Le site des Amis du Louxor

Mis en avant

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage. Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM (photo ci-contre).

Exposition au Louxor : L’Allée des Sphinx

Julien Deprez, Vanina Langer, Romain Trinquand, Claire Vaudey
Peintures, dessins, installations.
11 avril – 25 août 2019

On ne pouvait trouver meilleur cadre que le salon du cinéma Louxor, l’un des hauts lieux de l’égyptomanie parisienne, pour cette exposition qui trouve sa source d’inspiration dans l’Égypte antique. Depuis le 11 avril 2019, on peut y découvrir le  travail de quatre jeunes artistes (Julien Deprez, Vanina Langer, Romain Trinquand, Claire Vaudey) qui, avec des regards et des choix esthétiques différents, des pratiques artistiques variées, ont rapporté de leur errance dans la fameuse « Allée des Sphinx » de Louxor des œuvres très diverses : tableaux,  dessins, mais aussi installations.

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, en compagnie des artistes

« À Louxor, il y avait cette fameuse allée. Elle était un passage. Nous l’avons prise, parallèlement, tous les quatre, en même temps mais chacun de notre côté.
Parfois, on en parlait.
Alors, comme on ne pouvait pas faire autrement, on a longé les sphinx, bordés, comme dans les draps de nos univers. En errance, on s’est raconté des histoires qui n’en étaient pas et sont apparus des images, des décors, des écrans presque déserts.
Claire a croisé des chiens de garde qu’elle a canalisés un instant. Julien fit naître une civilisation mystérieuse dans le désert. Vanina découvrit l’origine ensoleillée des chimères d’une Cléopâtre oubliée. Romain, ébloui, se perdit dans le Cinema Inferno. » Vanina Langer

Exposition L’Allée des sphinx
11 avril – 25 août 2019
Salon du Louxor (2e étage), entrée libre

Romain Trinquand est diplômé des Beaux-Art de Paris et développe une pratique de l’installation, du dessin, de la performance et du dessin animé. Ses dessins, réalisés à la plume ou au pinceau, semblent nous égarer dans les profondeurs de l’inconscient.
Vanina Langer est une artiste plasticienne, diplômée de l’Université d’Arts-Plastiques de Strasbourg et agrégée en Arts plastiques. À travers dessins et installations in-situ, œuvres monumentales et microcosmes miniatures, elle crée des images poétiques qui mettent en scène l’inatteignable de l’espace qui nous englobe.
Julien Deprez est diplômé des Beaux-Arts de Paris ainsi qu’un DUT en génie mécanique. Il effectue des ponts entre son travail d’artiste, de graveur et de concepteur pour son entreprise d’imprimantes 3d. Artiste-ingénieur, il invente des règles de jeu de construction qui lui permettent de créer des univers multiples.
Claire Vaudey
Diplômée des Beaux-Arts de Paris, Claire Vaudey développe un travail de peinture, dessin, petites installations et plus récemment de volumes brodés et broderies. Son travail se situe à la frontière de la peinture et de l’installation. Les motifs et l’idée du textile viennent envahir ses peintures et broder des paysages.

Au Louxor : Cinecittà, l’âge d’or du cinéma italien

Exposition de photos de Rodrigo Pais

Du 20 janvier au 17 mars 2019 le cinéma Louxor expose une belle sélection de photos du grand photographe italien Rodrigo Pais qui effectua au cours de sa longue carrière, notamment dans les années 60, d’innombrables reportages sur les plateaux de cinéma.

Federico Fellini, Vittorio De Sica, Elio Petri, Pier Paolo Pasolini, Luigi Comencini, mais aussi Belmondo, Brigitte Bardot, Charlton Heston, Bette Davis… Les stars de l’âge d’or du cinéma italien et international – acteurs ou metteurs en scènes – sont au rendez-vous, saisis sur le vif pendant une séance de maquillage, un conciliabule avec le réalisateur, ou bras dessus bras dessous dans une rue de Rome (superbe photo d’Anna Magnani en compagnie de Pier Paolo Pasolini et Franco Citti en 1962).

