Le Louxor a fêté son centième anniversaire

 

6 octobre 1921, salle Youssef Chahine.


Le 6 octobre 2021, le Louxor a fêté son centième anniversaire au cours d’une soirée très chaleureuse dans une salle archi pleine. Le plaisir de se retrouver dans le cadre magnifique de la salle Youssef Chahine était palpable, surtout après des mois de fermeture puis d’incertitudes sur les conditions de la reprise et le retour des spectateurs.

de gauche à droite : Emmanuel Papillon, Carole Scotta et Martin Bidou

Le trio qui compose la société CinéLouxor, Carole Scotta, Martin Bidou, et Emmanuel Papillon a d’abord rappelé son bonheur de gérer cette salle et sa confiance dans l’avenir. Car, dès son ouverture et jusqu’à la fermeture imposée par la pandémie, le Louxor était une exceptionnelle réussite. Ce bel élan allait-il se briser ? Heureusement, non. En dépit des contraintes qui ont suivi le déconfinement, ils constatent que le public est bel et bien au rendez-vous. Comme l’a rappelé avec force Emmanuel Papillon, directeur du cinéma, rien ne remplace la magie de la projection en salle, c’est là, sur grand écran et au milieu d’un public, qu’un film doit se voir.
D’autant que le Louxor a la chance d’être un lieu unique. Il a d’ailleurs salué la qualité exceptionnelle de la réhabilitation du Louxor par l’architecte Philippe Pumain et son équipe qui ont su respecter l’identité du lieu, mettre en valeur son architecture égyptisante Art Déco mais aussi en faire un cinéma du XXIe siècle… Il annonce le programme riche et varié de cette semaine du centenaire ainsi que la reprise de l’exposition proposée par les Amis du Louxor, Le Louxor, palais du cinéma,  qui retrace l’histoire du Louxor. Elle est de nouveau visible pendant un mois dans le salon du Louxor au 2e étage. Une plaquette reprenant les panneaux de l’exposition a été réalisée également par les Amis du Louxor.

La plaquette réalisée pour les 100 ans du Louxor reprenant les panneaux de l’exposition.

Alexandra Cordebard, maire du Xe arrondissement puis Carine Rolland, adjointe en charge de la culture à la Mairie de Paris, ont rappelé le long chemin parcouru depuis vingt ans pour sauver le Louxor, le réhabiliter et le faire revivre.

De gauche à droite : Emmanuel Papillon, Carine Rolland, Alexandra Cordebard, Carole Scotta et Martin Bidou

Au cours de ce périple, le soutien des habitants et des associations au projet n’a jamais failli. Les élues ont salué l’action d’Emmanuel Papillon et de son équipe qui a immédiatement, par les liens qu’il a su tisser avec les autres acteurs culturels du quartier, les associations, les nombreux établissements scolaires, réussi à intégrer le Louxor dans le quartier Barbès en diversifiant sa programmation pour inclure tous les publics.
Les spectateurs ont ensuite pu voir les trois volets du projet de la photographe Karen Assayag, Mon rêve de cinéma, autour de portraits de spectateurs rencontrés au Louxor. Ils seront ensuite projetés en avant-séance tout au long du mois d’octobre. La soirée se terminait par la projection en avant-première du film de Jacques Audiart, sélectionné à Cannes, Les Olympiades, en présence de Valérie Schermann, productrice du film, de Juliette Welfling, monteuse, et de trois de ses acteurs, Makita Samba, Camille Léon-Fucien et Pol White.

De gauche à droite : Emmanuel Papillon, Valérie Schermann, Makita Samba, Camille Léon-Fucien, Pol White, Juliette Welfling.

Le programme du centenaire

Le Louxor a 100 ans


Rares sont les cinémas qui parviennent à leur centenaire. A son tour, le 6 octobre 2021, le Louxor a atteint cet âge respectable et cette place enviée. Pourtant, la route n’a pas été facile, et de nombreuses péripéties ont émaillé un parcours fait de moments festifs et d’autres douloureux. Combien de fois n’a-t-il failli disparaître sous la pioche des démolisseurs, avant que l’union des habitants du quartier et de la municipalité de Paris ne parvienne à le sauver ? C’est cette longue route que nous vous invitons à reparcourir – ou à découvrir – grâce à cette chronologie illustrée, dont les liens vous ouvriront quantité d’articles détaillés sur les personnages et les événements qui ont jalonné son existence. Longue vie au Louxor !

Avant Le Louxor

– 2 avril 1919. Achat par Henri Silberberg (1866-1921) d’un immeuble haussmannien au 170, boulevard de Magenta / 53, boulevard de la Chapelle (Xe), qui accueillait un magasin de nouveautés « Au Sacré Cœur ».

L’immeuble détruit pour construire le Louxor. Réaction du journal Le Peuple, 9 février 1921

– 6 janvier-3 avril 1920. Silberberg obtient l’autorisation de construction du cinéma. L’architecte est Henri-André Zipcy (1873-1950), le décorateur Amédée Tiberti.

