Le site des Amis du Louxor

Mis en avant

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage. Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM (photo ci-contre).

L’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois)

Le Louxor est le seul cinéma « à l’égyptienne » en France, mais pas dans le monde où plus de 170 cinémas ont été édifiés ou décorés dans ce style bien particulier. En avant-première du livre que préparent Ken Roe et Jean-Marcel Humbert sur ce sujet, nous vous proposons un article sur le cinéma « égyptien » de DeKalb (Illinois). D’autres articles suivront sur certains de ces cinémas les plus caractéristiques, restaurés et toujours en activité.

Le 8 août 2016, Alex Nerad, directeur exécutif de l’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois), a visité le Louxor et en est sorti enchanté : « C’était merveilleux » écrit-il sur son site. « Le Louxor est un très beau cinéma magnifiquement restauré, et c’était extraordinaire de pouvoir le découvrir ‟de visuˮ ».

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Nous profitons donc de sa visite pour vous présenter cette autre salle mythique, l’Egyptian Theatre de DeKalb, dont la renaissance n’est pas sans rappeler celle du Louxor.

La salle de l'Egyptian Theater restaurée

La salle de l’Egyptian Theater restaurée

C’est dans l’une des rues principales de DeKalb que fut édifiée en 1929 et inaugurée le 10 décembre, une salle de spectacle étonnante destinée à accueillir aussi bien des spectacles de théâtre que cinématographiques. Son décor égyptien est la manifestation un peu tardive de la Toutankhamonmanie née de la découverte en 1922 de la tombe du pharaon ainsi rendu célèbre. Son architecte, Elmer F. Behms, était un amoureux de l’Égypte ancienne, et tout particulièrement de Ramsès II qui lui servit de principal thème d’inspiration, notamment pour les trois grandes figures en terres cuites vernissées de la façade, également décorée d’un vitrail haut de 6,10 mètres représentant un scarabée stylisé façon Art déco. La marquise actuelle, la quatrième, date de 1982.

La façade et sa verrière représentant un scarabée (Cliquer sur l’image pour agrandir)

La façade et sa verrière représentant un scarabée (Cliquer sur l’image pour agrandir)

L’idée était de donner au spectateur, dès l’entrée, l’impression de pénétrer dans une mystérieuse tombe égyptienne. Mosaïque au sol, fausses-pierres peintes sur les murs, haut plafond avec quelques décors de fleurs de lotus, le hall offre déjà, par sa monumentalité, une impression égyptienne frappante. Six urnes de plâtre doré encadrées d’ailes de faucons et de serpents complètent le décor.

Le hall de l'Egyptian Theater

Le hall de l’Egyptian Theater

La salle de spectacle pouvait recevoir à l’origine 1600 spectateurs (depuis 1982 : 1449, dont 905 à l’orchestre et 544 au balcon).

Auditorium ViewLes murs de la salle sont couverts, entre des colonnes à chapiteaux composites surmontées de têtes de pharaons ailés, de peintures murales reproduisant des paysages de l’Égypte ancienne regroupés dans d’audacieux raccourcis : les pyramides y voisinent ainsi avec les colosses de Memnon et les temples de Ramsès II et d’Abou-Simbel… Ces peintures seraient l’œuvre de John Halama, qui fit des recherches égyptologiques pour réaliser le décor.

wall muralDes têtes égyptiennes vaguement hathoriques, sans les oreilles de vache, somment les petites colonnes du niveau inférieur et encadrent les portes d’accès. Un rideau de scène montre un temple égyptien très interprété.

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Le sauvetage de l’Egyptian theater
Le cinéma a fermé, comme beaucoup d’autres, en 1977, et sa propriété a été transmise à la ville de DeKalb. Comme pour le Louxor, ce sont des habitants de la petite ville qui se sont regroupés pour sauver le théâtre de la destruction. Inscrit depuis le 1er décembre 1978 sur le National Register of Historic Places, il reçoit en 1982 une subvention de 2,3 millions de dollars de l’État d’Illinois. La restauration des éléments les plus dégradés commence aussitôt pour s’achever l’année suivante, ce qui permet son immédiate réouverture. La salle conserve le plus grand écran du County (10,70 m x 6,70 m). Entre 2006 et 2012, d’autres rénovations interviennent sans entraîner la fermeture de la salle. Celle-ci, qui avait subi au cours du temps des repeints bariolés, a été ainsi magnifiquement restaurée.

