Le site des Amis du Louxor

 

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM.

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

 

Publié dans Histoire du Louxor en décembre 2013


L’Eden de Saint-Jean d’Angély sera reconstruit

Après l’incendie du cinéma Eden, élus et habitants se mobilisent pour reconstruire une salle de spectacles.

Nous remercions Françoise Mesnard, maire de Saint-Jean d’Angély, Christian Queyroix, président de l’association Eden, et l’architecte Nathalie Lambert, maître d’œuvre du projet, pour les informations qu’ils nous ont données.

Le samedi le 3 Mai 2014, un incendie ravage le cinéma Eden (1931) de Saint-Jean d’Angély en Charente-Maritime. La façade s’écroule sous les yeux des Angériens consternés et incrédules. En moins de deux heures, un magnifique exemple de cinéma Art Déco est un amas de ruines. [cliquez sur les images pour les agrandir]

L’Eden, construit en 1931 par André Guillon

L’Eden, construit en 1931 par André Guillon

 

3 mai 2014. Au-dessous de la partie écroulée, deux bas-reliefs sont intacts

3 mai 2014. Au-dessous de la partie écroulée, deux bas-reliefs sont intacts

Mais très vite, un groupe de passionnés décide de réagir et de s’organiser. Ironie de l’histoire – et chance à saisir –, Françoise Mesnard, la maire nouvellement élue, avait inscrit à son programme électoral…  la restauration de l’Eden. L’association Eden se crée et se met – en accord avec la mairie – à réfléchir à un avant-projet. L’Eden de 1931 a irrémédiablement disparu ? Eh bien, un nouvel Eden renaîtrait sur les ruines de l’ancien.

Il était une fois…

Le cinéma Eden, cher au cœur des Angériens :

La façade imaginée par André Guillon

Façade imaginée par André Guillon

L’Eden fut bâti en 1931 dans le style Art Déco par l’architecte André Guillon (qui construisit d’autres lieux de spectacles dont l’Apollo de Rochefort et le théâtre de la Rochelle). Selon une note de juillet 1931, retrouvée par Christian Queyroix dans les archives de l’architecte, celui-ci donnait des instructions précises à l’entreprise de peinture sur les couleurs qu’il souhaitait pour la façade.

Une belle verrière symbolisant les quatre bras du fleuve qui irriguaient le jardin d’Eden se trouvait au-dessus de l’entrée.

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Deux bas-reliefs, réalisés par le sculpteur Henri Courdavault, l’un représentant la Science et l’autre, l’Art, étaient placés de part et d’autre de l’entrée. Ils ont miraculeusement survécu à l’incendie et seront reproduits à l’identique ; les originaux seront exposés dans le musée de la ville. Les pierres rescapées seront, elles-aussi, réintégrées dans la nouvelle façade.

Les bas-reliefs du sculpteur Henri Courdavault

Les bas-reliefs du sculpteur Henri Courdavault

Sur le panneau de droite, au-dessous de l’inscription « Scientia », un entrelacs de pellicules déroulées, de bobines, de projecteurs évoque la technique cinématographique. A gauche, le panneau « Art », avec ses personnages (des danseuses ?) évoluant dans un  décor de feuillages et de fleurs, semble figurer une scène de théâtre ou de music-hall.
Architecte moderne, André Guillon utilisa les ressources de la lumière (comme le montre l’affiche ancienne ci-dessous) pour mettre en valeur la façade par une lanterne tournante placée sur le toit et par deux colonnes lumineuses, de part et d’autre de l’entrée.

Façade illuminée par la lanterne tournante et les colonnes lumineuses

Façade illuminée par la lanterne tournante et les colonnes lumineuses

À l’intérieur, la salle, dotée d’un vaste balcon et sobrement décorée d’une frise à motifs géométriques, pouvait accueillir 1100 spectateurs (940 en 1950, après un réaménagement du balcon). Les luminaires de forme carrée étaient eux aussi de pur style Art déco. L’architecte avait donné des instructions précises sur les décors de la salle : « tentures murales, lambris et portes teintés bleu clair ;  frise or et aluminium ; plafond à gros grain ocre jaune et crème clair ; points lumineux du plafond en glace gravée ; façade de scène tout métal or et aluminium »(1).

La salle de l’Eden. Frise géométrique visible au plafond

La salle de l’Eden. Frise géométrique visible au plafond


Au premier étage du bâtiment, derrière le grand vitrail, la salle du bar-dancing était rythmée par  quatre piliers octogonaux surmontés de chapiteaux décorés en métal argenté et pois marrons.

 

Le bar dans les années 30- détail d'un chapiteau

Le bar dans les années 30- détail d’un chapiteau

Le hall avec ses colonnes et les motifs géométriques des baies vitrées reflétait ce même style Art déco.