L’architecte Henri Zipcy (collection privée) – La salle égyptienne (La Construction moderne, 26 mars 1922, collection Jean-Marcel Humbert)

1921-1983. Un cinéma de quartier

• 6 octobre 1921. Inauguration du Louxor.

– 23 novembre 1921. Faillite et mort d’Henri Silberberg

23 novembre 1921, sur requête de la Banca Italiana di Sconto, faillite d’Henri Silberberg (Archives de Paris, D10 U3-87, n°26677) – acte de décès (Archives numérisées de la Seine)

– 12 avril 1922. Vente du Louxor à la Société Nouvelle du Cinéma Louxor, contrôlée par la Société des cinémas Lutétia dirigée par Paul Fournier.
– 24 avril 1929. Pathé rachète le Louxor qui devient le Louxor-Pathé.
– Années 30. Pathé fait de grands travaux. Disparition du décor intérieur d’origine.
– 21 juin-26 juillet 1954, 1964 et 1978. Rénovations et modernisation du Louxor par Pathé.

Rénovations de 1931 ( BNF) et de 1954 (archives Pathé) – La salle à la fin des années 1970 (photo Xavier Delamare).

– Années 70-80. Changements de programmation au Louxor : films d’action, et films indiens et arabes en version originale. Pose de panneaux peints sur les façades latérales.

Évolution de la programmation : 1954, Par ordre du Tsar – 1982, Les Renégats du désert (photo Xavier Delamare) – 1983 : dernière séance du Louxor avec le film indien Qaid.

– 5 octobre 1981. Inscription du Louxor à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques
– 30 novembre 1983. Déclaration de cessation d’activité. Cession des murs et du fonds de commerce à la société Textiles Diffusion (TATI).

1983-1999. Le Louxor en péril

– 1985. Projet « d’aménagement d’un magasin de vente au détail, avec modification de façade », et demandes de permis de démolir et d’autorisation de bâtir.
– 1986-1988. Le Louxor abrite d’abord une discothèque antillaise, La Dérobade, puis une discothèque gay, Megatown.

Le temps des discothèques : La Dérobade puis Megatown (à gauche et au centre : archives D. Le Glaner. A droite : photo Aurélia Lefèvre).

– 1997 et 1999. Le propriétaire du Louxor est mis en demeure de ravaler son immeuble, sans résultat.

Après la fermeture : affichage sauvage, tags, dégradation des mosaïques. Photos Bernard Meyre et Jean-Marcel Humbert)

2000-2003. La longue route pour le sauvetage du Louxor

– 2000-2002. Mobilisation des associations : appel à Bertrand Delanoë, Maire de Paris, pour le rachat du Louxor.
– Début 2002-juillet 2003. Négociations entre la Mairie de Paris et Fabien Ouaki, PDG de TATI, menées par Christophe Caresche, adjoint au Maire de Paris, député du XVIIIe arrondissement.
– 6 décembre 2002. Procédure de « déclaration d’abandon manifeste ». Publication et notification à TATI du « procès-verbal provisoire d’abandon de parcelle » du Louxor.
– 26 avril 2003. Lancement d’une pétition et manifestation devant le Louxor à l’appel des associations Action Barbès IXe, Xe et XVIIIe et Histoire et Vies du 10e.

Manifestation du 23 avril 2003 (photos Fabien Musitelli)

2003-2013. Le Louxor sauvé

– 25 juillet 2003. La Mairie de Paris annonce l’acquisition du Louxor par la Ville.
– Novembre 2004. Passation des marchés d’assistance à maîtrise d’ouvrage, de diagnostic du bâti existant et d’étude historique et patrimoniale.
– 22 mai 2007. Appel d’offres pour le marché public de maîtrise d’œuvre relatif au projet de réhabilitation du cinéma Louxor.
– 25 juin 2008. Désignation de l’architecte Philippe Pumain, avec Christian Laporte, Xavier Fabre et Vincent Speller, architectes associés.

22 avril 2010 : Bertrand Delanoë visite le Louxor avant le début des travaux (photos Jean-Marcel Humbert)

– 30 avril 2009. La Commission Départementale d’Aménagement Commercial accorde, à l’unanimité, l’autorisation d’exploitation cinématographique du Louxor.
– 26 septembre 2009. Publication de l’appel d’offres d’entreprises.
– 8 janvier 2010. Délivrance du permis de construire.

Dépose de la marquise – étude des décors de la poutre gaine (Frédérique Maurier, Philippe Pumain, Claire Bergeaud et Jean de Seynes) – L’architecte des Monuments historiques Christian Laporte sur le chantier – mosaïque restituée – repose des mâts égyptiens.

La restitution des décors peints a été confiée à des spécialistes du patrimoine, de l’agence Cartel Collections, qui ont notamment utilisé la technique du pochoir, mais revue par ordinateur…
– Septembre 2011. Lancement de l’appel d’offre, accompagné d’un Cahier des charges, pour la Délégation de Service Public.
– 26 novembre-11 décembre 2012. Choix par la Mairie de Paris, et confirmation par le Conseil de Paris, de la Société Cinélouxor pour l’exploitation du cinéma.
– Hiver 2013. Fin des travaux.
– 17 avril 2013. Inauguration du nouveau Louxor.

