans décor, montrant bien qu’on était là au niveau des places les moins chères. C’est dans cette salle qu’a été donnée à Varsovie la première projection du Chanteur de Jazz, film sonore et parlant (1927).

Égyptomanie et archéologie
La spectaculaire évocation de l’Égypte antique visible dans la salle de ce cinéma mêlait sur les murs des éléments architecturaux et des peintures. Elle a été réalisée par Kononowicz, avec le peintre Robakiem (Robak) et les sculpteurs Jasińskim (Jasiński), Władysławem Marcinkowskim (Wladyslaw Marcinkowski) et Mieczysławem Lubelskim (Mieczysław Lubelski).

[ De nombreux termes du vocabulaire égyptologique (corniche à gorge, tore, etc.)sont expliqués dans notre article Les décors du Louxor pour les nuls.]

Chacun des deux murs latéraux était divisé en quatre espaces verticaux (dont celui du fond correspondant à la profondeur des balcons et donc non décoré), chacun séparé par deux colonnes palmiformes engagées, ce qui en fait six au total de chaque côté, plus deux d’angle côté écran. Ces colonnes étaient surmontées d’un élément de corniche à gorge et d’une tête hathorique du type de celles qui décoraient le grand hall jubilaire d’Osorkon II, à Boubastis (Osorkon II était un pharaon de la XXIIe dynastie, 874-850 avant J.-C., œuvre usurpée du Moyen Empire, musée du Louvre).

Conférence de l’homme politique Józef Piłsudski au Splendid de Varsovie, en 1925, intitulée « Psychologie du prisonnier ». La scène et l’écran se trouvent sur la gauche de la photo © DR

Lire la suite

Paris-Kaposvár

Un cousin du Louxor en Hongrie

Dans le cadre de son travail de recherches pour l’ouvrage sur les cinémas à l’égyptienne dans le monde actuellement en préparation, Jean-Marcel Humbert a découvert un blog présentant un cinéma hongrois, le « Palais Culturel Arc-en-ciel » à Kaposvár, dont la renommée n’était pas encore parvenue jusqu’à nous. Mais la plus grande surprise a été de constater que ce blog, qui présente l’histoire du « Palais Culturel Arc-en-ciel » et celle de sa rénovation, fait dans un de ses chapitres un parallèle avec l’histoire du Louxor parisien et sa rénovation, avec une photo unissant deux de leurs décors, et un lien vers notre site… Juste retour des choses, Jean-Marcel Humbert vous présente maintenant l’essentiel des informations données par ce remarquable site Internet rédigé par Katalin Molnár et Krisztina L. Balogh.

La parenté avec son cousin parisien Louxor, affichée par le site Internet du cinéma hongrois égyptisant de Kaposvár ©DR

Le cinéma « Palais Culturel Arc-en-ciel »

Kaposvár est la capitale du comté Somogy en Hongrie. C’est une ville universitaire, qui a toujours été la capitale culturelle de la région. Elle est située à environ 185 km de Budapest, sur le fleuve Kapos, et compte environ 75 000 habitants. Le cinéma « Palais Culturel Arc-en-ciel » y a été conçu à partir de 1925 par l’architecte József Lamping, dans un style sécessionniste tardif, puis construit en 1927-1928. Il mêle en effet des tendances à la fois art nouveau et art déco, ce dernier style étant fort rare en Hongrie. C’est dans un quartier stratégique qui comprenait une gare, un marché et un parc public qu’il fut décidé de construire ce nouveau cinéma, à l’issue d’une importante période de rénovation de la ville qui vit l’ouverture de nombreuses nouvelles rues entre 1900 et 1910.

Le cinéma de Kaposvár peu après sa construction, par l’architecte József Lamping (1881-1939) © DR

Le « Cinéma de la Ville » a ouvert au public le 7 septembre 1928. La veille, pour l’inauguration, toutes les classes de la société étaient représentées. La cérémonie aurait pu mal se dérouler, car le projectionniste expérimenté du cinéma Apollo, qui avait été engagé, mourut le matin même. On fit en sorte que le public ne s’aperçoive de rien, et la projection inaugurale du film muet d’Alexander Korda, The Yellow Lily (1928), avec notamment Billie Dove et Clive Brook, se déroula pour le mieux. Le cinéma était lancé et devint le rendez-vous obligé de toute la population. Dès le 20 février 1931 était projeté le premier film sonore et parlant, Le Chanteur de Jazz, premier du genre à avoir été montré en Hongrie, comme dans beaucoup d’autres pays.

