Le site des Amis du Louxor

 

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM.

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

 

Publié dans Non classé en décembre 2013


Conseil de quartier au Louxor

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Thème : la vie culturelle dans notre quartier

 

Le samedi 13 décembre, de 9h30 à 11h, a eu lieu dans la salle 2 du Louxor le Conseil de quartier Saint-Vincent de Paul – Lariboisière dont le thème était « La vie culturelle dans notre quartier ». Avec la mise en exergue d’une citation du philosophe Jacques Rancière (Le Spectateur émancipé, éditions La Fabrique) :
« Les images de l’art ne fournissent pas des armes pour les combats. Elles contribuent à dessiner des configurations nouvelles du visible, du dicible et du pensable, et, par là même, un paysage nouveau du possible »
et la lecture du beau poème de Jean-Pierre Siméon, « Éloge de l’inconnu » (Sermons joyeux, éd. Les Solitaires intempestifs), ce Conseil était placé sous le signe de la pratique culturelle comme ouverture au monde et aux autres.

Une carte présentait les différents lieux culturels du quartier :

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Carte

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I. Trois de ces lieux ont d’abord été brièvement présentés par leurs responsables :

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Le Louxor

Stéphanie Hanna, assistante de direction (Jeune Public et Communication), rappelle le succès du cinéma Art et essai au Louxor. Le Louxor accueille 5000 spectateurs par semaine, en comptant l’accueil, le matin, des jeunes publics (alors que le cinéma semble fermé…), dans trois salles simultanément. Pour répondre à des questions de la salle, Stéphanie Hanna apporte quelques précisions :
–  Certaines séances pour enfants sont spécifiques, ainsi celle qui a accueilli des enfants polonais pour le film d’animation Minopolska.
– Il n’est pas simple de connaître la localisation d’origine des spectateurs, mais un sondage réalisé pour la revue Le film français, à l’occasion de la projection de Her de Spike Jonze, a montré que la majorité des spectateurs vient du 18e, puis des 10e et 9e, et enfin, dans l’ordre, des 17e, 19e, et 20e arrondissements.
– La politique tarifaire, avec des cartes de fidélité particulièrement avantageuses(1), veut favoriser une fréquentation tout public. L’équipe souhaite la maintenir au même niveau, c’est-à-dire 230 000 à 240 000 spectateurs à l’année.

– Enfin, c’est Martin Bidou qui s’occupe de la programmation, pour laquelle Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, est néanmoins très présent.

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Le Centre Barbara

La responsable de la communication du Centre rappelle qu’il se nomme en fait Centre musical Barbara-Fleury-Goutte d’Or, titre un peu complexe qui nuit à la communication et qu’on va tenter de simplifier. C’est un établissement « Jeunesse et sport », sous la tutelle de la Mairie de Paris, mais en gestion privée(2), avec un budget pour cinq ans. Il passera le 1er janvier sous tutelle des Affaires culturelles. Avec ses 2 500 m2, ses sept studios, sa salle de 300 places, ses deux salles de pratique musicale, et les trente associations partenaires chaque année, il exerce dans le domaine de la musique une activité variée : accompagnement des groupes à la scène, des répétitions à la programmation au Centre, organisation d’un concert gratuit pas mois, un à deux événements par semaine, et des festivals, comme en décembre la semaine Paris Burlesque Festival. Des projections sont aussi organisées : en janvier, des documentaires cubains. Le site du Centre donne toutes les informations.
Le Centre Barbara est aussi résidence pour des artistes, à qui il fournit des salles de répétitions en échange d’une programmation, ce qui permet d’offrir des spectacles d’artistes que le budget du Centre n’aurait pas permis sans ces échanges. Il travaille avec le Printemps de Bourges, mais aussi avec des associations et centres du quartier : Louxor, soutien à l’éco-musée de la Goutte d’Or, organisation tous les deux ans des Rencontres de la Goutte d’Or, en collaboration  avec la salle Saint-Bruno, l’Institut des cultures d’Islam et la Bibliothèque de la Goutte d’Or. En réponse à une question de la salle, il est précisé que le café a dû être fermé en raison de son manque de rentabilité.