L’inauguration du 17 avril 2013 dans la salle Youssef Chahine.


– Depuis 2013, le Louxor attire un public varié et fidèle.

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, en compagnie de Serge Bromberg lors du ciné-concert du 15 mars 2015 – files d’attente – Les P’tits Loux vont au cinéma…

• 6 octobre 2021. Le Louxor a 100 ans.

 

© Les amis du Louxor

 

 

 

Il y a 100 ans au Louxor… Le programme du 28 octobre au 3 novembre 1921

Les bibliothèques classent, rangent et mettent sans arrêt à la disposition des lecteurs de nouveaux documents. C’est ce qui est arrivé avec la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) où nous venons de découvrir un programme du Louxor, le plus ancien que nous ayons eu entre les mains, et dont la couverture très originale, est probablement celle qui a servi pour le programme de l’inauguration du 6 octobre 1921.

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« Vu le luxe, le confort de ce bel établissement, ses beaux programmes et sa bonne musique, nous ne doutons pas qu’avant peu, la salle Louxor ne soit une des salles préférées de tous les amateurs de beaux programmes cinématographiques ». C’est ainsi que la revue Cinémagazine du 14 octobre 1921 annonçait dans sa chronique hebdomadaire l’inauguration du nouveau palais du cinéma de Barbès.
L’homme d’affaires Henry Silberberg, qui l’a fait édifier, dirigera la salle jusqu’à son décès, le 23 novembre 1921, un peu plus d’un mois après l’inauguration. On sait que Silberberg, ancien directeur du Casino de Saint-Valery en Caux, bon connaisseur du monde du spectacle, s’intéressait aussi au cinéma. Selon la Cinématographie française du 5 mars 1921, il aurait même entrepris des démarches auprès de la société allemande U.F.A. pour « acheter une partie de la production de cette société ». Préparait-il déjà la programmation de son futur cinéma ?
Le programme du 28 octobre au 3 novembre 1921 annonce de belles réjouissances.

Programme du 28 octobre au 3 novembre 1921 (collection BHVP, 4DEP-004 149)


Sa couverture, élégante et raffinée, dont les tons vert et bruns seront repris dans la publicité pour Dufayel au dos de la brochure, exhibe des éléments égyptisants sans toutefois reproduire à l’identique les décors et pochoirs qui donnent au nouveau palais du cinéma son identité. Ici pas de disque solaire ailé encadré par deux cobras mais un pharaon sur un trône agrémenté d’un taureau sacré recevant les hommages d’un sujet. Une tête de scarabée, emblème du pouvoir et de la renaissance du soleil dans l’ancienne Égypte, occupe le centre de la frise tout en haut du programme. Le Louxor est d’emblée une salle importante, les films sont projetés la première semaine de leur sortie. À une exception près le programme est le même que celui du Gaumont-Palace.

Le programme de la semaine du 28 octobre au 3 novembre 1921.


Un accueil en musique introduit la séance. M. Remond, le chef d’orchestre, auquel succédera Marius Kowalski (1886-1963), officie dans la fosse, entouré de ses vingt musiciens. Le public averti reconnaît, mêlée aux sons de l’orchestre, la sonorité de l’orgue de cinéma Abbey dont les tuyaux se dissimulent derrière les motifs ajourés encadrant la scène. Après l’entracte, au début de la deuxième partie, le chef d’orchestre empruntera à Jules Massenet un air de son opéra Le Cid, créé à l’Opéra Garnier en 1885, dont l’action se déroule en Espagne. Un clin d’œil au clou de la séance, le long métrage de Marcel L’Herbier, El Dorado. Alors que ce format ne s’est pas encore imposé, le film, qui dure 1h 20, occupe cette semaine-là, presque exclusivement la seconde partie, réservée aux films prestigieux.

La première partie
Après les actualités Gaumont, la première partie va enchaîner deux films à épisodes. Le genre a eu son heure de gloire pendant la guerre. Semaine après semaine, le récit se poursuit, chaque épisode se concluant par un effet dramatique. La mécanique est habilement construite, il faut fidéliser un public avide de sensations et Louis Feuillade, le réalisateur de L’Orpheline, est devenu le maître incontesté du genre.