Hall d'entrée du cinéma

Hall d’entrée du cinéma

 

En 1983, la salle fut restructurée en 4 salles par Jean-François Blanc, dernier propriétaire et exploitant de l’Eden , « mémoire » de l’association Eden dont il est aussi le Vice-Président. L’historien du cinéma Jean-Jacques Meusy (qui, le premier, nous parla de l’incendie de l’Eden et du projet de reconstruction) se souvient que Jean-François Blanc tenta d’assurer l’avenir de l’Eden en proposant des « vidéo conférences » et des « vidéotransmissions par satellite de spectacles prestigieux », ainsi qu’un ciné-club. Mais malgré ces initiatives, l’avenir du cinéma était compromis. Lorsque Jean-François Blanc prit sa retraite en 2001, la ville acheta le bâtiment qui resta inutilisé. Comme nous l’a expliqué Christian Queyroix, il était entouré de barrières et les portes d’accès étaient fermées avec des planches mais les intrusions étaient fréquentes. Incendie criminel ou accidentel ? Cela ne change malheureusement rien au résultat.

La façade du bâtiment et la salle de bar avaient été inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 5 décembre 1984.

Un nouvel Eden « multi-spectacles »

Elaboration du projet

Après le désastre, le temps était compté : en effet, pour que la ville bénéficie de l’indemnité accordée par la compagnie d’assurance, la reconstruction devait avoir lieu dans un délai de trois ans à compter du sinistre.  Soit mai 2017, une vraie course contre la montre, compte tenu des procédures (demande de subventions, délivrance du permis de construire, appels d’offres, etc.). D’où la conviction de l’association Eden : il fallait être réaliste pour éviter à tout prix qu’un projet trop ambitieux, trop dispendieux ou mal défini ne s’enlise. Faire simple, clair, s’efforcer de partir des attentes des habitants … et d’un budget contraint qui devait être couvert par la prime d’assurance (d’environ 1,8 millions d’euros), les subventions des pouvoirs publics (ville, région, département) et des dons privés.
Mais il fallait aussi parallèlement mobiliser les énergies, ne pas laisser le fatalisme ou le découragement s’installer, donner envie à tous de voir renaître l’Eden. Très vite, une soirée fut organisée autour de la projection du film Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore. Moment convivial et émouvant qui contribua à souder les habitants autour de ce projet fédérateur. D’autres soirées et sorties allaient suivre pour récolter des fonds et entretenir la flamme…

La méthode : résolument participative

Élus, habitants, architecte

Sur la base du cahier des charges défini par la ville (« créer un lieu culturel qui soit un lieu de vie permanent en milieu rural », comme l’explique la maire Françoise Mesnard), une petite équipe, regroupant des gens de profils divers – scénographe, éclairagiste, un peintre de décor de théâtre, etc. – se réunit au sein de l’association Eden pour mettre en commun suggestions et propositions devant aboutir à un avant-projet. Ce fut fait en un temps record. Soumis à un comité de pilotage (composé d’élus, de techniciens, de représentants des associations, de professionnels) et validé par la mairie, cet avant-projet fit l’objet d’une présentation publique qui permit aux habitants de donner leur sentiment.
À la suite de l’appel d’offres lancé par la mairie, c’est l’architecte Nathalie Lambert, très active dans la région Poitou Charente, qui a été retenue pour assurer la maitrise d’œuvre. Il lui incombait de finaliser le projet architectural, de l’adapter au projet culturel souhaité par la ville et les habitants. Comme elle nous l’a précisé, elle a pu sans difficulté apporter sa « patte », d’autant que ses suggestions et son discours « allaient dans le même sens que celui des élus et de l’association Eden. « Nous nous entendons et nous nous comprenons très bien », ajoute l’architecte, « nous avons un souhait commun :  que l’Eden revive et que le maximum de son identité d’origine soit conservée ». En effet, bien qu’il ne s’agisse pas d’une reconstruction du bâtiment à l’identique, la façade principale du nouvel Eden reprendra les éléments décoratifs de l’ancienne façade, typiques de l’Art déco, choix plébiscité par les Angériens, attachés à la silhouette familière de l’ancien cinéma. L’architecte des bâtiments de France a donc également été « contacté et ses conseils écoutés ».

Projet de reconstruction

Projet de reconstruction

Le nouveau bâtiment abritera deux salles de spectacles pluridisciplinaires : une petite salle de 80 places assises (ou 200 debout) et une grande salle de 350 places assises (850 personnes debout ) avec tournette (scène tournante) et gradins télescopiques. Un bar/restaurant complètera l’ensemble, ainsi qu’un « jardinet des artistes ». Un des murs latéraux sera végétalisé.