Contrairement au Louxor, l’Egyptian Theater est une salle multispectacles qui propose aussi bien des films que des évènements variés (nombreux concerts, comédies musicales, animations diverses). Très ancré dans la réalité locale, le cinéma n’hésite pas – à l’américaine – à avoir recours au sponsoring et fait régulièrement appel aux bonnes volontés pour trouver des sources de financement. Par exemple, jouant pleinement la carte des « mystères de l’Egypte », il propose des « flashlight tours » (visites nocturnes des recoins cachés et découverte de l’ « histoire secrète» du cinéma à la seule lueur de lampes électriques…). Autre manière originale de manifester sa solidarité, participer à des balades conviviales à vélo dans les comtés de DeKalb et Kane ( « Ride like an Egyptian ») destinées à récolter des fonds pour soutenir le cinéma.

Appel à participer à la randonnée à vélo

Appel à participer à la randonnée à vélo

Tout comme l’opération « Sponsor a seat » (« parrainez un siège » ) proposant au donateur qui finance la restauration d’un fauteuil de voir son nom inscrit sur une plaque apposée sur l’accoudoir !

Dans le récit qu’il fait de sa visite, Alex Nerad note avec grand plaisir que les membres de l’équipe du Louxor qui l’ont reçu avaient visité le site du cinéma et s’étaient intéressé à ses activités. Un encouragement supplémentaire pour créer ou conforter des liens entre salles historiques.

Jean-Marcel Humbert ©lesamisdulouxor.fr

Site officiel de l’Egyptian cinema
Lectures complémentaires : l’histoire de la salle sur le site du cinéma
et un article sur le célèbre site Cinema Treasures

Photos fournies par l’ Egyptian Theatre (DeKalb, Illinois, USA).

La brochure « Le Louxor-Palais du Cinéma »

À l’occasion du troisième anniversaire de la réouverture du Louxor, l’équipe du cinéma et Les Amis du Louxor ont souhaité proposer à un large public – spectateurs, visiteurs, cinéphiles, enseignants et publics scolaires – une brochure qui retrace l’histoire de ce Palais du cinéma et de sa programmation depuis sa création en 1921 jusqu’à sa fermeture en 1983, mais aussi son sauvetage par la Ville de Paris, sa rénovation par l’équipe de Philippe Pumain et sa réouverture en tant que cinéma Art et Essai.

Couverture brochure Illustrée de 87 documents photographiques couleur, elle propose une vraie « visite guidée » des décors égyptiens extérieurs et intérieurs.
Cette brochure est en vente à la caisse du cinéma au tarif de 3€. 

1958 : destruction partielle des décors côté Magenta

Une photo du Louxor publiée par l’INA permet de lever les derniers doutes sur le ravalement « radical » de 1958 qui a abouti à la destruction des frises de mosaïques et de l’inscription LOUXOR côté boulevard de Magenta (aujourd’hui restituées).

Louxor, semaine du 6 au 12 août 1958

Louxor, semaine du 6 au 12 août 1958

À l’affiche du Louxor, Pépé le Moko. Nos recherches sur la programmation du cinéma, effectuées au cours des années passées, permettent de dater précisément cette photo : Pépé le Moko, film de 1937, a été reprogrammé au Louxor pendant la semaine du 6 au 12 août 1958. Il y était déjà passé, notamment en 1943 (semaine du 24 mars au 6 avril, selon La Semaine de Paris) :  il devait faire partie des films bénéficiant d’une dérogation puisque les productions antérieures au 1er octobre 1937 avaient été bannies des écrans par le régime de Vichy, et de surcroît, dans ce cas précis, la vedette Jean Gabin était parti aux USA… (voir notre article sur la programmation du Louxor pendant l’Occupation).