Cinémagazine, 2 septembre 1921


A partir de 1907, Louis Feuillade produit un nombre impressionnant de courts-métrages dans des genres très différents, toujours pour la Gaumont dont il devient à cette date directeur artistique. La concurrence avec Pathé est rude et pour répondre à leur dernière nouveauté, le film à épisodes, Gaumont et Feuillade ont déjà proposé, en 1916, Les Vampires, inspiré des feuilletons populaires où l’action domine, avec la troublante et maléfique Musidora dans son scandaleux collant noir.
Mais après la guerre et les élections de 1919, pour la majorité conservatrice de la « Chambre bleu horizon », le relèvement de la France ne peut échapper à l’ordre et au travail. Les exploits des criminels de Fantômas et des Vampires ne sont plus d’actualité. Un portrait élogieux de Louis Feuillade, publié dans Cinémagazine le 2 septembre 1921, avertit le lecteur : « Les Cinés-Romans de Louis Feuillade constitueront maintenant l’apologie de la Famille et du Foyer. Vous avez tous remarqué que dans Les Deux Gamines le metteur en scène a complètement supprimé le genre dit policier-américain qui tourne par trop la tête à certains enfants. Il en sera maintenant toujours ainsi. » La décence et le roman familial sont donc à l’ordre du jour. On les retrouve dans le mélodrame L’Orpheline, un scénario original, dont le troisième épisode, Le Complot, est au programme du Louxor cette semaine-là.

Cinémagazine, 28 octobre 1921

Chacun des épisodes dure 30 minutes environ, excepté le prologue et le premier épisode, en général projetés au cours de la même séance afin d’installer le sujet.
Le film à épisodes met en scène des récits souvent manichéens, utilise des personnages à la psychologie prévisible, placés dans des situations souvent compliquées où rebondissements et retournements de situation sont légion. Dans L’Orpheline, il y aura un bien sûr un traître, russe et bolchévique de surcroît, qui cherche à escroquer un capitaine, en faisant passer une aventurière pour la fille qu’il aurait eu avec une comtesse dont il fut éperdument amoureux. La vraie orpheline âgée de 18 ans vit à Alger avec sa mère, elles seront retrouvées par l’ex-fidèle ordonnance du capitaine.

 

Sandra Milowanoff dans le rôle de l’Orpheline et Georges Biscot dans le rôle de Némorin

Sandra Milowanoff, danseuse étoile au Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg et réfugiée en France après la révolution de 1917, sera Jeanne, l’authentique orpheline, et le comique, Georges Biscot, l’ordonnance qui retrouvera la mère et la fille. Feuillade s’est constitué une troupe d’acteurs avec lesquels il aime travailler. René Clair y débute dans un second rôle.
La projection en salle s’accompagne de la parution en récit des différents épisodes dans le quotidien à dix centimes Le Journal, un des quatre grands de la presse de l’époque.

Annonce de la publication prochaine du ciné-roman L’Orpheline (La Cinématographie Française, 23 juillet 1921)


Après la guerre, la moyenne des films s’établit autour de douze épisodes et Les Trois Mousquetaires, le film à épisodes qui va succéder à L’Orpheline n’échappe pas à la règle mais, peut-être pour se donner un air plus respectable, les épisodes seront ici appelés chapitres. Le film est cette fois une adaptation par le réalisateur Henri Diamant-Berger du roman historique d’Alexandre Dumas, produit par Pathé-Consortium. Le film, qui s’auréole du succès du roman de cape et d’épée de Dumas, paru en feuilleton dans Le Siècle et adapté au théâtre par l’auteur et Auguste Maquet, est l’événement cinématographique de l’automne 1921 et bénéficie d’une campagne publicitaire exceptionnelle. Il est programmé dans 800 salles en France.

Ciné Journal, 15 octobre 1921


Diamant-Berger a beaucoup écrit sur le cinéma et notamment dans la revue Le Film, une revue exigeante où en tant que rédacteur en chef, il a réuni de belles signatures, Colette, Cocteau, Cendrars, sans oublier les deux amis Delluc et Moussinac. Elle se veut une tribune du jeune cinéma, un journal de combat destiné à le faire accepter comme un art à part entière. Henri-Diamant Berger quitte la revue en 1919 pour se consacrer à la production des Trois Mousquetaires.
A la sortie de la Grande Guerre, la situation du cinéma français est catastrophique. Avec les Trois Mousquetaires, Diamant-Berger veut frapper un grand coup. Le budget est exceptionnel et autorise de nombreux figurants, de somptueux décors naturels et la direction de Mallet-Stevens pour les intérieurs. Sadoul affirme que le financement de ce film de 15 055 mètres s’élevait à trois millions de francs. Pour d’Artagnan, Diamant-Berger choisit Aimé Simon-Girard, un chanteur de revues et d’opérettes qui danse au Casino de Paris : « Bon cavalier, bon épéiste, d’une jeunesse d’allure et d’une aisance exceptionnelle, c’est un casse-cou qui refuse d’être doublé par des cascadeurs professionnels », écrit Diamant-Berger dans ses Mémoires(1) . Ce qui ne l’empêchera pas de recruter deux acteurs de la Comédie Française, Édouard De Max dans le rôle de Richelieu et Maxime Desjardins dans celui du capitaine Tréville. Sans oublier ni Charles Dullin, dans le rôle du Père Joseph, l’éminence grise de Richelieu, ni Gaston Rieffler dans Louis XIII, un chanteur de répertoire et d’opérettes, notamment à l’Opéra-Comique qui, fort de ses succès au cinéma, reviendra quelques années plus tard entretenir sa popularité dans des prestations scéniques sous le titre de « comédien lyrique » au Louxor et ailleurs.
La présentation du film a lieu lors de trois soirées exceptionnelles dans la grande salle du Trocadéro avec les musiciens des concerts Colonne en présence de M. Fourel, le directeur de Pathé-Consortium. « C’est un bon film moral et amusant, essentiellement français…et bien autrement prenant que tous les mystères de Chicago ou d’ailleurs », déclare un critique de Cinémagazine le 7 octobre. Le « chapitre » présenté au Louxor, cette semaine-là, La Lingère de la Reine est le troisième.