Nouvel Eden - vue latérale

Nouvel Eden – vue latérale

Quant à la programmation, elle reste encore à définir précisément mais – Christian Queyroix le souligne – , elle n’est pas du ressort de l’association Eden dont le rôle a été d’élaborer l’avant-projet et qui continuera à le soutenir jusqu’à son aboutissement. Il appartiendra au directeur de la programmation nommé par la ville de faire ses choix. Des hypothèses se dessinent : musique, jazz (il serait question d’un festival de jazz créole), mais aussi théâtre, musique, danse. Selon Christian Queyroix, de nombreuses associations sont actives à Saint-Jean d’Angély et pourraient ainsi trouver un lieu où déployer leurs talents.

Les travaux de reconstruction devraient commencer au deuxième trimestre 2016.

En attendant que le rideau se lève, l’association, qui ne reçoit aucune subvention, continue son travail de mobilisation et de soutien en organisant des sorties et des soirées destinées à collecter des fonds.
La dernière s’est tenue le 5 février 2016 :

soirée du 5 février

5 février : Xavier Richardeau, Christian Queyroix, Françoise Mesnard et Bruno Guillon

Soirée du 5 février : Xavier Richardeau, Christian Queyroix, Françoise Mesnard et Bruno Guillon

 

Retrouver un bel édifice « à la hauteur de l’ancien », faire revivre un lieu culturel qui contribue à dynamiser la ville, telle est l’ambition qu’expriment tous les acteurs impliqués dans ce projet.

Annie Musitelli ©lesamisdulouxor.fr

Notes

1. Fonds André Guillon :  note reproduite dans le présentation du projet par l’association Eden

Sources documentaires :  association Eden
Site de l’inventaire du patrimoine du Pays des Vals de Saintonge

Merci à Christian Queyroix de nous avoir autorisés à reproduire certaines des illustrations figurant sur le site de l’association Eden.

Publié dans Cinéma en février 2016


Farid El Atrache retrouve l’écran du Louxor

15 janvier 2016 : « Nuit égyptienne »

Le 9 novembre 1982, Francis Lacloche, fondateur de l’association Eldorado qui a mené, au début des années 80, une action énergique en faveur des salles de cinéma menacées de disparition, lançait dans Libération un appel à la mobilisation :
« La noble maison Pathé, qui fatigue un peu, ne sait pas très bien comment assumer Farid el Atrache et ses copains. Un tel lieu, ça vous défigure une maison respectable. Alors Pathé rêve de liquider le Louxor. Pas de chance, la façade est classée, sur l’initiative de quelques nostalgiques insolents. Alors Pathé pense en faire un supermarché ou un centre commercial, façade égyptienne incluse. Des autorisations de percements de portes supplémentaires ont été récemment obtenues. Spectateurs du Louxor ne vous laissez pas reprendre Farid et Oum ! Donnez votre fric à Pathé : tant de sentiments les feront peut-être fléchir ! »
Mais, on le sait, l’affaire était réglée. Exit Farid El Atrache et Oum Kalthoum. Par quel miracle le Louxor aurait-il échappé au sort des salles de quartier qui fermaient les unes après les autres ? Lui aussi, vendu à Tati, ferma le 30 novembre 1983. Mais on connait la suite … (voir la chronologie et la page Historique). Non seulement le cinéma est de retour au Louxor mais son directeur, Emmanuel Papillon, dose habilement dernières sorties (l’essentiel de la programmation) et films du patrimoine, français et étrangers. C’est ainsi que le 15 janvier 2016, Farid El Atrache, qui fut dès les années 30 une des stars de la chanson et du cinéma égyptien, retrouve l’écran du Louxor à l’occasion de la « Nuit égyptienne ».

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Le Louxor et les « films exotiques » : la recherche d’un nouveau public


Le nom du Louxor a longtemps été associé à la programmation de films dits « exotiques », étiquette commode un peu fourre-tout qui recouvre une réalité plus nuancée.
Dès la fin des années 1950, le Louxor est frappé par la crise de fréquentation des salles de quartier – tendance qui va se confirmer pendant la décennie suivante (1). Il faut essayer de survivre. L’exploitant de la salle adapte sa politique tarifaire et ses programmes pour conquérir un nouveau public, en l’occurrence les très nombreux immigrés qui s’étaient installés à Barbès ou venaient de banlieue pour y faire leurs courses et se retrouver dans les cafés de la Goutte d’Or.