Vue générale, salon du Louxor, janvier 2019

Mais le cinéma n’était qu’une des multiples facettes du travail de Rodrigo Pais. Politique italienne, mode, sport, pendant plus de 50 ans, il multiplia les reportages en Italie et à l’étranger, pour divers organes de presse, notamment pour L’Unità, le quotidien du Parti communiste italien. Ses photographies des borgate à la périphérie de Rome ont fait date et contribué à sensibiliser l’opinion et les responsables politiques aux conditions de vie misérables de leurs habitants.

Rappel d’une exposition qui s’est tenue à Rome en 2017 (Museo del Trastevere).

C’est à la bibliothèque universitaire de Bologne qu’est conservé l’extraordinaire fonds d’archives de Rodrigo Pais, acquis par le Professeur Guido Gambetti, et que le photographe passa les dernières années de sa vie à ordonner : plus de 363 000 négatifs en noir et blanc de formats divers, environ 5900 diapositives couleur, auxquels s’ajoutent des milliers d’épreuves en noir et blanc, sont ainsi répertoriés par ordre chronologique et par thème dans seize registres.
Les archives, conservées dans leur intégralité, ont été déclarées d’intérêt historique majeur par le Ministero per i Beni e le Attività Culturali (Ministère de la culture) car « elles constituent une source d’une inestimable valeur pour la reconstitution de l’histoire du siècle dernier et un témoignage unique et particulier de la vie politique et sociale de notre pays et des pays européens et extra européens ».

Commissaire de l’exposition du Louxor : professeur Guido Gambetta de l’Université de Bologne. 
Partenaires de l’exposition :
Les ateliers de CriBeau, La Mairie du 10e, l’université de Bologne, Monte Paschi Banque et l’Institut Culturel Italien.

20 janvier – 31 mars 2019, Le Louxor, Salon d’exposition, 2e étage
Entrée libre

Grand Hôtel Barbès, un film de Ramzi Ben Sliman

Entre Barbès et la Chapelle, rencontre entre hip hop et danse classique

Le Louxor sert de décor de fond à la photo d’appel du film, qui représente l’interprète principal, Lorenzo Da Silva Dasse, devant les mosaïques de Gentil et Bourdet. Mais le cinéma n’apparaît nulle part ailleurs.

C’est dans une chambre du Grand Hôtel Barbès, 21 rue des Poissonniers, que débute le film de 12 minutes (2018) de Ramzi Ben Sliman. Le jeune Ulysse, s’il ne veut pas se faire mettre à la porte du Grand Hôtel Barbès, a la journée pour trouver de quoi payer sa chambre. L’errance et les ruses du héros pour survivre le mènent à se joindre par hasard à des danseurs de breakdance « en plein battle ». S’ensuit la rencontre du hip-hop avec la danse classique : dans un entretien à retrouver sur le site de l’Opéra de Paris, Ramzi Ben Sliman explique qu’il a voulu faire « un film de danse avec des danseurs qui ne s’inscrivent pas dans la tradition dite du ” ballet blanc ” » mais viennent du monde du hip hop. Le glissement vers les variations classiques se fait ici naturellement grâce au charisme et à l’aisance de l’interprète principal, Lorenzo Da Silva Dasse, dont le cinéaste rappelle qu’il est « passé chez Béjart ». La musique de Mozart qui accompagne cette séquence crée l’émotion et prend une force toute particulière dans le décor très urbain de Barbès. 
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Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : quel bilan ?