Aimé Simon Girard (d’Artagnan), Edouard de Max (Richelieu), Pierrette Mad (constance Bonacieux), Claude Merelle (Milady).
Chapitre 3 : Cinémagazine, 28 octobre 1921


A la sortie du film, une version papier des Trois Mousquetaires paraît en épisodes dans Comœdia créé en 1907, le grand quotidien culturel de l’entre-deux guerres, illustrée par les photos du film.

La deuxième partie de la séance
Après l’intermède musical qui prépare au grand film de la seconde partie, El Dorado, le mélodrame de Marcel L’Herbier, va pouvoir commencer.

Affiche du film (site Unifrance). Les costumes étaient d’Alberto Cavalcanti.


On ne connaît pas les réactions des spectateurs du Louxor mais ce long métrage a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage cinématographique de l’époque avec des audaces visuelles et un parti pris musical radical encore jamais vu sur les écrans.
Encore une fois il est question de femme délaissée avec un enfant à charge, une réalité sociale de l’époque dont se nourrissent les mélodrames. Sibilla est danseuse au cabaret El Dorado de Grenade. Pour sauver son enfant malade de douze ans, elle tente une dernière démarche auprès du riche veuf qui l’a séduite. Chassée par ses valets, elle va chercher à se venger en faisant échouer le mariage arrangé qu’il a organisé pour sa fille. Après moult péripéties et son enfant confié à de bonnes mains, elle finira par se poignarder.

Ève Francis et Jaque Catelain dans El Dorado (site BDFF)


Ève Francis est la Sibilla imaginée par le réalisateur comme elle fut quelques mois auparavant Sarah, tenancière dans un cabaret du vieux port de Marseille, dans le film Fièvre de son époux Louis Delluc, finalement accepté par la censure, en mai 1921.
Les trouvailles visuelles dont le film de L’Herbier fourmillent vont défrayer la chronique. Il utilise en effet des objectifs déformants, superpose les plans, procède à des enchaînés mystérieux et à des trucages, jamais gratuits, toujours en étroite relation avec le récit et le vécu des personnages. Il revendique avec d’autres la recherche d’un langage visuel et plastique spécifique au nouveau media. Dans le même ordre d’idée et pour échapper à la frontalité qu’impose le théâtre, il va multiplier les angles de prise de vues avec une grande liberté. Ainsi quand Sibilla, expulsée de la villa de son séducteur, glisse lentement au bas de l’escalier, son corps apparaît déformé par le désespoir. Dans un plan resté célèbre, on peut aussi voir le visage de Sibilla, absente à la vie qui l’entoure, apparaître progressivement flou alors que, dans le même plan, ses camarades danseuses, sont parfaitement nettes. Gaumont, croyant à une erreur, fit arrêter la projection et Marcel L’Herbier, dépité, n’osa pas lui avouer qu’il avait passé des heures avec son opérateur à obtenir son effet(2).

Aperçu des décors. Cinémagazine, 28 octobre 1921.


Il faut souligner le rôle essentiel de la partition musicale dans ce film. Marcel l’Herbier, passionné de musique et particulièrement de Debussy, a commandé au jeune Marius-François Gaillard une partition symphonique synchrone pour grand orchestre. Le compositeur a suivi, image par image, la trame dramatique du film jusqu’à introduire des leitmotivs pour donner à chaque personnage, à chaque décor, un thème particulier. La partition, écrite une fois le film terminé, a exactement la même durée et contient près de 500 pages, pour un orchestre de quatre-vingt musiciens. Rien à voir avec les douze minutes de celle de Saint-Saëns pour L’Assassinat du duc de Guise. La musique épouse le rythme du film et semble jaillir des images mêmes, dira le réalisateur dans un entretien(3).
Le film El Dorado sera très vite adapté en roman et publié aux éditions de La Sirène dans la nouvelle collection « La lampe merveilleuse » lancée en 1921. Le film est mis en récit par Raymond Payelle, pseudonyme de Philippe Hériat, acteur dans le film et plus tard assistant de René Clair ; il deviendra écrivain.

Annonce de la publication du roman tiré du film, Cinea, 28 octobre 1921


L’épisode comique
Après la fin violente de Sibilla et la longueur de la séance, le public a droit de respirer un peu, et ce sera Charlot Patine, un épisode comique de 24 minutes, sorti en 1916.