Programmation années 70 et 80

Programmation du Louxor années 70 et 80

Pendant l’été 1967, le prix des places passe de 5,30 et 6,30 francs à 2 francs (prix unique) et la programmation généraliste « tout public » est abandonnée. Le directeur de la salle, Daniel Le Pluard, se débrouille seul pour construire sa programmation : « Le Louxor est une salle unique en son genre dans le circuit Pathé. Son directeur doit s’occuper lui-même des contacts avec les distributeurs, lesquels ne sont pas légion à l’intéresser. Le marché des films arabes susceptibles de plaire à son public plus « populaire » est somme toute restreint. D’où des démarches dans toutes les directions, qui n’aboutissent pas toujours.» (Le Quotidien de Paris, 16 octobre 1980). Mais il réussit à redresser la barre et la fréquentation repart à la hausse.

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Publié dans Cinéma en janvier 2016


« Folie passagère » : hommage au Louxor… ou contrefaçon ?

En cet automne-hiver 2015, nous avons vu apparaître sur nos étranges lucarnes, les mercredis soirs, une nouvelle émission animée par Frédéric Lopez, «  Folie passagère »  (France 2). Sa particularité, qui ne pouvait nous échapper, est que les panneaux décoratifs à l’égyptienne du fond du plateau où se déroulent les prestations de variétés sont des copies des grilles du plafond du cinéma Louxor.

Captures d'écran France 2 - émission Folie passagère

Captures d’écran France 2 – émission « Folie passagère »

Ces grilles, faites de vautours et d’Uraeus égyptiens à clair voie, avaient été dessinées à l’origine (1920) par l’architecte du Louxor, Henri Zipcy. Elles servaient à la fois à l’éclairage et à l’aération de la salle, où il était alors permis de fumer, et ne sont connues que par une photographie intérieure prise en 1921 (voir Historique). Il semble qu’elles aient été supprimées lors de la première grande rénovation intérieure du cinéma, après son rachat par Pathé (1930).

La salle en 2013 après restauration  - photo © Luc Boegly

La salle en 2013 après restauration – photo © Luc Boegly

Les grilles actuelles visibles au plafond de la salle Youssef Chahine du Louxor qui a rouvert en 2013, sont en fait des adaptations modernisées créées par l’architecte chargé de la rénovation du Louxor, Philippe Pumain. Ce sont elles qui ont été copiées par les décorateurs de l’émission de télévision, sans qu’aucune mention en rappelle l’origine. Ni l’architecte, auteur du dessin, ni le directeur de la salle, Emmanuel Papillon, n’ont été tenus informés de cet emprunt ni de leur utilisation.

Grilles du plafond - dessin Philippe Pumain

Grilles du plafond – dessin Philippe Pumain

Il serait pourtant facile – et élégant – dans cette émission, de rappeler chaque semaine l’origine de ces décors par une case ou une phrase du présentateur, par une mention au générique, voire une invitation de leur auteur sur le plateau …

Jean-Marcel Humbert © Les Amis du Louxor

Publié dans Cinéma en décembre 2015


5 mars 1939 : Une journée particulière au cinéma Barbès

Dans notre rubrique « Programmes anciens » …

 

Nous rappelions naguère sur notre site la destinée de cet autre cinéma du quartier, le Barbès Palace, transformé – avec un décor intérieur miraculeusement préservé – en magasin de chaussures. En 1939, il n’est déjà plus qualifié de « Palace », mais la découverte d’un programme nous permet aujourd’hui d’évoquer un autre épisode de son  histoire.

C’est en effet une séance très spéciale que, le 5 mars 1939, connut le Barbès : la matinée avait été réservée par Burnous, Association des Anciens Spahis, et la recette était destinée à ses œuvres.

Programme du 5 mars 1939

Programme du 5 mars 1939

 

L’histoire des spahis est liée à celle des territoires colonisés par la France depuis le XIXe siècle. L’association Le Burnous existe toujours. Selon son site, auquel je renvoie pour plus de précisions :

Logo de l'association Le Burnous

Logo de l’association Le Burnous

« Le 9 mars 1831, une loi autorise les généraux commandant les pays occupés par les armées françaises hors du territoire national à former des corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers. C’est la première consécration légale des tirailleurs, des spahis et de la Légion. En application de cette loi, des escadrons de spahis réguliers sont formés, au cours des années suivantes, dans les provinces d’Alger, de Bône et d’Oran.
Ce sont les corps de spahis réguliers qui sont fondus dans le corps unique de cavalerie indigène (Spahis) créé par ordonnance royale du 7 décembre 1841. […] À partir de 1962, comme toutes les unités de l’armée d’Afrique, les régiments de spahis furent dissous ou transformés quant à eux en hussards, chasseurs et autres dragons.
Seul le 1er Régiment de spahis conserva une place dans l’ordre de bataille de l’armée française Il tint, une vingtaine d’années, garnison à Spire en Allemagne avant de venir, en 1984, installer ses quartiers à Valence où il est toujours. »

source : site de l'association Le Burnous

Source : site de l’association Le Burnous

 