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Égyptomanie puissance 2…

Le Typhonium de Ma Loute sur l’écran du Louxor 

Avis aux amateurs d’architectures insolites : l’étrange demeure de la (très déjantée) famille Van Peteghem du film de Bruno Dumont, Ma Loute, n’est pas un décor de cinéma. C’est une authentique villa privée « de style égyptien » – comme le précise Fabrice Luchini (alias M. Van Peteghem) au pittoresque policier Machin venu enquêter sur de mystérieuses disparitions dans la région. De nombreuses scènes ont été tournées dans les jardins de la villa le Typhonium, située à Wissant (Pas-de-Calais), alors que les intérieurs ont, eux, été tournés au château d’Hardelot, à Condette (également dans le Pas-de-Calais).

Le Typhonium vers 1912 - collection Jean-Marcel Humbert

Le Typhonium vers 1912 – collection Jean-Marcel Humbert

Du dieu Seth au dieu Typhon…

Le Typhonium fut construit sur une lande aride du plateau des Croquets dominant la baie de Wissant. On dit souvent qu’il tient son nom du dieu grec Typhon, dieu des vents et des tempêtes, particulièrement forts en cet endroit à l’origine dénudé. Mais il ne faudrait pas oublier que le mot « typhonium » était déjà utilisé dans la Description de l’Égypte, le Grand ouvrage publié après la campagne d’Égypte de Bonaparte par les savants qui l’y avaient accompagné : le mot y désignait des petits temples à Denderah et à Edfou, deux des lieux qui ont inspiré leur villa néo-égyptienne à Adrien Demont (1851-1928) et son épouse Virginie Demont-Breton (1859-1935), deux peintres passionnés d’Égypte.

Capture d'écran (bande-annonce de Ma Loute) : M. Van Peteghem et les enquêteurs

Capture d’écran (bande-annonce de Ma Loute) : à l’arrière-plan, le Typhonium

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Des collégiens exposent leurs œuvres au Louxor

Du lundi 23 mai au 15 septembre 2016 : Exposition photographique

« La Goutte d’Or, grandir ensemble »

Résidence artistique de Bruno Lemesle au Collège Clemenceau

Bruno Lemesle est photographe et cinéaste. Il a notamment réalisé la collection photographique « Salut Barbès ! » et le film documentaire La Goutte d’Or, vivre ensemble. Il travaille actuellement au projet « Barbès-Méditerranée : de la Goutte d’Or vers la Corne d’Or ». En résidence au sein du collège Georges Clemenceau depuis octobre 2015, il a initié les élèves à la pratique de la photographie et du cinéma documentaire. L’exposition présentée au Louxor –  et qui est consacrée exclusivement aux photographies faites par les élèves –  est l’aboutissement de ce travail collectif.

Un regard vers l’autre ©les snappers-Bruno Lemesle

Comment est né ce projet ?
Il s’inscrit dans le contexte des résidences artistiques du dispositif « L’art pour grandir » de la Ville de Paris. Il implique un partenariat entre une institution culturelle, qui dispose donc de l’expertise artistique pour monter un tel projet, un établissement scolaire, qui offre l’appui pédagogique, et un artiste, qui fait le lien entre deux « pôles » qui vivent sur des rythmes souvent très différents. Il s’agit d’articuler art et éducation à partir de ces compétences diverses, avec un objectif pédagogique exigeant.
Dans mon cas, c’est à la rentrée scolaire 2015, sur une proposition de l’Institut des Cultures d’Islam, que j’ai commencé cette collaboration avec le Collège Georges Clemenceau. Il faut souligner que ces projets sont assez longs (ici, une année scolaire) pour permettre un travail approfondi et sa restitution – en l’occurrence, sous la forme d’une seconde exposition, la première s’étant tenu à l’ICI. Le Louxor, très impliqué dans les actions en direction des publics scolaires et fréquenté par un large public, était un lieu idéal.

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