Le site des Amis du Louxor

Mis en avant

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage. Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM (photo ci-contre).

La brochure « Le Louxor-Palais du Cinéma »

À l’occasion du troisième anniversaire de la réouverture du Louxor, l’équipe du cinéma et Les Amis du Louxor ont souhaité proposer à un large public – spectateurs, visiteurs, cinéphiles, enseignants et publics scolaires – une brochure qui retrace l’histoire de ce Palais du cinéma et de sa programmation depuis sa création en 1921 jusqu’à sa fermeture en 1983, mais aussi son sauvetage par la Ville de Paris, sa rénovation par l’équipe de Philippe Pumain et sa réouverture en tant que cinéma Art et Essai.

Couverture brochure Illustrée de 87 documents photographiques couleur, elle propose une vraie « visite guidée » des décors égyptiens extérieurs et intérieurs.
Cette brochure est en vente à la caisse du cinéma au tarif de 3€. 

1958 : destruction partielle des décors côté Magenta

Une photo du Louxor publiée par l’INA permet de lever les derniers doutes sur le ravalement « radical » de 1958 qui a abouti à la destruction des frises de mosaïques et de l’inscription LOUXOR côté boulevard de Magenta (aujourd’hui restituées).

Louxor, semaine du 6 au 12 août 1958

Louxor, semaine du 6 au 12 août 1958

À l’affiche du Louxor, Pépé le Moko. Nos recherches sur la programmation du cinéma, effectuées au cours des années passées, permettent de dater précisément cette photo : Pépé le Moko, film de 1937, a été reprogrammé au Louxor pendant la semaine du 6 au 12 août 1958. Il y était déjà passé, notamment en 1943 (semaine du 24 mars au 6 avril, selon La Semaine de Paris) :  il devait faire partie des films bénéficiant d’une dérogation puisque les productions antérieures au 1er octobre 1937 avaient été bannies des écrans par le régime de Vichy, et de surcroît, dans ce cas précis, la vedette Jean Gabin était parti aux USA… (voir notre article sur la programmation du Louxor pendant l’Occupation).
Mais sur la photo de l’INA, il ne s’agit clairement pas de la projection du film pendant les années 1940 : il suffit d’observer l’état de la façade en 1947 (ci-dessous, à l’affiche Fantasia) pour en juger.

Louxor, semaine du 19 au 25 mars 1947

Louxor, semaine du 19 au 25 mars 1947 – Photo Claude Delorme ©Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Un autre indice démontre que la photo de l’INA a bien été prise lors de la reprogrammation du film en 1958. Sur une photo de 1954 (à l’affiche : Sur ordre du Tsar), la frise et l’inscription LOUXOR sont encore présentes. Sur la vue de 1958, elles ont disparu. Voir ci-dessous.

à gauche : façade en 1954 – à droite : façade en août 1958

Cette destruction est corroborée par une carte postale que nous avions pu dater grâce à la vue partielle de l’affiche du film, Sur la piste de l’Orégon, programmé cette même année 1958 (semaine du 23 au 29 avril), et sur laquelle on aperçoit les travaux de ravalement du Louxor côté boulevard Magenta (rectangle en bas à gauche; cliquez pour agrandir).

1958 : en bas à gauche : ravalement du Louxor

avril 1958 : en bas à gauche : ravalement du Louxor ; Collection Nicole Jacques-Lefèvre

vue de détail (rectangle en bas à gauche)

Détail de la carte précédente (rectangle en bas à gauche)

Pourquoi avoir détruit ces décors côté Magenta ? L’état des mosaïques justifiait-il une mesure aussi radicale ? Il est vrai qu’à cette date, les façades du Louxor n’étaient pas inscrites à l’Inventaire des Monuments historiques (mesure de protection obtenue en 1981) et qu’il était parfaitement possible, par commodité, de purger les façades de ces éléments coûteux à restaurer…
Raison de plus de se féliciter que la restauration récente ait rendu au Louxor ses décors d’origine. Et merci à l’INA pour la publication de cette photo qui apporte indirectement une réponse à certaines de nos interrogations sur les modifications des façades du Louxor au cours des décennies…
À l’intention des lecteurs qui s’intéressent à l’histoire de la programmation des salles de cinéma, nous publions la programmation complète de l’année 1958 qui montre que Pépé le Moko, film d’avant-guerre, faisait figure d’exception : si le Louxor n’était pas une salle de première exclusivité, il programmait cependant à cette période des films récents.

Annie Musitelli © lesamisdulouxor.fr

Pour retrouver toutes les étapes de la réhabilitation du Louxor, consulter sur notre site la rubrique Le chantier du Louxor

Le cinéma Brady fête ses 60 ans

Exposition « 60 ans de projections »
Du 1er juin au 18 septembre 2016
Médiathèque Françoise Sagan, Paris Xe

Ouvert en 1956, le Brady, 39 boulevard de Strasbourg, est toujours bien vivant. Des très nombreux cinémas qui existaient dans le 10e, seuls demeurent l’Archipel et le Louxor, qui a rouvert ses portes après plus de trente ans d’abandon.

affiche-brady-basse-défL’exposition se propose de retracer la longue existence du Brady à partir d’ affiches, de photos, de documents divers, de programmes et d’ objets provenant de collectionneurs passionnés.
Elle sera accompagnée de nombreuses manifestations très variées – tables rondes, balade historique, ou encore séances spéciales qui permettront au public de 2016 de découvrir certains des films qui ont fait en leur temps l’identité du Brady.