La séance du 5 mars 1939

En dépit de la composition originale du public, la structure de cette séance est conforme aux habitudes de l’époque, et se succèdent actualités, film et documentaires. Néanmoins, si les œuvres présentées appartiennent à l’actualité cinématographique récente, leur thématique est aussi en rapport avec les intérêts de ces spectateurs particuliers :

Programme de la soirée

Programme de la soirée

 

Les Actualités (Voyage du Président Daladier en Afrique du Nord, visible sur le site de l’INA) ne peuvent qu’intéresser d’anciens soldats dont les régiments étaient stationnés entre autres en Algérie, en Tunisie et au Maroc. C’est en effet du 3 au 6 janvier 1939 que le président du conseil Edouard Daladier avait fait un voyage en Afrique du Nord, « en réponse aux provocations de Mussolini » (Élisabeth du Réau, Édouard Daladier, 1884-1970, Fayard, 1993).

Image INA (Actualités, Voyage de Daladier en Afrique du nord)

Actualités Pathé, Voyage du Président Daladier en Afrique du nord

 

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Publié dans Programmes anciens en décembre 2015


Le cinéma historique La Pagode ferme ses portes…

 
pour combien de temps ?

 

Mauvaise nouvelle pour les cinéphiles qui vont être privés d’un cinéma Art et Essai dynamique et d’une salle à l’architecture et au décor exceptionnels. C’est par un communiqué de presse publié le 4 novembre 2015 par l’exploitant, la société Etoile Cinémas, que la nouvelle et les raisons de cette fermeture ont été annoncées :

Nous sommes au regret de vous annoncer notre départ de La Pagode.
Nous nous sommes battus juridiquement pendant 3 ans contre la propriétaire qui souhaitait récupérer le cinéma.

La décision est tombée le vendredi 30 octobre en appel, et elle nous est défavorable.
Cette longue procédure nous a contraint à exploiter la Pagode dans des conditions très difficiles, nous empêchant toute rénovation. Cependant 130 000 spectateurs passaient les portes tous les ans de ce cinéma emblématique.

Nous sommes donc expulsés, et dans l’obligation de quitter les lieux. Nous fermerons nos portes le mardi 10 novembre au soir.

Nous n’avons à ce jour aucune information officielle de la part de la propriétaire, mais espérons que la Pagode restera un Cinéma et rouvrira prochainement.

Étoile Cinémas

Les Amis du Louxor avaient, en 2010, interrogé Jean-François Chaput, projectionniste à La Pagode mais aussi photographe passionné par les salles de cinéma et leur histoire. Il nous avait également permis de publier dans notre livre Le Louxor-Palais du cinéma de belles photos de la dernière séance du Louxor (30 novembre 1983). Il nous envoie ici deux de ses photos de la Pagode.

 

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Que deviendra la Pagode à l’issu des longs travaux de réhabilitation ? Elisabeth Dauchy, propriétaire du bâtiment, affirme que le lieu « restera un cinéma ». Acceptons-en l’augure…  La renaissance du Louxor et son succès public témoignent de la vitalité du cinéma à Paris. Nous avons retrouvé le Louxor, ne perdons pas La Pagode, elle aussi riche d’une longue histoire et fréquentée par un public fidèle.

Publié dans Cinéma en novembre 2015


La rentrée 2015 au Louxor

 

Nouveaux films, avant-premières, reprises des « séances spéciales », retour des publics scolaires, etc., Emmanuel Papillon nous présente une rentrée riche en évènements.

 