Charlot Patine (The Rink, 1916)

Cette année-là, Chaplin a réalisé dix courts-métrages dont huit pour la Mutual où il resta deux ans. Avant d’être serveur dans un restaurant et de patiner lors de la pause déjeuner, il a été chef de rayon, commis chez un usurier, pompier, musicien et machiniste, de tous les métiers, toujours avec sa canne. « Oui, cette canne est vraiment toute ma philosophie, dira-t-il dans Le Petit Provençal du 6 février 1931, non seulement je la conserve comme emblème de respectabilité mais, avec elle, je défie le destin et l’adversité ». Misérable et vagabond, il n’est jamais victime. Dans Charlot patine, Il partage l’écran avec sa première compagne, Edna Purviance.

« Notre frère Charlie »
Après plus de trois heures de spectacle, on est sûr que Charlot fera l’unanimité.  Après la guerre, la puissance d’émotion de son personnage et la mécanique de sa gestuelle reconnaissable entre toutes, enthousiasment tous les publics et aussi les poètes.

Charlot cubiste, Fernand Léger, Centre Pompidou.
L’affiche des élèves de la grande maternelle : Annonce du cinéma Louxor.

« Notre frère Charlie » l’appellera Henri Michaux(4). C’est au cours d’une permission en 1916 en compagnie de son ami Apollinaire que Fernand Léger le découvre, une révélation. A plusieurs reprises, il évoque sa figure, parfois sous la forme d’un pantin désarticulé. Un siècle plus tard, durant l’année scolaire 2014-2015, des élèves de la classe de Grande section de l’école maternelle Richomme du 18e arrondissement réaliseront des dessins et peintures inspirés de Charlot Patine, exposés au salon du Louxor.


Une pleine page du programme, en quatrième de couverture, vante les Magasins Dufayel, à deux pas du Louxor, les plus vastes magasins du monde, le meilleur marché de tout Paris. Véritable temple de la consommation dès son ouverture en 1856 par Jacques Crespin, les clients aux revenus modestes s’y précipitent pour se meubler à tempérament, le magasin fut en effet un des premiers à développer le crédit à la consommation.

Repris par Georges Dufayel en 1888, une salle de cinéma de 250 places est ouverte, une des toutes premières à Paris. C’est là que le tout jeune Henri Diamant-Berger va découvrir, émerveillé, les premières images animées tout comme conduit par sa nourrice, Jean Renoir, son contemporain.

Dernière page du programme du Louxor


© Claudie Calvarin – Les Amis du Louxor

Notes
1. Henri-Diamant Berger, Il était une fois le cinéma, 1977, Simoën.
2. Marcel L’Herbier, Cinéma D’Aujourd’hui, 1973, Éditions Seghers.
3. idem
4. « Notre frère Charlie », article écrit par Henri Michaux dans le numéro spécial de la revue Disque Vert consacrée à Chaplin en février 1924.
Sources diverses :
– Les périodiques de cinéma cités, en particulier Cinémagazine et Cinéa, sont accessibles sur le site de Cinéressources  et/ou Gallica.
– Archives Gaumont
Fondation Jérôme Seydoux Pathé
– voir aussi le riche site BDFF (base de données de films français)
– A (re)découvrir sur notre site :  
deux autres programmes du Louxor, l’un du 14 au 20 septembre 1923 , l’autre du 12 au 18 septembre 1924
et d’autres programmes encore dans l’article Quand le music-hall s’invitait au cinéma


 

Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : quel bilan ?

En feuilletant le livre d’or…
L’exposition « Le Louxor, un palace de quartier » s’est terminée le 16 septembre 2018, au lendemain des Journées du Patrimoine.
Le directeur du Louxor, Emmanuel Papillon, nous avait donné carte blanche pour concevoir une exposition claire et pédagogique qui permette à un large public de (re)découvrir à la fois l’architecture et l’histoire de ce bâtiment Art Déco mais aussi celle de sa programmation – 60 ans de cinéma, de 1921, âge d’or du cinéma muet, à 1983, date de la fermeture de la salle par Pathé.
L’élégant salon d’exposition et le palier adjacent, au 3e étage, constituent un lieu idéal, qui accueille aussi des concerts variés ou des « ateliers chorales » et attire donc un public plus vaste que celui des spectateurs du cinéma. Grâce aussi aux programmes du Louxor destinés aux jeunes publics, des collégiens et des lycéens ont également pu visiter l’exposition, et même des enfants, qui ont parfois laissé dans le livre d’or un petit mot ou un dessin.

C’est en pensant plus particulièrement à ce public que nous avions choisi de situer le Louxor dans un contexte historique et culturel qu’ils ne connaissaient pas nécessairement. Par exemple, bon nombre d’entre eux ont découvert avec étonnement que le quartier, de La Chapelle à Clichy, comptait dans les années 50 – et jusque dans les années 70 – une bonne quarantaine de cinémas. De même, pour inscrire le Louxor dans le mouvement Art Déco des années 20, nous avons mis en relief le traitement stylisé des éléments antiques des décors égyptiens, à travers des formes plus géométriques et anguleuses.

Les signatures du livre d’or confirment que le Louxor attire bon nombre de visiteurs étrangers d’origine diverses : Afrique du Nord, USA, Angleterre, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Australie…

« Heureux de payer des impôts pour cela » !