En feuilletant le livre d’or…
L’exposition « Le Louxor, un palace de quartier » s’est terminée le 16 septembre 2018, au lendemain des Journées du Patrimoine.
Le directeur du Louxor, Emmanuel Papillon, nous avait donné carte blanche pour concevoir une exposition claire et pédagogique qui permette à un large public de (re)découvrir à la fois l’architecture et l’histoire de ce bâtiment Art Déco mais aussi celle de sa programmation – 60 ans de cinéma, de 1921, âge d’or du cinéma muet, à 1983, date de la fermeture de la salle par Pathé.
L’élégant salon d’exposition et le palier adjacent, au 3e étage, constituent un lieu idéal, qui accueille aussi des concerts variés ou des « ateliers chorales » et attire donc un public plus vaste que celui des spectateurs du cinéma. Grâce aussi aux programmes du Louxor destinés aux jeunes publics, des collégiens et des lycéens ont également pu visiter l’exposition, et même des enfants, qui ont parfois laissé dans le livre d’or un petit mot ou un dessin.

C’est en pensant plus particulièrement à ce public que nous avions choisi de situer le Louxor dans un contexte historique et culturel qu’ils ne connaissaient pas nécessairement. Par exemple, bon nombre d’entre eux ont découvert avec étonnement que le quartier, de La Chapelle à Clichy, comptait dans les années 50 – et jusque dans les années 70 – une bonne quarantaine de cinémas. De même, pour inscrire le Louxor dans le mouvement Art Déco des années 20, nous avons mis en relief le traitement stylisé des éléments antiques des décors égyptiens, à travers des formes plus géométriques et anguleuses.

Les signatures du livre d’or confirment que le Louxor attire bon nombre de visiteurs étrangers d’origine diverses : Afrique du Nord, USA, Angleterre, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Australie…

« Heureux de payer des impôts pour cela » !
Quant aux témoignages, ils expriment tout à la fois leur appréciation de l’exposition elle-même mais plus généralement leur enthousiasme pour cette salle unique (« cinéma magique, le plus beau de Paris », « fantastique, un vrai Palais », etc.), la qualité de sa restauration mais aussi sa programmation (« Un Grand Cinéma pour du Grand Cinéma » !). Ils révèlent à coup sûr chez le visiteur une conscience aiguë de ce que le Louxor représente et qui a failli disparaître : soulagement de voir ce patrimoine sauvegardé, plaisir d’avoir à ses portes un cinéma exceptionnel (« le plus beau cinéma de Paris », un « lieu de calme et d’élégance dans la cohue du quartier ») et d’y voir de bons films. Un Parisien cinéphile ne va-t-il pas jusqu’à se dire « heureux de payer des impôts pour cela » !

Le livre d’or offre aussi, par petites touches, des histoires personnelles, des tranches de vie ponctuées par le cinéma. Il y a ceux qui parlent en même temps du film qu’ils ont vu, ceux aussi pour qui le Louxor est lié à des souvenirs de jeunesse. Une visiteuse n’y a-t-elle pas rencontré « l’homme de sa vie » ?
Enfin, tout bon livre d’or doit signaler (au moins) une erreur ! Nous n’échappons pas à la règle. Merci à la personne attentive qui a su débusquer une photo erronée sur le panneau des anciens cinémas du quartier : la vignette censée illustrer l’ancien cinéma Atomic représentait l’ancien Amsterdam Pigalle, devenu Divan du monde, déjà présent sur la carte à son véritable emplacement. Bévue qui sera dûment rectifiée lors du prochain accrochage de l’exposition, puisque, face à l’intérêt qu’elle a suscité, Emmanuel Papillon prévoit de la présenter de nouveau, entre les expositions d’artistes qui se tiennent régulièrement au Louxor.

© Les Amis du Louxor

Desperately looking for Henri Silberberg…

L’aventure cauchoise d’Henri Silberberg, premier directeur du Louxor

Qui trouvera une photo d’Henri Silberberg ?