D’abord, un bref retour en arrière. Comment s’est passé l’été qui est censé être une période creuse pour les salles de cinéma ?
Comme partout au niveau national, la période s’inscrit dans un contexte de légère baisse de fréquentation (- 3% environ sur le plan national ). Au Louxor, pourtant, nous ne nous en sommes pas mal sortis même si l’été a été un peu moins bon que l’an passé – en raison notamment de l’absence de films « porteurs ». On peut vraiment regretter la frilosité de beaucoup de distributeurs qui ne veulent pas sortir de films pendant l’été alors qu’il y a bel et bien un public en juillet et en août, et cette absence de grands films décourage les gens de l’idée même d’aller au cinéma. Pourtant regardez ce qui s’est passé l’été dernier : la Palme d’or 2014, Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan, était sortie en août et avait très bien marché ! Ce refus de sortie estivale est aussi très dommageable pour les films eux-mêmes car ils sortent tous en même temps ! On se retrouve ensuite avec un nombre absurde de sorties la même semaine et certains films vont au massacre. Des films auraient pu sortir en été : par exemple,  si Dheepan, qui a plutôt bien marché, était sorti 15 jours plus tôt, il aurait eu une carrière plus longue avant l’arrivée de nouveaux titres en septembre – octobre. Cela dit, nous ne nous plaignons pas avec une moyenne de 2500 entrées par semaine cet été.
Nous avons proposé des reprises de films de 2015 que nous n’avions pas programmés à leur sortie et qui sont déjà sortis des écrans – des « séances de rattrapage », en somme, pour des films aussi divers que Gone Girl, Comme un avion ou Dear White People, etc.. Des reprises de classiques, aussi, comme Rocco et ses frères ou A Touch of Zen.
Et certaines sorties ont très bien marché comme La Isla minima. En revanche, la trilogie portugaise Les Mille et une nuits a été un échec…
Et comment se présente la rentrée ?  
Elle est plutôt bien engagée  avec des films qui ont trouvé leur public comme Much Loved, ou Youth. Quant à Fatima, le film fait de bons débuts. On en est à pas moins de 5000 entrées par semaine et cela devrait augmenter.
Les fidèles sont de retour…
Oui, et les jeunes publics. Nous sommes heureux de participer à Mon premier festival, c’est un évènement annuel important qui offre des films, des rencontres, des activités autour des films. Et cette année il y a une thématique qui parle vraiment à tous  :  « Là où je vis » avec des films pour tous les âges, des Amis animaux et Paddington pour les petits à Bande de filles ou Persepolis pour les grands
Et bien sûr vous poursuivez vos « séances spéciales ». 
Oui, comme la Saturday Yann Fever avec Yann Delattre qui, après une éclipse pendant laquelle il réalisait un film, revient présenter, un samedi matin par mois, ses films américains favoris. On poursuit bien sûr notre ciné-club, un mardi par mois, avec un public fidèle qui était déjà au rendez-vous dès la première projection pour l’un des quatre films de Fritz Lang programmés d’octobre à novembre.

 

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L’Université populaire a changé de créneau ?
Elle passe du jeudi après-midi au dimanche matin. Beaucoup de gens qui travaillent ne pouvaient pas venir et nous avons donc souhaité diversifier le public. Dimanche 11 octobre par exemple, beaucoup d’étudiants en architecture étaient présents pour le film L’Homme d’à côté, proposé et présenté par François Chaslin, spécialiste d’architecture. Nous avons dû refuser du monde ! Autre avantage pour nous : les séances du jeudi après-midi nous amenaient à déprogrammer deux séances régulières, cela peut s’avérer gênant pour des films juste sortis. Nous attendons la violoncelliste Dominique Lemonnier (pour Sonate d’automne) et Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française, qui a choisi L’Homme qui aimait les femmes.
Parmi les évènements à venir : cette année le Maghreb des Films va être particulièrement important avec trois avant-premières : un film marocain, un algérien et un tunisien qui ont été projetés lors des festivals de Berlin, Venise et Locarno !
Et allez-vous renouer avec vos « séances pharaoniques » ?
Certainement. Nous avons plusieurs pistes, à suivre très prochainement…
Il y a d’autres projets ?
Nous allons donner une place particulière aux ciné-concerts qui font maintenant partie de l’identité du Louxor. Nous travaillons avec la Cinémathèque, dans le cadre de son festival Toute la mémoire du monde pour proposer des projections de classiques qui devraient faire date. Cela semble bien parti.
Ne pas oublier non plus nos expositions photos. À venir, à l’occasion des Rencontres Photographiques du 10e, l’exposition Les Étreintes, travail de Mathilde Marc à partir d’images de cinéma. Cette série, explique-t-elle, « est inspirée par une gestuelle récurrente au cinéma qui me fascine et tout particulièrement dans les films de Douglas Sirk et d’Alfred Hitchcock: le regard hors champ déclenché par la fin d’une étreinte. Cet instant, presque chorégraphié dans le jeu des acteurs, raconte une double histoire: celle qui est représentée et celle qui est fantasmée.
Contrainte, bouleversée, apaisée… à quoi pense l’héroïne, que regarde-t-elle? »

 

expo Louxor

 

L’exposition se tiendra dans le salon du Louxor du 15 octobre au 30 novembre.

 

Mais en dehors des évènements particuliers, nous avons une belle moisson de films nouveaux en perspective : le nouveau Woody Allen (L’Homme irrationnel), Lobster, le Jia Zhang-ke (Mountains May Depart), Mia Madre de Moretti, Le Fils de Saül, une œuvre extraordinaire qui sera à coup sûr un film très important et devrait susciter la réflexion, tant par les questions cinématographiques (sa mise en images), qu’historiques ou éthiques qu’il pose.
A propos de l’évènement Mon premier festival, vous avez déjà évoqué les jeunes publics dont s’occupe tout particulièrement votre collaboratrice Stéphanie Hanna. Il y a Les p’tits Loux, votre « cinéma des enfants » mais aussi, toute l’année, les séances dédiées aux scolaires qui sont aussi un pan important de votre activité. 
Oui, cela nous occupe beaucoup, pratiquement tous les matins pendant l’année scolaire. Et cela concerne tous les niveaux : écoles, collèges, lycées ; cela dans le cadre du programme national d’éducation à l’image.