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Desperately looking for Henri Silberberg…

L’aventure cauchoise d’Henri Silberberg, premier directeur du Louxor

Qui trouvera une photo d’Henri Silberberg ?

Quel rapport entre Saint-Valery-en-Caux au début du XXe siècle – ses « bains de mer » réputés et ses mondanités – et Henri Silberberg, petit-fils de colporteur, devenu homme d’affaires, publiciste, puis directeur du Louxor-Palais du cinéma de Barbès ? Tout simplement l’intérêt de cet homme aux multiples facettes (lire l’article de Nicole Jacques-Lefèvre, Un certain Henri Silberberg) pour le monde du spectacle, qui dirigea entre 1903 et 1908 le Casino de Saint-Valery.
Les Amis du Louxor avaient été conviés par l’association Le Vieux Saint-Valery à participer, aux côtés d’une douzaine d’associations, à une exposition qui s’est tenue du 17 au 31 juillet à la salle municipale et dont le thème (« Saint-Valery connectée avec le monde ») visait à rappeler, au moyen de documents divers et de films, les liens de cette commune avec d’autres régions de France, d’autres pays, ainsi que les personnages qu’elle a vu défiler ou qui ont marqué son histoire (voir le blog de l’association Le Vieux Saint-Valery).
C’est donc le personnage de Silberberg et son passage à Saint-Valery que les organisateurs de la manifestation nous avaient demandé d’illustrer.

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Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : le vernissage

Le vernissage de l’exposition « Le Louxor, un palace de quartier », déjà présentée ici, a eu lieu le mercredi 11 avril au Salon du Louxor, en présence notamment de l’architecte Philipe Pumain chargé, de 2008 à 2013, du chantier de réhabilitation du Louxor, et de Rémi Féraud, ancien maire du Xe devenu sénateur, qui avait défendu aux côté du maire de Paris Bertrand Delanoë, le projet de sauvetage du Louxor.

Signe que cinq ans après sa réouverture, l’histoire peu commune du Louxor est encore bien présente dans les mémoires, de nombreux fidèles de la première heure – désormais spectateurs assidus du cinéma – étaient au rendez-vous : l’historien du cinéma Jean-Jacques Meusy, des membres anciens ou actuels des Amis du Louxor, des représentants d’Histoire et Vies du 10e, dont son président Benoît Pastisson et Dominique Delord, conférencière et chercheuse en histoire culturelle. Quant aux habitants rencontrés ce soir-là, ils reflétaient bien la diversité des attentes auxquelles a su répondre la programmation : pour l’un, c’est le bonheur de retrouver les films du patrimoine, pour l’autre, la découverte de films projetés dans le cadre du Festival des films du Maghreb, pour un autre encore, le plaisir d’aller au cinéma en famille le dimanche matin…
Deux interventions ont marqué cette soirée amicale : Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, rappela que depuis sa réouverture, le Louxor avait accueilli 1 250 000 spectateurs, preuve que la Ville de Paris ne s’était pas trompée en faisant le pari de la réhabilitation de ce cinéma en plein quartier Barbès. Ancien « palace de quartier », le nouveau Louxor est bel et bien redevenu un cinéma de quartier où l’on vient à pied et où l’on a ses habitudes. Il souligna aussi combien le travail en direction des jeunes publics, en particulier scolaires, contribue à ancrer le cinéma dans son quartier.

Après avoir remercié les Amis du Louxor de leur soutien, il passa la parole à Jean-Marcel Humbert qui rappela que l’exposition proposée relevait parfaitement de ce que peut faire une association « amie » : accompagner l’action culturelle du cinéma Louxor. Si le site Internet permet la publication de nouveaux articles sur des thèmes variés (égyptomanie, histoire des salles de cinémas, etc.), nous nous efforçons aussi de répondre aux demandes ponctuelles d’Emmanuel Papillon : la brochure vendue trois euros en est une, cette exposition en est une autre. Elle a été réalisée, pour correspondre à sa demande, dans un esprit grand public et pédagogique. Par ailleurs, nous sommes encore sollicités par des curieux, des cinéphiles, mais surtout des étudiants ou des chercheurs (en architecture, égyptomanie, cinéma) à la recherche de documents, d’informations, de photos.
Mais cet ensemble documentaire n’est pas immuable. Il est en constante évolution.
Nous recevons encore des témoignages nouveaux, de nouvelles suggestions de sources à explorer. Car ce qui est étonnant avec le Louxor, c’est qu’il reste toujours des choses à découvrir, la recherche est sans fin, comme le montrent quelques découvertes les plus récentes. Par exemple, c’est grâce aux archives de Christophe Leroy, petit-neveu du chef d’orchestre Marius Kowalski, puis de passionnés comme François Ravez et Les Cook que nous avons pu relancer nos recherches sur les artistes qui se sont produits dans les années 20 dans le cadre des attractions du Louxor. Nous découvrons aussi qu’il y a eu un premier architecte avant Henri Zipcy,
Et de nouvelles archives Pathé sont maintenant ouvertes à la consultation à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, que nous remercions au passage de son accompagnement toujours bienveillant.