Quel rapport entre Saint-Valery-en-Caux au début du XXe siècle – ses « bains de mer » réputés et ses mondanités – et Henri Silberberg, petit-fils de colporteur, devenu homme d’affaires, publiciste, puis directeur du Louxor-Palais du cinéma de Barbès ? Tout simplement l’intérêt de cet homme aux multiples facettes (lire l’article de Nicole Jacques-Lefèvre, Un certain Henri Silberberg) pour le monde du spectacle, qui dirigea entre 1903 et 1908 le Casino de Saint-Valery.
Les Amis du Louxor avaient été conviés par l’association Le Vieux Saint-Valery à participer, aux côtés d’une douzaine d’associations, à une exposition qui s’est tenue du 17 au 31 juillet à la salle municipale et dont le thème (« Saint-Valery connectée avec le monde ») visait à rappeler, au moyen de documents divers et de films, les liens de cette commune avec d’autres régions de France, d’autres pays, ainsi que les personnages qu’elle a vu défiler ou qui ont marqué son histoire (voir le blog de l’association Le Vieux Saint-Valery).
C’est donc le personnage de Silberberg et son passage à Saint-Valery que les organisateurs de la manifestation nous avaient demandé d’illustrer.

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Les mystères de la frise égyptienne

Lorsqu’ils achètent leur billet au Louxor, rares sont les cinéphiles à lever le nez vers une longue frise égyptienne de 2,55 mètres de long sur 0,51 de haut qui se trouve au-dessus de la caisse, vers le plafond. Son étude, faute de temps, n’avait pu figurer dans l’ouvrage que Les Amis du Louxor ont publié sur le cinéma en 2013. Jean-Marcel Humbert a repris ses recherches, et vous présente maintenant en détail ses dernières découvertes concernant sa création et sa composition, ainsi que les traductions des textes hiéroglyphiques qui y figurent.

Vue actuelle de la frise (photo AAM/Luc Boegly)

 Une grande scène de défilé de bovins accueille aujourd’hui le spectateur dans le hall d’entrée du Louxor. Cette frise, qui n’a jamais été reproduite dans les premières années de l’existence du cinéma, a par la suite été recouverte puis oubliée. Elle a été retrouvée au moment des travaux de rénovation du Louxor sous une couche de plâtre de remplissage, suite à une réfection ancienne des murs de cet espace au moment où les décors égyptiens avaient été supprimés, très certainement autour de 1930. Elle a fait en 2012 l’objet d’une restitution, car au moment de la dépose de l’ensemble en trois morceaux, il est apparu qu’il ne serait pas possible de pratiquer une restauration. Un sculpteur-restaurateur, Hervé Manis, a donc été chargé de recréer l’ensemble à partir de documents archéologiques qu’il a fallu rechercher.

Photo du tiers gauche dans l’état où l’ensemble a été retrouvé (photo Cartel Collections)

Il était évident, et tous les spécialistes l’avaient remarqué à l’époque de la rénovation, que l’ensemble est formé de deux scènes différentes, les deux scènes latérales d’une part, et la scène centrale d’autre part, qui n’ont rien à voir ensemble : style différent, et dimensions des personnages sans continuité. Comment cette frise a-t-elle donc été composée ?
L’ensemble regroupe en fait trois parties bien distinctes. A gauche, deux bouviers et un bovin, scène que l’on retrouve à l’identique à la droite de la frise. Et au centre, deux bovins avec deux bouviers, dont celui de tête est un nain.

La double scène des deux extrémités
J’ai pu retrouver facilement la scène des deux extrémités, qui est bien connue. L’original se trouve dans la tombe de Ptahhotep à Sakkarah, dans la nécropole de Memphis, la capitale de l’Ancien Empire. Ce mastaba D64, trouvé par Mariette vers 1850, date de la fin de la 5e dynastie (vers 2370 avant J.-C), et est composé de registres horizontaux tout à fait traditionnels (mur Est, série des registres de droite, partie du deuxième registre en partant du bas). Des serviteurs présentent des troupeaux à leur maître, avec une phrase en hiéroglyphes générique ici tronquée, car elle se continue avec la scène vers la gauche :
« Vois le tribut des étables du nôme [division administrative de l’Égypte ancienne] … ».