L’intérieur de la salle après sa récente rénovation (2010) © Photo Kováts Dávid

L’extérieur du bâtiment a plutôt surpris, et a été l’objet de critiques, notamment sur son manque de hauteur. Mais l’intérieur, spacieux et pimpant, a recueilli tous les suffrages, car il comportait un véritable foyer, d’importants dégagements et des escaliers adaptés. Les décors de colonnes, le vitrail de l’entrée, particulièrement coloré, et le décor égyptien du foyer et de la salle ajoutaient une note exotique. L’ensemble a été réalisé par des entreprises et des artistes locaux, fiers de leur travail et reconnus pour cela.

L’intérieur de la salle après sa récente rénovation (2010) © Photo Kováts Dávid

Lire la suite

L’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois)

Le Louxor est le seul cinéma « à l’égyptienne » en France, mais pas dans le monde où plus de 170 cinémas ont été édifiés ou décorés dans ce style bien particulier. En avant-première du livre que préparent Ken Roe et Jean-Marcel Humbert sur ce sujet, nous vous proposons un article sur le cinéma « égyptien » de DeKalb (Illinois). D’autres articles suivront sur certains de ces cinémas les plus caractéristiques, restaurés et toujours en activité.

Le 8 août 2016, Alex Nerad, directeur exécutif de l’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois), a visité le Louxor et en est sorti enchanté : « C’était merveilleux » écrit-il sur son site. « Le Louxor est un très beau cinéma magnifiquement restauré, et c’était extraordinaire de pouvoir le découvrir ‟de visuˮ ».

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Nous profitons donc de sa visite pour vous présenter cette autre salle mythique, l’Egyptian Theatre de DeKalb, dont la renaissance n’est pas sans rappeler celle du Louxor.

La salle de l'Egyptian Theater restaurée

La salle de l’Egyptian Theater restaurée

C’est dans l’une des rues principales de DeKalb que fut édifiée en 1929 et inaugurée le 10 décembre, une salle de spectacle étonnante destinée à accueillir aussi bien des spectacles de théâtre que cinématographiques. Son décor égyptien est la manifestation un peu tardive de la Toutankhamonmanie née de la découverte en 1922 de la tombe du pharaon ainsi rendu célèbre. Son architecte, Elmer F. Behms, était un amoureux de l’Égypte ancienne, et tout particulièrement de Ramsès II qui lui servit de principal thème d’inspiration, notamment pour les trois grandes figures en terres cuites vernissées de la façade, également décorée d’un vitrail haut de 6,10 mètres représentant un scarabée stylisé façon Art déco. La marquise actuelle, la quatrième, date de 1982.

Lire la suite

Rideaux à l’égyptienne

On sait que le Louxor possédait un rideau de scène, dont on n’a pas retrouvé jusqu’à présent de reproduction ni d’esquisse. C’est dommage car ce rideau devait être tout particulièrement intéressant. Les cinémas étant en filiation directe avec les théâtres traditionnels, il n’est guère étonnant qu’à leurs débuts on les ait ainsi équipés. La quasi totalité des cinémas à l’égyptienne à travers le monde avaient un tel rideau décoré dans le style dominant, dont quelques uns existent encore aujourd’hui en Amérique du Nord. Il s’agit d’une épaisse toile peinte, du type de celles constituant des décors de théâtre pour les représentations des innombrables Aïda, Cléopâtre, Thaïs ou autres « pharaonneries ». Donc, une toile grossière, un peu du genre de celles utilisées pour les panoramas, non faite pour être vue de près, mais destinée simplement à donner une impression générale. Placée  derrière l’habituel épais rideau de velours rouge, elle constituait ainsi véritablement un décor supplémentaire complétant celui de la salle de cinéma.