Louxor Jeune public
Mais c’est une programmation spécifique qui ne figure pas parmi les films annoncés au Louxor.
L’un n’exclut pas l’autre. Des films nous sont demandés spécialement par les enseignants dans le cadre de leur enseignement. Nous avons établi des relations suivies avec certains établissements du secteur, comme les lycées Jacques Decour ou Rocroy Saint-Léon. Il y a des profs passionnés, très cinéphiles, qui présentent eux-mêmes les films. Par exemple, Œdipe Roi de Sophocle est au programme de terminale et nous allons donc projeter l’Œdipe Roi de Pasolini pour des classes de Jacques Decour. Les demandes peuvent être très variées –  de Mon Oncle à Twelve Years a Slave, film très régulièrement demandé, comme le film allemand Le Labyrinthe du silence, qui lui aussi intéresse beaucoup les lycéens.
Mais nous encourageons aussi les enseignants à organiser des séances scolaires sur les films de notre programmation qui peuvent se prêter à un travail pédagogique. C’est une manière de participer plus fortement à la carrière des films en salle. Par exemple, nous mettons en avant auprès du public enseignant le joli programme Les fables de M. Renard ou la prochaine sortie Folimage Neige et les arbres magiques. Résultat : nous avons déjà de nombreuses demandes d’organisations de séances en octobre, novembre et décembre. Ces films rencontrent un public beaucoup plus large que s’ils étaient programmés simplement sur ce que l’on appelle le « hors temps scolaire ».

Les jeunes publics représentent tout de même 25 000 entrées par an ! Nous avons beaucoup d’établissements scolaires proches du Louxor. C’est un travail attachant : pour 2,5€, beaucoup de jeunes ont ainsi accès à des films qu’ils n’iraient pas voir de leur propre initiative et ça n’empêche pas qu’ils aillent au cinéma voir un blockbuster pendant le week-end. Susciter la curiosité, apprendre à regarder les images, donner le goût du cinéma, c’est l’essentiel…

 

Propos recueillis par Annie Musitelli ©Les Amis du Louxor

Publié dans Cinéma en octobre 2015


Le ciné concert du 16 juin 2015

Visages d’enfants (1925) de Jacques Feyder.

90 ans après sa projection au Louxor du 2 au 9 octobre 1925, Visages d’enfants, considéré comme un des chefs d’œuvre du cinéma muet, a été redécouvert dans cette même salle, dans sa version remarquablement  restaurée par Lobster films, et sur l’écran d’origine de 1921. Le film était accompagné au piano par Serge Bromberg qui retrouvait le Louxor pour un nouveau ciné concert.

Il rappela que la copie que nous allions voir était le fruit d’années de travail, en collaboration avec des partenaires multiples, pour réunir et confronter les copies (ou fragments de copies) existant dans les diverses cinémathèques : dans le cas présent, le Musée Néerlandais du Cinéma (EYE Film Instituut Nederland), la Cinémathèque française, Gosfilmofond en Russie, la Cinématèque Royale de Belgique. Vint ensuite la restauration proprement dite, vrai travail d’orfèvre !

Mais si la numérisation permet – à condition de trouver les financements – d’obtenir des copies de la meilleure qualité possible, encore faut-il le faire avant que des dégradations irrémédiables n’aient eu lieu. C’est donc souvent dans l’urgence qu’il faut intervenir. Pour Visages d’Enfants, heureusement, Bromberg est arrivé à temps…

Le 30 mai 2015, Visages d’enfants accompagnait la remise du Prix du festival du cinéma muet de San Francisco (San Francisco Silent Film Festival Award) décerné à Serge Bromberg pour son travail exceptionnel en faveur de la redécouverte et de la restauration des films du patrimoine.

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Publié dans Cinéma en juin 2015


Vous reprendrez bien un petit café ?

 

Histoire des ancêtres de la Brasserie Barbès

2, boulevard Barbès et 124/126, Boulevard de la Chapelle, 1860-2015

Barbès a retrouvé, en avril 2013, son cinéma de quartier, le Louxor. Avec l’ouverture de la Brasserie Barbès, il est maintenant en train de renouer avec la longue tradition des cafés, nombreux autrefois autour du carrefour et dans les rues avoisinantes. Dominique Delord, chercheuse en histoire culturelle, nous présente dans un article solidement documenté et richement illustré, l’ histoire des ancêtres de ce café « branché »,  inscrite dans l’évolution d’un quartier populaire, laborieux et longtemps déshérité. 