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La Bibliothèque-médiathèque Saint-Lazare Françoise Sagan

Viviane Ezraty, directrice, et Christophe Séné, directeur adjoint, rappellent qu’ils avaient présenté le projet lors du Conseil de quartier du 2 mars 2013. Le chantier a depuis beaucoup avancé : les travaux devraient être terminés d’ici une semaine. Il restera le passage de la commission de sécurité, l’aménagement d’ensemble, l’installation des 4000 m de rayonnage, du mobilier, etc.  L’ouverture devrait donc avoir lieu fin avril-début mai. Elle sera la seconde plus grande bibliothèque municipale de Paris. Christophe Séné parle de ravalement « magique » des bâtiments, d’espaces « hallucinants ». Les salles de l’ancien Hôpital Saint-Lazare ont été décloisonnées, les sous-sols accueilleront les collections patrimoniales, le premier étage sera réservé à l’enfance et à la jeunesse. On peut regarder des photos du chantier, et même un petit film relatant son évolution sur le blog de la médiathèque.
Outre la bibliothèque et la médiathèque « élargie », on y trouvera une salle d’exposition, un auditorium de 100 places où pourront avoir lieu des conférences et des rencontres avec des auteurs du quartier, et des projections de films. Pour ses 12 000 DVD, la médiathèque a en effet acquis un droit de projection en interne, individuel (sur ordinateur) ou collectif. Elle dispose d’une technologie de pointe : 40 ordinateurs, des liseuses, une douzaine de tablettes qui permettront des séances de lecture, pour enfants ou adultes, avec projection simultanée d’images sur écran. Elle proposera des ateliers numériques, de l’initiation basique à l’apprentissage de la création de sites, de blogs, et même de BD en ligne.
Outre la soirée d’hommage à Françoise Sagan, au Louxor, le 18 septembre, la bibliothèque a déjà participé à un certain nombre de manifestations  « hors les murs » dans le quartier, comme le forum Dix sur dix, ou la célébration des 90 ans de LHeure joyeuse, bibliothèque consacrée aux livres pour la jeunesse du XVIe siècle à nos jours. Elle va développer un partenariat avec le Conservatoire, pour la découverte d’instruments, ou la rencontre de compositeurs. Elle a pour ambition, avec par exemple la création d’un Comité d’usagers, d’associer au maximum le public a ses activités. Il est aussi prévu des activités de portage à domicile pour les personnes ne pouvant se déplacer, et une aide aux devoirs.
En réponse aux questions, plusieurs points sont précisés :
– Le bâtiment sera ouvert du mardi au dimanche, de 13h à 18h.
– L’équipe se compose d’une quarantaine de personnes, auxquelles le dimanche s’ajouteront 5 à 7 étudiants vacataires.  – L’accès à la bibliothèque se fera avec la carte des bibliothèques municipales parisiennes. L’accès aux livres et aux ateliers sera gratuit, l’accès aux CD et DVD payant. Une lettre d’information est prévue.
– Un problème de signalétique existe sans doute, car le bâtiment ne donne pas sur une rue passante. L’accès par la rue de Paradis n’est pas prévu pour le moment (ce que confirme Éric Algrain). On compte donc sur le bouche à oreille, les associations, et on a conscience de la nécessité d’une présence dans des lieux très fréquentés, comme les deux gares ou le Marché Saint-Quentin.
– L’installation d’une ludothèque n’est pas possible, mais il y aura, en particulier pendant l’été, des activités de jeu sur place.
– Il  n’y aura pas de compétition entre les différentes bibliothèques, dont on rappelle que celle de Château d’eau est spécialisée dans la photo, et que la discothèque Lancry se spécialise dans le rock.