D’autres recherches seraient encore à poursuivre, par exemple concernant l’orgue des années 20 dont on ne connaît pas le devenir à l’arrivée du parlant, ou, dans le domaine égyptien, l’histoire du bas-relief agricole (visible au-dessus de la caisse du cinéma) qui entraîne un effet boomerang vers de nouvelles découvertes dans le domaine des moulages de plâtre d’œuvres d’art à la fin du XIXe siècle. Toutes ces recherches nouvelles feront l’objet de prochains articles dans notre site Internet.
En même temps, grâce souvent à des rencontres avec des passionnés (saluons ici l’aide amicale de Didier Trevisan qui nous a fourni des précisions fort utiles sur les chiffres des entrées hebdomadaires), notre connaissance de la programmation du Louxor et de sa fréquentation au fil des décennies s’est affinée.
Ainsi, si cette exposition présente une vue synthétique de l’histoire du Louxor, elle intègre aussi ces apports récents et propose par exemple, dans le domaine égyptien, une présentation de la manière dont l’art égyptien antique a été adapté au Louxor par l’Art déco, déjà en vogue à l’époque de sa construction, et que nous n’avions pas encore développée.
Quant au tableau des cinémas du quartier, il répond à une demande précise d’Emmanuel Papillon qui souhaitait que l’histoire du Louxor soit inscrite dans un contexte plus large – celui de l’évolution des salles de cinémas après-guerre autour d’un axe La Chapelle-Barbès-Clichy.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques dans le livre d’or déposé à l’entrée de l’exposition.

 Jean-Marcel Humbert et Annie Musitelli © Les Amis du Louxor

Exposition « 1921-2013, le Louxor, un palace de quartier »

Exposition réalisée par Les Amis du Louxor pour fêter le 5e anniversaire de la réouverture du Louxor.

Depuis son inauguration, le 17 avril 2013, le Louxor rénové a accueilli environ 1 250 000 spectateurs. Programmation variée, ouverture au jeune public, nombreuses animations – sans oublier le bar avec sa chorale ou les concerts donnés dans le Salon du 2e étage : le Louxor-Palais du cinéma de Barbès est désormais inscrit dans le paysage parisien des salles Art et Essai.
Le cinéma reçoit de nombreux visiteurs, dont beaucoup de groupe de collégiens et lycéens. Cette exposition, qui rappelle les principales étapes de l’histoire mouvementée de ce « palace de quartier », était souhaitée par Emmanuel Papillon. Elle se veut résolument pédagogique et pourra d’ailleurs être réutilisée à volonté par l’équipe du Louxor – et les enseignants accompagnateurs – lors des visites.

L’exposition comporte 11 panneaux.

Les cinémas du quartier

Un plan du quartier, comportant toutes les salles encore existantes en 1960, vient rappeler que l’axe La Chapelle-Barbès-Clichy, était un quartier de cinémas : jusqu’à cette date,  les habitants avaient pas moins de 40 cinémas à leur disposition – salles modestes comme le Myrha Palace ou immenses et luxueuses comme le Gaumont de la Place Clichy. Combien ont survécu à l’ère des multiplexes ?

Les autres panneaux évoquent non seulement l’histoire du bâtiment et l’originalité de ses décors mais aussi l’évolution de sa programmation de 1921 à 1983, puis l’abandon dont il fut victime et enfin son sauvetage et sa renaissance.

Que voyait-on au Louxor ? A quoi ressemblait les séances de cinéma ?
Le temps du muet, 1921-1929 :
Le cinéma parlant : les programmes de 1930 à 1983
L’histoire du bâtiment
Sa construction
Ses transformations intérieures (notamment son décor) au cours des décennies :
Le Louxor aujourd’hui : 
L’exposition rappelle aussi que le Louxor est le seul rescapé des salles de Barbès grâce à une mobilisation des habitants et à l’engagement de la Mairie de Paris en faveur de son sauvetage.
Racheté en 2003, après de longs diagnostics préparatoires et la procédure des appels d’offres, le Louxor est réhabilité par l’équipe de l’architecte Philippe Pumain.
Et enfin, les décors égyptiens qui font du Louxor une salle unique en France. Le premier panneau est consacré aux décors copiés de l’art égyptien antique.
Le second montre comment l’art égyptien antique fut adapté à la manière Art déco très en vogue au début des années 20.
Deux vitrines complètent l’ensemble :  elles exposent des reproductions de documents variés liés – un programme complet de 1924, des cartes postales publicitaires du Louxor, le dossier annonçant la sortie du film Dupont Barbès, etc.

Bonne visite !
L’exposition est visible du 11 avril au 16 septembre 2018 au Salon du Louxor, 2e étage. Entrée libre.

Exposition conçue par Marie-France Auzépy, Jean-Marcel Humbert, Annie Musitelli, Michel Souletie
Direction artistique : Anne-Catherine Souletie, graphiste-maquettiste