 

6 juin 2011 : incendie de Vano - 9 mai 2015 : Brasserie Barbès

6 juin 2011 : incendie de Vano – 2015 : Brasserie Barbès


La Brasserie Barbès vient de naître des cendres d’un immeuble (le magasin Vano) qui a brûlé en 2011 [cliquer sur l’image ci-dessus pour l’agrandir. NDLR]. L’emplacement a une longue histoire – plus de 150 ans. Café, brasserie, bal, café-concert, manufactures, imprimeries, commerces, lieu de vastes réunions politiques ou syndicales avec de grands noms du XIXe siècle… Pour un retour dans le passé, voici un café-gourmand historique…
Nous commencerons cette histoire vers 1860, quand Paris s’agrandit et annexe ses communes périphériques, dont celle de La Chapelle-Saint-Denis.

Les nouveaux Parisiens de 1860

La démolition du Mur des Fermiers Généraux en 1860, Henri Daumier

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Publié dans Quartier Barbès en mai 2015


Le Louxor a fêté son deuxième anniversaire

Plus de 500 000 spectateurs en deux ans…

 

Le 17 avril 2015,  deux ans jours pour jour après l’inauguration du cinéma restauré, le Louxor a fêté en beauté son deuxième anniversaire avec un ciné-concert d’une qualité exceptionnelle : L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov, projeté dans une superbe version restaurée par Lobster Films, et accompagné par Serge Bromberg dont nous avons déjà salué le talent de pianiste à l’occasion du ciné-concert du 15 mars dernier.

Le succès de ces premiers ciné-concerts est venu confirmer qu’un public varié et curieux a décidément trouvé le chemin du Louxor. La programmation très diversifiée proposée par Emmanuel Papillon et le dynamisme de son équipe ont attiré et fidélisé un large éventail de spectateurs de tous âges : séances pour les jeunes (rendons ici hommage à Stéphanie Hanna pour les liens qu’elle a su tisser avec de nombreux établissement scolaires et centres de loisirs), ciné-clubs pour les amoureux du patrimoine, avant-premières ou projections spéciales en présence de réalisateurs ou d’acteurs, large ouverture aux cinémas du monde, et bien entendu, projections régulières des films sortis en exclusivité, tous ces efforts ont porté leurs fruits, comme en témoignent les excellents chiffres de fréquentation enregistrés depuis son ouverture le 17 avril 2013.

Et nous savons aussi qu’outre la qualité de la programmation, ce sont aussi la beauté et l’originalité du lieu qui attirent au Louxor de nombreux spectateurs.

La Mairie de Paris a salué l’événement en publiant le communiqué suivant :

 

Communiqué du 21 avril 2015

Communiqué du 21 avril 2015

 

Tous ceux qui, comme nous, ont milité pour le sauvetage de cette salle de quartier mais aussi tous les cinéphiles, ne peuvent que se réjouir de cette  réussite et souhaitent un très bon anniversaire à l’équipe de Ciné-Louxor…

Pour connaître les films à l’affiche et suivre les nombreux événements proposés par le Louxor, rendez-vous sur le site du cinéma.

Publié dans Cinéma en avril 2015


Le cinéma muet est de retour sur l’écran du Louxor…


Affluence des grands jours pour le premier Ciné Concert


Dimanche 15 à 11 heures, dans la salle Youssef Chahine pleine à craquer, grands et petits étaient venus retrouver ce qui fit autrefois les beaux jours du Louxor : le cinéma muet. Et ils le redécouvraient, qui plus est, projeté sur l’écran « historique » de 1921, habituellement dissimulé derrière le grand écran escamotable.

15 mars 2015 - Avant la séance

L’écran historique du Louxor, 15 mars 2015, avant la séance

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Mais loin d’être gêné, ou dérouté, par ce « petit » écran de 6 mètres de large sur 4,50 de haut, le spectateur de 2015 a l’impression d’entrer dans l’image avec la même facilité que lors de projections classiques. En effet, comme l’a rappelé Emmanuel Papillon, les films muets étaient tournés en format d’image 4:3, proportions exactes de l’écran « historique » du Louxor, donc parfait pour la projection de films muets. Nous retrouvons ainsi, a-t-il ajouté, le véritable « angle de vision de nos ancêtres ».

Pendant la projection de l’Émigrant de Charlie Chaplin

Pendant la projection de L’Émigrant de Charlie Chaplin

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Publié dans Cinéma en mars 2015