Lire la suite

Le Carlton d’Islington

Un ancien cinéma londonien acheté par une église évangélique

Egyptomanie et cinéma ont souvent fait bon ménage, Jean-Marcel Humbert nous l’a rappelé lors de sa conférence du 8 septembre. Un de nos adhérents, Bernard Meyre, a rapporté d’un voyage à Londres une série de photos de l’ancien  Carlton d’Islington, à la périphérie de Londres, cinéma égyptisant de 1930 qui devrait être réhabilité.

Dans les années 20, à Londres comme dans le reste de l’Europe et outre Atlantique, les architectes et décorateurs de cinémas se plaisaient à utiliser des thèmes exotiques : décors chinois, mauresques, gréco-romains, égyptiens. Entre 1928 et 1930, quatre cinémas égyptisants furent ainsi construits à Londres1 : le Luxor à Twickenham, l’Astoria à Streatham, et deux Carlton, l’un à Upton Park , l’autre (qui nous intéresse aujourd’hui) à Islington.

la façade du Carlton d'Islington en 2009

Vue générale du Carlton d’Islington  (novembre 2009)

Ces grands cinémas (2248 places pour le Carlton d’Islington, près de 3000 pour l’Astoria de Streatham) associaient le luxe « pharaonique » à l’utilisation des dernières technologies  en matière de chauffage et d’aération, de matériel de projection et de sonorisation, dans un souci affiché de  rivaliser avec les grands cinémas du centre de Londres. Les habitants des quartiers périphériques devaient eux aussi pouvoir rêver dans des « palais du cinéma ».
Les deux Carlton furent construits par George Coles (1884–1963), architecte renommé pour les très nombreux cinémas Art Déco qu’il édifia dans les années 20 et 30, notamment pour Oscar Deutsch, fondateur de la chaine des salles Odeon en Grande Bretagne qui en comptait 250 en 1937.

Lire la suite

Grauman’s Egyptian Theater (1922)

Un cousin du Louxor à Hollywood

Au n° 6712 de Hollywood Boulevard à Los Angeles, le promeneur découvre une cour lumineuse, terminée par un portique. Une double rangée de palmiers mène à une curieuse porte décorée de motifs égyptisants naïfs et encadrée de deux pilastres surmontés de têtes de sphinx.

Le Grauman's Theater, 6712 Hollywood Boulevard

Le Grauman’s Theater, 6712 Hollywood Boulevard | ©lesamisdulouxor.fr

Nous sommes à l’entrée du Grauman’s Egyptian Theater, siège de la Cinémathèque américaine.

De tous les luxueux « palais du cinéma » qui ont fleuri dans les années 20 aux Etats-Unis et en Europe, l’ Egyptian est certainement le plus célèbre.

Edifié en 1922 à l’initiative du promoteur Charles E. Doberman et de l’impresario Sid Grauman par les architectes Meyer & Holler, il est entré dans l’histoire du 7e art, symbole à la fois de l’âge d’or d’Hollywood et de l’engouement du public pour l’architecture et la décoration égyptisantes. La découverte du tombeau de Toutankhamon cette même année 1922 ne fera qu’entretenir une fascination déjà ancienne pour l’Egypte est ses mystères.

La cour, ouverte sur l’animation de Hollywood Boulevard, se voulait accueillante. Décorée de fresques et de hiéroglyphes, elle abritait quelques boutiques sous le portique et permettait aussi, les soirs de premières, d’accueillir la presse et le public. Sid Grauman y exposait même des éléments de décors exotiques et des accessoires du film que les spectateurs allaient découvrir.

Au fond de la cour, quatre colonnes massives marquaient l’entrée du portique d’où les spectateurs accédaient au vestibule intérieur, puis à la salle.