Salle d’exposition de la médiathèque Françoise Sagan
8 rue Léon Schwartzenberg
75010 Paris
Entrée libre

On peut consulter aussi le livre de Jacques Thorens, Le Brady, Cinéma des Damnés, 2015, Collection Verticales, Gallimard.

Égyptomanie puissance 2…

Le Typhonium de Ma Loute sur l’écran du Louxor 

Avis aux amateurs d’architectures insolites : l’étrange demeure de la (très déjantée) famille Van Peteghem du film de Bruno Dumont, Ma Loute, n’est pas un décor de cinéma. C’est une authentique villa privée « de style égyptien » – comme le précise Fabrice Luchini (alias M. Van Peteghem) au pittoresque policier Machin venu enquêter sur de mystérieuses disparitions dans la région. De nombreuses scènes ont été tournées dans les jardins de la villa le Typhonium, située à Wissant (Pas-de-Calais), alors que les intérieurs ont, eux, été tournés au château d’Hardelot, à Condette (également dans le Pas-de-Calais).

Le Typhonium vers 1912 - collection Jean-Marcel Humbert

Le Typhonium vers 1912 – collection Jean-Marcel Humbert

Du dieu Seth au dieu Typhon…

Le Typhonium fut construit sur une lande aride du plateau des Croquets dominant la baie de Wissant. On dit souvent qu’il tient son nom du dieu grec Typhon, dieu des vents et des tempêtes, particulièrement forts en cet endroit à l’origine dénudé. Mais il ne faudrait pas oublier que le mot « typhonium » était déjà utilisé dans la Description de l’Égypte, le Grand ouvrage publié après la campagne d’Égypte de Bonaparte par les savants qui l’y avaient accompagné : le mot y désignait des petits temples à Denderah et à Edfou, deux des lieux qui ont inspiré leur villa néo-égyptienne à Adrien Demont (1851-1928) et son épouse Virginie Demont-Breton (1859-1935), deux peintres passionnés d’Égypte.

Capture d'écran (bande-annonce de Ma Loute) : M. Van Peteghem et les enquêteurs

Capture d’écran (bande-annonce de Ma Loute) : à l’arrière-plan, le Typhonium

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Des collégiens exposent leurs œuvres au Louxor

Du lundi 23 mai au 15 septembre 2016 : Exposition photographique

« La Goutte d’Or, grandir ensemble »

Résidence artistique de Bruno Lemesle au Collège Clemenceau

Bruno Lemesle est photographe et cinéaste. Il a notamment réalisé la collection photographique « Salut Barbès ! » et le film documentaire La Goutte d’Or, vivre ensemble. Il travaille actuellement au projet « Barbès-Méditerranée : de la Goutte d’Or vers la Corne d’Or ». En résidence au sein du collège Georges Clemenceau depuis octobre 2015, il a initié les élèves à la pratique de la photographie et du cinéma documentaire. L’exposition présentée au Louxor –  et qui est consacrée exclusivement aux photographies faites par les élèves –  est l’aboutissement de ce travail collectif.

Un regard vers l’autre ©les snappers-Bruno Lemesle

Comment est né ce projet ?
Il s’inscrit dans le contexte des résidences artistiques du dispositif « L’art pour grandir » de la Ville de Paris. Il implique un partenariat entre une institution culturelle, qui dispose donc de l’expertise artistique pour monter un tel projet, un établissement scolaire, qui offre l’appui pédagogique, et un artiste, qui fait le lien entre deux « pôles » qui vivent sur des rythmes souvent très différents. Il s’agit d’articuler art et éducation à partir de ces compétences diverses, avec un objectif pédagogique exigeant.
Dans mon cas, c’est à la rentrée scolaire 2015, sur une proposition de l’Institut des Cultures d’Islam, que j’ai commencé cette collaboration avec le Collège Georges Clemenceau. Il faut souligner que ces projets sont assez longs (ici, une année scolaire) pour permettre un travail approfondi et sa restitution – en l’occurrence, sous la forme d’une seconde exposition, la première s’étant tenu à l’ICI. Le Louxor, très impliqué dans les actions en direction des publics scolaires et fréquenté par un large public, était un lieu idéal.
Une grande part de votre travail de photographe et de cinéaste tourne autour de la Goutte d’Or. C’est aussi le thème de votre projet avec les collégiens.
Oui, je suis arrivé à la Goutte d’Or au début des années 80, je m’y suis formé au contact des jeunes, c’est là que j’ai véritablement appris mon métier et, de plus en plus, je veux articuler créations personnelles et actions culturelles. Les deux me sont indispensables,  les unes se nourrissent des autres par les relations qui se créent sur le terrain, la connaissance du territoire que j’ai acquise. Le fait de travailler avec des collégiens crée une relation que je souhaitais développer et le choix du collège Clemenceau collait donc parfaitement avec mon expérience.
Avec quelle classe et comment avez-vous travaillé ?
Le travail s’est fait avec un groupe de 12 élèves de la classe de 5ème B, en étroite collaboration avec leurs professeurs. Il s’est déroulé au rythme de deux rendez-vous hebdomadaires, dans le cadre du dispositif SOA (Savoir-Oral-Attitude) dont l’objectif est d’aider des collégiens dans leur expression écrite et orale du français ; il s’agit de les motiver, de les amener sur le chemin de la réussite, donc de leur donner confiance en eux. C’est primordial.

Texte d’Aya Assar ©les snappers-Bruno Lemesle

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