Le site des Amis du Louxor

 

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM.

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

 

Publié dans Non classé en décembre 2013


« FICTION – Un regard sur le Louxor »

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Exposition de photographies de Judith Bormand
Au Louxor – Palais du Cinéma,  du 4 mars au 19 mai 2015

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Rencontre avec la photographe Judith Bormand

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Licenciée en Histoire de l’art et diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière en photographie, Judith Bormand a exposé dans le cadre du Mois de la Photo à Paris en 2008, aux Rencontres d’Arles en 2009, aux Rencontres Photographiques du 10e à Paris en 2011.
Du 4 mars au 19 mai 2015, une exposition des photographies qu’elle a réalisées au Louxor va se tenir dans l’espace d’exposition du cinéma. Nous remercions Judith Bormand de nous avoir accordé cet entretien.

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Pourquoi avez-vous souhaité faire un travail photographique sur le Louxor ?
À l’origine, il s’agissait de poursuivre un projet que j’avais entrepris sur le thème des espaces réhabilités. J’avais déjà photographié le Cent Quatre et je souhaitais ensuite faire des images du Louxor, qui venait lui aussi d’être rénové et de rouvrir. J’ai donc demandé (et obtenu) l’autorisation de mener ce travail photographique sur l’intérieur du lieu, mais du lieu vide.
Au départ, qu’est-ce qui vous intéressait dans le Louxor ?
D’abord l’extérieur du bâtiment, bien sûr, que je connaissais lorsque le cinéma était encore fermé et qui m’intriguait. Avec son style Art Déco, c’est un vrai monument du carrefour Barbès. Ensuite, les décors égyptiens, même si ce n’est pas là-dessus que j’insiste dans mes photographies. La salle Youssef Chahine, bien sûr, mais j’aime aussi beaucoup les nouvelles salles du sous-sol, leur atmosphère. Je les trouve vraiment très réussies. On pourrait s’imaginer 50 ans en arrière, on pourrait presque penser qu’elles étaient là à l’origine, notamment la petite salle 3. C’est d’ailleurs ce que j’ai cru en y voyant un film pour la première fois, avant de m’intéresser de plus près à l’histoire du Louxor.
Vous n’aviez pas vu l’intérieur du Louxor avant sa réhabilitation ?  
Non, ni avant, ni pendant le chantier. Je le regrette, d’ailleurs, car je fais aussi des photos de chantiers mais j’étais alors prise par d’autres projets.
Le travail dans le Louxor s’est fait en deux temps. J’ai d’abord fait des prises de vues argentiques, à la chambre, des vues centrées, frontales et larges des salles notamment, peut-être un peu plus « classiques » et plus propres à la photographie d’architecture que celles qui figureront finalement dans l’exposition.
Car ensuite le projet a évolué : j’avais aussi en tête une autre idée, celle de travailler sur la salle de cinéma en tant que sujet et non plus d’un point de vue plus spécifiquement architectural. Et à cet égard, je trouvais l’espace du Louxor vraiment intéressant. De même que son fonctionnement de cinéma indépendant, différent des complexes. J’étais curieuse de le découvrir, bien que cette série ne parle pas de la vie du lieu. Cela valait la peine d’y passer plus de temps. Mon travail s’est donc étalé sur un peu plus de deux mois, de fin octobre à début janvier.
Comment avez-vous organisé votre travail dans un cinéma en pleine activité ?  
Je venais souvent pour de courtes durées, soit entre les séances, soit avant les séances, c’est-à-dire le matin à partir de 8h 30, 9 heures, avant l’arrivée du public scolaire. Et par la suite, je venais plutôt entre 11 et 13 heures, après les séances pour les scolaires et avant celles de l’après-midi.
Vous semblez opposer deux phases de votre travail qui correspondraient à deux types de projets différents : les « photos d’architecture » et les photos de salles de cinéma… Pouvez-vous nous expliquer cette distinction ? 
En fait je ne veux pas les opposer. Il s’agit bien de deux projets différents et consécutifs.
Le projet initial, qui portait sur le lieu réhabilité, a été terminé assez rapidement. S’il se rapproche plus d’une photographie d’architecture « classique », il reste cependant un regard personnel sur l’espace, avec des vues frontales prises depuis un axe, puis son opposé, afin de donner deux points de vue principaux et dans la lignée d’un style documentaire.
Mais sa prolongation m’a permis d’encore mieux connaître le lieu, de m’en imprégner. Et un deuxième projet a pris forme. C’est devenu surtout un travail autour de fragments du lieu et de ces éléments caractéristiques de la salle de cinéma auxquels on ne prête pas attention. Enfin un travail autour de l’atmosphère qui se dégageait de ces salles vides dans lesquelles je déambulais. Mon choix a été de montrer le lieu de manière parcellaire, de reconstruire un espace. J’ai privilégié des détails que je trouvais caractéristiques de ce qu’évoque pour moi le cinéma : les rangées de sièges, le velours, le rideau, les moquettes, les faux marbres de la grande salle, une des portes de sortie, en somme des éléments qui ramènent au cinéma – ou plus largement au spectacle. Ainsi que des éléments spécifiques au Louxor lui-même. L’ensemble s’éloignant du document pour frôler l’onirique.