Le célèbre restaurant Pig’n Whistle qui communiquait avec la cour du cinéma, contribua de 1927 à 1940 (date de sa fermeture) à la renommée du lieu.

dscf1657

Information touristique | ©lesamisdulouxor.fr

Le succès de l’Egyptian et de ses “premières mondiales” attira à Hollywood célébrités du spectacle, hommes d’affaires, promoteurs et contribua indéniablement au développement économique de la ville. En témoignent le célèbre Roosevelt Hotel et le Chinese Theater construits en 1926, ainsi que le beau cinéma art déco El Capitan (1927) , tous encore visibles aujourd’hui,

L’intérieur était grandiose, tant par la taille de la salle (2000 places) que par la richesse de la décoration égyptisante destinée à éblouir le spectateur.

L’Egypte antique revisitée faisait bon ménage avec la technologie de pointe, du système de ventilation sophistiqué à la cabine de projection et son équipement dernier cri. La scène était assez vaste pour accueillir les impressionnants “prologues” qui précédaient à l’époque la projection des films: 100 acteurs, par exemple, pour celui des Dix Commandements de Cecil B. DeMille.

L’Egyptian fut inauguré en grande pompe le mercredi 18 octobre 1922, en présence des notables de la ville et de nombreuses célébrités comme Cecil B. DeMille ou Charlie Chaplin. Robin des Bois avec Douglas Fairbanks fut précédé d’ Aïda (cela va de soi) exécuté par l’Hollywood Egyptian Orchestra. Le film resta neuf mois à l’affiche.

La salle avant 1955

Décor de la salle avant 1955

Autre succès mémorable : Les Dix Commandements dont la première, le 4 décembre1923, annoncée à grand renfort de publicité, est restée célèbre dans les annales pour son faste.

Sid Grauman dirigea l’Egyptian jusqu’en 1927 puis rejoignit le tout nouveau Chinese Theater.
Après son départ, le cinéma connut une passe difficile. Pendant les années de la dépression et au début de la seconde guerre mondiale, on n’y projeta plus que des reprises.

Puis, en 1944, MGM décida de faire de l’Egyptian sa vitrine hollywoodienne.

A la fin des années 40 et dans les années 50, comme la plupart des grands cinémas, il fut modernisé. Pour faire revenir dans les salles un public de plus en plus attiré par la télévision, on lui offrit confort, meilleure visibilité, qualité du son et, bien entendu, écran géant. L’Egyptian fut également équipé d’une nouvelle marquise et d’une nouvelle enseigne. La cour fit l’objet d’une rénovation complète.

En 1955 on installa un nouvel écran géant incurvé de type Todd-AO pour pouvoir présenter “Oklahoma”, premier long métrage à utiliser cette technologie. On démolit alors la scène, les sphinx monumentaux et l’arc de scène décoré de hiéroglyphes.

1962

1962 Première de “King of Kings”

De 1955 à 1968, l’Egyptian connut encore quelques succès : Ben Hur en 1959, qui resta deux ans à l’affiche ou encore My fair Lady en 1964 qui résista plus d’un an. La dernière grande première fut Funny Girl en 1968.

L’ Egyptian ferma définitivement ses portes en 1992. Il fut acheté par la ville de Los Angeles et ainsi sauvé de la démolition.

Bien qu’il ait été classé « Monument Historique culturel », il fut laissé à l’abandon pendant plusieurs années, tandis qu’alentour, le quartier lui aussi se dégradait. Il fut ensuite gravement endommagé par le tremblement de terre de Northridge en 1994.
En 1996, la ville le vendit à la Cinémathèque américaine pour 1 dollar symbolique, à charge pour elle de lui redonner son lustre d’antan et de le rendre à sa vocation de cinéma. Une aide initiale était octroyée pour les travaux d’urgence mais il fallait trouver le reste du financement.

Un campagne fut lancée pour trouver de généreux donateurs. Totalement restauré, il ouvrit ses portes le 4 décembre 1998 avec au programme Les Dix Commandements dont la première avait eu lieu 75 ans plus tôt jour pour jour.

Cette histoire, avec ses alternances de faste et de déclin, d’abandon et de renaissance, présente bien des points communs avec celle de notre Louxor.

Alors, à quand un jumelage entre le Louxor de Barbès et l’Egyptian Theater de Hollywood ?

Annie Musitelli ©lesamisdulouxor.fr