Mariette a pu voir ce bas-relief encore recouvert d’une délicate polychromie qui, depuis, a quasi totalement disparu (DR)

Relevé de la même scène, extrait du Manuel d’Archéologie égyptienne de Jacques Vandier

La scène aujourd’hui au Louxor, aux extrémités gauche et droite de la frise (photo AAM/Luc Boegly)

Les moulages en plâtre commercialisés par Alexandre Desachy
Mais il restait à trouver l’origine des modèles qui avaient servi à réaliser cette scène et la frise tout entière : s’agissait-il d’un livre, d’un relevé , d’un dessin, d’une photographie ? La réponse était beaucoup plus terre à terre : en effet, lorsque le Louxor a été construit, il est évident qu’un maximum d’argent a été consacré au décor extérieur en mosaïque, une technique coûteuse. En revanche, l’intérieur a été traité avec beaucoup plus de simplicité, avec surtout de la peinture au pochoir, et quelques éléments décoratifs en relief qu’il a fallu faire à l’économie. Et c’est là certainement que l’architecte Henri Zipcy s’est souvenu des moulages qui couvraient les murs de l’École des Beaux-Arts de Paris où il avait fait ses études. Et parmi ceux-ci figuraient des scènes moulées dans des tombes égyptiennes par une société privée dirigée par Alexandre Desachy, qui commercialisait à des prix abordables, avec l’aval de l’École, des tirages en plâtre. Dans le catalogue Desachy de 18811, on retrouve cette scène de gauche et de droite sous le numéro 2431, un peu plus complète puisqu’elle comporte une rangée verticale supplémentaire de hiéroglyphes à son extrémité droite.

Cette scène était d’ailleurs bien connue et prisée, et on la retrouve dans d’autres utilisations, comme par exemple dans l’exposition du « Monde souterrain » de l’exposition Universelle de Paris en 1900, que Zipcy a très bien pu visiter à l’époque. Le secteur égyptien de cette reconstitution située dans d’anciennes carrières de la colline du Trocadéro s’intitulait « le mastaba de Ti »2, mais en fait était réalisé à partir d’éléments disparates dont la plus grande partie venait des moulages commercialisés par Desachy, en mélangeant d’autres scènes comme celle qui venait du mastaba de Ptahhotep.

Une des salles du tombeau de Ti (Monde souterrain de l’Exposition Universelle de 1900), avec en haut à gauche le même moulage d’une scène de la tombe de Ptahhotep qu’au Louxor.

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Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : le vernissage

Le vernissage de l’exposition « Le Louxor, un palace de quartier », déjà présentée ici, a eu lieu le mercredi 11 avril au Salon du Louxor, en présence notamment de l’architecte Philipe Pumain chargé, de 2008 à 2013, du chantier de réhabilitation du Louxor, et de Rémi Féraud, ancien maire du Xe devenu sénateur, qui avait défendu aux côté du maire de Paris Bertrand Delanoë, le projet de sauvetage du Louxor.

Signe que cinq ans après sa réouverture, l’histoire peu commune du Louxor est encore bien présente dans les mémoires, de nombreux fidèles de la première heure – désormais spectateurs assidus du cinéma – étaient au rendez-vous : l’historien du cinéma Jean-Jacques Meusy, des membres anciens ou actuels des Amis du Louxor, des représentants d’Histoire et Vies du 10e, dont son président Benoît Pastisson et Dominique Delord, conférencière et chercheuse en histoire culturelle. Quant aux habitants rencontrés ce soir-là, ils reflétaient bien la diversité des attentes auxquelles a su répondre la programmation : pour l’un, c’est le bonheur de retrouver les films du patrimoine, pour l’autre, la découverte de films projetés dans le cadre du Festival des films du Maghreb, pour un autre encore, le plaisir d’aller au cinéma en famille le dimanche matin…
Deux interventions ont marqué cette soirée amicale : Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, rappela que depuis sa réouverture, le Louxor avait accueilli 1 250 000 spectateurs, preuve que la Ville de Paris ne s’était pas trompée en faisant le pari de la réhabilitation de ce cinéma en plein quartier Barbès. Ancien « palace de quartier », le nouveau Louxor est bel et bien redevenu un cinéma de quartier où l’on vient à pied et où l’on a ses habitudes. Il souligna aussi combien le travail en direction des jeunes publics, en particulier scolaires, contribue à ancrer le cinéma dans son quartier.