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Publié dans Cinéma en février 2015


Quand le music-hall s’invitait au cinéma…

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Programmes des années 1920 et 1930

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Bernard Meyre, collectionneur et fidèle ami du Louxor, nous a fait parvenir quelques programmes des années 1920 (Barbès Palace) et 1930 (Gaumont-Palace) qui viennent s’ajouter à ceux du Louxor (septembre 1923 et septembre 1924) et du Barbès Palace (juillet 1921) que nous avions déjà présentés sur notre site. Une nouvelle rubrique, « Programmes anciens », regroupera désormais les articles consacrés à ces documents.

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Pour les cinéphiles qui s’intéressent à l’histoire des cinémas et de leur programmation, les programmes édités dans les années 1920 et 1930 constituent une mine de renseignements sur la composition et le déroulement des séances qui, surtout dans certaines salles dotées d’un orchestre et parfois même d’un orgue (comme le Gaumont-Palace ou le Louxor), s’inscrivaient encore dans la tradition du music-hall.

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Dans ces deux programmes du Barbès Palace (34 boulevard Barbès), cinéma disparu dont nous avions retracé l’histoire, se retrouve l’organisation classique des longues séances du cinéma muet composées de  deux parties séparées par un entracte.

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Barbès-Palace, 3-9 juin 1921 et 30 décembre 1921-5 janvier 1922

Barbès Palace, 3-9 juin 1921 et 30 décembre 1921-5 janvier 1922

 

La vogue des films à épisodes :  le rôle de la presse populaire
Ciné-romans ou « romans de cinémas »

Ces documents [cliquer sur les images pour les agrandir] témoignent de la place occupée par les films à épisodes, habituellement projetés en première partie de séance, et qui avaient les faveurs du public. Ils contribuaient aussi à le fidéliser, d’autant que les réalisateurs français, soucieux de s’imposer face au puissant cinéma américain, proposaient des sujets originaux ou puisés dans les classiques populaires français, susceptibles de conquérir de nouveaux spectateurs. Pendant la semaine du 3 au 9 juin 1921, la première partie de la soirée comportait le 7e épisode du feuilleton L’Homme aux trois masques (1921), film en douze épisodes d’Émile Keppens et René Navarre, d’après l’œuvre d’Arthur Bernède, et produit par la Société des Cinéromans. Du 30 décembre 1921 au 5 Janvier 1922, la première partie de soirée enchaînait deux feuilletons :  le 11e épisode de L’Orpheline (1921) de Louis Feuillade avec la star du muet Sandra Milowanoff et Les Trois Mousquetaires d’Henri Diamant-Berger (11e épisode ).

La presse populaire constituait pour le cinéma un relais précieux : lorsque le film sortait en salles, des journaux parisiens (dont Le Petit Parisien, Le Matin, Comoedia) mais aussi des quotidiens de province en publiaient simultanément les épisodes sous forme de  feuilleton. La Société des Cinéromans illustre parfaitement cette collaboration entre presse, producteurs, réalisateurs et auteurs  : ainsi Arthur Bernède, crée des personnages (Belphégor, Judex, Mandrin) qui font désormais partie de l’histoire du cinéma et de la littérature populaire. « Le rythme de sortie des films et des feuilletons correspondants est soutenu. Pendant la saison 1921-1922, il y a en permanence un film des Cinéromans en cours sur les écrans et le feuilleton correspondant dans la grande presse »( 1).
Le Petit Parisien publie ainsi, du mercredi 13 avril au 6 juillet 1921, les douze épisodes de L’Homme aux trois masques.

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Petit Parisien 13 avril 1921 SITE-

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Publié dans Cinéma, Programmes anciens en février 2015


Le ciné-club, ou le plaisir partagé.