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II. Intervention d’Éric Algrain, adjoint au maire du Xe, chargé de la culture et des affaires scolaires.
Il rappelle le rôle des longs combats des associations pour l’ouverture du Louxor. De même, l’équipe de la médiathèque, en place depuis un an, a fait un gros travail avec les associations. Et les élus ont une obligation d’assurer la transversalité entre les divers équipements culturels. Dans la cour Saint-Lazare sont d’ailleurs réunis : la médiathèque Françoise Sagan, le Pari’s des Faubourgs, une crèche, l’école maternelle Schwarzenberg et un gymnase. L’aménagement du square Alban Satragne complètera cet ensemble, et lui assurera davantage de visibilité. À propos de la complémentarité des bibliothèques, il confirme que les autres bibliothèques du quartier seront bien maintenues. La Mairie du Xe prépare pour octobre-novembre la 6e des Rencontres photographiques, en s’appuyant sur les collections de la bibliothèque Château d’eau. Il rappelle aussi l’existence de Circul’livre, présent au marché Saint-Quentin, et le succès, pendant le printemps et l’été, place de la République, des prêts sur place de jeux divers.

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III. Danièle Marty, membre de l’équipe du Conseil, actrice et metteur en scène, lit le poème de Jean-Pierre Simeon, et présente des pistes d’interventions artistiques dans l’espace public, que permettrait  le budget alloué au Conseil de quartier. De nombreux lieux pourraient s’y prêter, comme les alentours des gares, les squares, le marché Saint-Quentin. Il pourrait s’agir d’évènements ponctuels, suivis ou récurrents, où artistes et habitants travailleraient ensemble sur des éléments plastiques (peinture, objets), mais aussi des collections de mots comme celles réalisées à La-Charité-sur-Loire. Des interventions théâtrales, musicales et poétiques pourraient aussi être prévues, en collaboration avec les différents centres ou associations culturels du quartier et des compagnies théâtrales.
Un représentant du Printemps des rues précise qu’il s’agit jusqu’à présent d’un festival de quelques jours mais que, si les habitants apportent des idées, on pourrait prévoir d’autres formes d’intervention.
Enfin Danièle Marty conclut en appelant aux bonnes volontés pour la constitution, au sein du Conseil de quartier, d’un comité culture.

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Nicole Jacques-Lefèvre

Notes:

1. Carte d’abonnement Louxor 5 places : 30 € ou 10 places : 50 €
Valable six mois, tous les jours et à toutes les séances, non nominative

2. gestion confiée à ATLA, le Village musiques actuelles, Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC).

 

 

Publié dans Quartier Barbès en décembre 2014


Le ciné-club, ou le plaisir partagé.

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Entretien avec Fabienne Duszynski

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Fabienne(1) copieEnseignante-chercheuse en cinéma à l’Université de Lille III, Fabienne Duszynski est,  depuis l’ouverture du cinéma, l’une des animatrices du ciné-club du Louxor. Avec intelligence et sensibilité, elle contribue à faire de ces séances des moments magiques de compréhension et d’émotion. D’Une place au soleil (George Stevens, 1951) à Lumière d’été (Jean Grémillon, 1942), elle a accompagné la projection de films aussi différents que L’Homme tranquille (John Ford, 1952), French Cancan (Jean Renoir, 1954), Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970), Touki Bouki (Djibril Diop Mambety, 1973), Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982), Les Voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941), Mais qui a tué Harry (Alfred Hitchcock, 1955), Deux filles au tapis (Robert Aldrich,1981), Lettre d’une inconnue (Max Ophuls, 1948) ou Partie de campagne (Jean Renoir, 1936). Nous avons voulu en savoir un peu plus, et prolonger le dialogue…

 

Un ciné-club : qu’est-ce pour vous ?

Je ne voudrais  pas me lancer dans l’histoire du ciné-club, qui évoque sans doute bien des souvenirs  pour beaucoup de monde. C’est peut-être simplement le mot d’introduction pour des séances autour d’un film. Pour moi, après la nécessité de le contextualiser et de le présenter, il ne s’agit pas de proposer une analyse du film, mais surtout de donner des pistes, de trouver une façon d’ouvrir le regard. À partir d’une ou plusieurs séances, je voudrais permettre aux spectateurs de se familiariser parfois avec un certain vocabulaire d’approche, de prolonger de manière plus active cette position déjà précieuse du simple spectateur. Oui, si à la fin d’une séance, j’ai le sentiment  d’avoir réussi à accompagner le film, à en prolonger le plaisir, sans que mon discours s’y substitue, c’est pour moi une bonne séance.