Après avoir remercié les Amis du Louxor de leur soutien, il passa la parole à Jean-Marcel Humbert qui rappela que l’exposition proposée relevait parfaitement de ce que peut faire une association « amie » : accompagner l’action culturelle du cinéma Louxor. Si le site Internet permet la publication de nouveaux articles sur des thèmes variés (égyptomanie, histoire des salles de cinémas, etc.), nous nous efforçons aussi de répondre aux demandes ponctuelles d’Emmanuel Papillon : la brochure vendue trois euros en est une, cette exposition en est une autre. Elle a été réalisée, pour correspondre à sa demande, dans un esprit grand public et pédagogique. Par ailleurs, nous sommes encore sollicités par des curieux, des cinéphiles, mais surtout des étudiants ou des chercheurs (en architecture, égyptomanie, cinéma) à la recherche de documents, d’informations, de photos.
Mais cet ensemble documentaire n’est pas immuable. Il est en constante évolution.
Nous recevons encore des témoignages nouveaux, de nouvelles suggestions de sources à explorer. Car ce qui est étonnant avec le Louxor, c’est qu’il reste toujours des choses à découvrir, la recherche est sans fin, comme le montrent quelques découvertes les plus récentes. Par exemple, c’est grâce aux archives de Christophe Leroy, petit-neveu du chef d’orchestre Marius Kowalski, puis de passionnés comme François Ravez et Les Cook que nous avons pu relancer nos recherches sur les artistes qui se sont produits dans les années 20 dans le cadre des attractions du Louxor. Nous découvrons aussi qu’il y a eu un premier architecte avant Henri Zipcy,
Et de nouvelles archives Pathé sont maintenant ouvertes à la consultation à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, que nous remercions au passage de son accompagnement toujours bienveillant.

D’autres recherches seraient encore à poursuivre, par exemple concernant l’orgue des années 20 dont on ne connaît pas le devenir à l’arrivée du parlant, ou, dans le domaine égyptien, l’histoire du bas-relief agricole (visible au-dessus de la caisse du cinéma) qui entraîne un effet boomerang vers de nouvelles découvertes dans le domaine des moulages de plâtre d’œuvres d’art à la fin du XIXe siècle. Toutes ces recherches nouvelles feront l’objet de prochains articles dans notre site Internet.
En même temps, grâce souvent à des rencontres avec des passionnés (saluons ici l’aide amicale de Didier Trevisan qui nous a fourni des précisions fort utiles sur les chiffres des entrées hebdomadaires), notre connaissance de la programmation du Louxor et de sa fréquentation au fil des décennies s’est affinée.
Ainsi, si cette exposition présente une vue synthétique de l’histoire du Louxor, elle intègre aussi ces apports récents et propose par exemple, dans le domaine égyptien, une présentation de la manière dont l’art égyptien antique a été adapté au Louxor par l’Art déco, déjà en vogue à l’époque de sa construction, et que nous n’avions pas encore développée.
Quant au tableau des cinémas du quartier, il répond à une demande précise d’Emmanuel Papillon qui souhaitait que l’histoire du Louxor soit inscrite dans un contexte plus large – celui de l’évolution des salles de cinémas après-guerre autour d’un axe La Chapelle-Barbès-Clichy.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques dans le livre d’or déposé à l’entrée de l’exposition.

 Jean-Marcel Humbert et Annie Musitelli © Les Amis du Louxor