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Entretien avec Fabienne Duszynski

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Fabienne(1) copieEnseignante-chercheuse en cinéma à l’Université de Lille III, Fabienne Duszynski est,  depuis l’ouverture du cinéma, l’une des animatrices du ciné-club du Louxor. Avec intelligence et sensibilité, elle contribue à faire de ces séances des moments magiques de compréhension et d’émotion. D’Une place au soleil (George Stevens, 1951) à Lumière d’été (Jean Grémillon, 1942), elle a accompagné la projection de films aussi différents que L’Homme tranquille (John Ford, 1952), French Cancan (Jean Renoir, 1954), Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970), Touki Bouki (Djibril Diop Mambety, 1973), Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982), Les Voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941), Mais qui a tué Harry (Alfred Hitchcock, 1955), Deux filles au tapis (Robert Aldrich,1981), Lettre d’une inconnue (Max Ophuls, 1948) ou Partie de campagne (Jean Renoir, 1936). Nous avons voulu en savoir un peu plus, et prolonger le dialogue…

 

Un ciné-club : qu’est-ce pour vous ?

Je ne voudrais  pas me lancer dans l’histoire du ciné-club, qui évoque sans doute bien des souvenirs  pour beaucoup de monde. C’est peut-être simplement le mot d’introduction pour des séances autour d’un film. Pour moi, après la nécessité de le contextualiser et de le présenter, il ne s’agit pas de proposer une analyse du film, mais surtout de donner des pistes, de trouver une façon d’ouvrir le regard. À partir d’une ou plusieurs séances, je voudrais permettre aux spectateurs de se familiariser parfois avec un certain vocabulaire d’approche, de prolonger de manière plus active cette position déjà précieuse du simple spectateur. Oui, si à la fin d’une séance, j’ai le sentiment  d’avoir réussi à accompagner le film, à en prolonger le plaisir, sans que mon discours s’y substitue, c’est pour moi une bonne séance.

 

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

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Publié dans Cinéma en janvier 2015


Conseil de quartier au Louxor

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Thème : la vie culturelle dans notre quartier

 

Le samedi 13 décembre, de 9h30 à 11h, a eu lieu dans la salle 2 du Louxor le Conseil de quartier Saint-Vincent de Paul – Lariboisière dont le thème était « La vie culturelle dans notre quartier ». Avec la mise en exergue d’une citation du philosophe Jacques Rancière (Le Spectateur émancipé, éditions La Fabrique) :
« Les images de l’art ne fournissent pas des armes pour les combats. Elles contribuent à dessiner des configurations nouvelles du visible, du dicible et du pensable, et, par là même, un paysage nouveau du possible »
et la lecture du beau poème de Jean-Pierre Siméon, « Éloge de l’inconnu » (Sermons joyeux, éd. Les Solitaires intempestifs), ce Conseil était placé sous le signe de la pratique culturelle comme ouverture au monde et aux autres.

Une carte présentait les différents lieux culturels du quartier :

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Carte

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I. Trois de ces lieux ont d’abord été brièvement présentés par leurs responsables :

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Publié dans Quartier Barbès en décembre 2014


La « Saturday Yann Fever » fait sa rentrée au Louxor

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Rencontre avec Yann Delattre

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Yann Delattre ne pouvait trouver meilleur nom pour son ciné-club que ce clin d’œil à cette Fièvre du samedi soir, emblématique du cinéma américain des années 70, période qui  le passionne et qu’il connaît sur le bout des doigts. Énormes succès comme Les Dents de la mer ou films restés plus confidentiels comme La Valse des Pantins de Scorsese, ce sont en effet ces films américains des années 70 à 90 que le public du Louxor peut (re)découvrir, un samedi par mois à 11heures.  Nous avons voulu en savoir davantage sur ce cinéphile à l’enthousiasme communicatif. Il nous parle ici des auteurs qui l’ont nourri, des critères qui orientent le choix des films projetés et de sa conviction qu’il n’y a nul antagonisme entre la « dissection » rigoureuse d’un film face au public et la magie du cinéma…

 

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

 

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Publié dans Cinéma en septembre 2014


Brèves – septembre 2014

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Exposition éphémère 6, rue Bouchardon
Une sélection de dix-huit panneaux provenant de l’exposition « Le Louxor-Palais du cinéma » (qui s’était tenue du 25 mars au 25 mai 2013 à la mairie du Xe pour célébrer la réouverture du Louxor) était à l’honneur mardi 30 septembre, pour un soir seulement, à l’occasion de l’inauguration d’un immeuble regroupant plusieurs entités mutualistes au 6, rue Bouchardon. Le thème retenu pour cette soirée, théâtre et cinéma dans le Xe, était évoqué par des affiches, des extraits de films tournés dans l’arrondissement et l’exposition Louxor (qui occupait un vaste espace de réunion au 4e étage).  Comme le rappela Stéphane Bribard, conseiller d’arrondissement, la tradition culturelle et artistique se perpétue dans le Xe, si l’on en juge par le nombre de tournages de films ou téléfilms dans ses divers quartiers, le choix qu’ont fait de nombreux artistes et écrivains d’y résider, et le succès que rencontre le Louxor depuis sa réouverture.

Mobilisation

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Publié dans Cinéma en septembre 2014