 

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

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Publié dans Cinéma en décembre 2014


La « Saturday Yann Fever » fait sa rentrée au Louxor

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Rencontre avec Yann Delattre

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Yann Delattre ne pouvait trouver meilleur nom pour son ciné-club que ce clin d’œil à cette Fièvre du samedi soir, emblématique du cinéma américain des années 70, période qui  le passionne et qu’il connaît sur le bout des doigts. Énormes succès comme Les Dents de la mer ou films restés plus confidentiels comme La Valse des Pantins de Scorsese, ce sont en effet ces films américains des années 70 à 90 que le public du Louxor peut (re)découvrir, un samedi par mois à 11heures.  Nous avons voulu en savoir davantage sur ce cinéphile à l’enthousiasme communicatif. Il nous parle ici des auteurs qui l’ont nourri, des critères qui orientent le choix des films projetés et de sa conviction qu’il n’y a nul antagonisme entre la « dissection » rigoureuse d’un film face au public et la magie du cinéma…

 

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

 

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Publié dans Cinéma en septembre 2014


Brèves – septembre 2014

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Exposition éphémère 6, rue Bouchardon
Une sélection de dix-huit panneaux provenant de l’exposition « Le Louxor-Palais du cinéma » (qui s’était tenue du 25 mars au 25 mai 2013 à la mairie du Xe pour célébrer la réouverture du Louxor) était à l’honneur mardi 30 septembre, pour un soir seulement, à l’occasion de l’inauguration d’un immeuble regroupant plusieurs entités mutualistes au 6, rue Bouchardon. Le thème retenu pour cette soirée, théâtre et cinéma dans le Xe, était évoqué par des affiches, des extraits de films tournés dans l’arrondissement et l’exposition Louxor (qui occupait un vaste espace de réunion au 4e étage).  Comme le rappela Stéphane Bribard, conseiller d’arrondissement, la tradition culturelle et artistique se perpétue dans le Xe, si l’on en juge par le nombre de tournages de films ou téléfilms dans ses divers quartiers, le choix qu’ont fait de nombreux artistes et écrivains d’y résider, et le succès que rencontre le Louxor depuis sa réouverture.

Mobilisation

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Publié dans Cinéma en septembre 2014


La plaque historique du Louxor : à revoir !

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La Mairie de Paris a eu la bonne idée, pour répondre aux questions que se posent les visiteurs,  de faire poser dans le hall du Louxor une plaque évoquant les étapes essentielles de l’histoire du bâtiment.
Outre le caractère un peu succinct de cet historique, on permettra néanmoins aux passionnés du Louxor que nous sommes de regretter la grosse erreur du premier paragraphe ! Erreur qui avait d’ailleurs été signalée à la Mairie par Emmanuel Papillon, directeur du cinéma. Sans résultat à ce jour, comme on peut le constater ici :

 

Plaque placée dans le hall du cinéma à l'automne 2013

Plaque placée dans le hall du cinéma à l’automne 2013

 

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Publié dans Cinéma, Histoire du Louxor en septembre 2014


L’Art et Essai plébiscité à Barbès

 

Entretien avec Emmanuel Papillon

 

Après un an d’activité, le Louxor-Palais du Cinéma est désormais inscrit dans le paysage. Très vite, il a trouvé son public grâce à une programmation riche et variée, ponctuée de nombreuses « séances spéciales », dont certaines en liaison avec des associations de terrain. Mais la réouverture d’un cinéma dans un bâtiment historique de trois étages, à l’issue d’un long chantier, pose aussi des problèmes spécifiques. Nous remercions vivement Emmanuel Papillon de nous avoir reçus pour parler  de cinéma, de patrimoine, mais aussi des ajustements et améliorations que l’équipe de CinéLouxor souhaite encore apporter.

 

dimanche 22-1 copie

 

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Publié dans Cinéma, Histoire du Louxor en juin 2014