Le site des Amis du Louxor

Mis en avant

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM (photo ci-contre).

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

Projection-débat autour du film La Bataille d’Alger

Séance organisée par l’A.P.A.H.S. (Association pour les activités autour de l’histoire à Sciences Po)

Mardi 12 avril 2016, le film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d’Alger, Lion d’Or de la Mostra de Venise en 1966, retrouvait le Louxor où il fut projeté à maintes reprises entre 1973 et 1983. La projection était suivie d’une discussion avec l’historien Elie Tenenbaum, chercheur au Centre des études de sécurité de l’IFRI, qui apporta un éclairage précieux sur le contexte historique.

Affiche site encyclocine.com

Affiche : site encyclocine.com

D’abord interdit en France, le film n’obtient son visa d’exploitation qu’en 1971. Mais à la suite de graves incidents (dont l’attaque du cinéma Saint-Séverin à Paris), il est retiré des écrans. Il refait surface lorsqu’il est projeté le 20 octobre 2003 sur la chaine Public Sénat puis ressort en salles en juin 2004 (1).
Pourtant, le film n’avait pas disparu totalement des écrans français. Il attira même les foules au Louxor en 1973 (14 800 spectateurs la première semaine) et continuera de le faire pendant les années suivantes. Jean-Pierre Leroux, qui avait assisté à l’une des projections de 1973 et dont nous avions publié le témoignage sur notre site, était présent mardi 12 avril. Il évoqua l’atmosphère passionnée qui régnait alors dans la salle dont l’assistance était essentiellement composée de spectateurs d’origine algérienne.

Le film s’inscrivait dans la programmation un peu « marginale » du Louxor qui, à partir de l’été 1967, baisse ses prix (2) et abandonne la programmation classique de Pathé pour renouveler son public en s’adressant désormais en priorité aux très nombreux immigrés installés à Barbès ou qui fréquentent le quartier. Ultime effort d’une salle de quartier mono écran pour survivre encore quelques années face à la baisse de fréquentation qui la menace (3).
Pari réussi puisque la fréquentation se redresse de manière spectaculaire (4) — pour quelques années du moins, avant que le nombre de spectateurs ne reparte à la baisse (5) jusqu’à la fermeture du Louxor le 30 novembre 1983.

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L’Eden de Saint-Jean d’Angély sera reconstruit

Après l’incendie du cinéma Eden, élus et habitants se mobilisent pour reconstruire une salle de spectacles.

Nous remercions Françoise Mesnard, maire de Saint-Jean d’Angély, Christian Queyroix, président de l’association Eden, et l’architecte Nathalie Lambert, maître d’œuvre du projet, pour les informations qu’ils nous ont données.

Le samedi le 3 Mai 2014, un incendie ravage le cinéma Eden (1931) de Saint-Jean d’Angély en Charente-Maritime. La façade s’écroule sous les yeux des Angériens consternés et incrédules. En moins de deux heures, un magnifique exemple de cinéma Art Déco est un amas de ruines. [cliquez sur les images pour les agrandir]

L’Eden, construit en 1931 par André Guillon

L’Eden, construit en 1931 par André Guillon

3 mai 2014. Au-dessous de la partie écroulée, deux bas-reliefs sont intacts

3 mai 2014. Au-dessous de la partie écroulée, deux bas-reliefs sont intacts

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Farid El Atrache retrouve l’écran du Louxor

15 janvier 2016 : « Nuit égyptienne »

Le 9 novembre 1982, Francis Lacloche, fondateur de l’association Eldorado qui a mené, au début des années 80, une action énergique en faveur des salles de cinéma menacées de disparition, lançait dans Libération un appel à la mobilisation :
« La noble maison Pathé, qui fatigue un peu, ne sait pas très bien comment assumer Farid el Atrache et ses copains. Un tel lieu, ça vous défigure une maison respectable. Alors Pathé rêve de liquider le Louxor. Pas de chance, la façade est classée, sur l’initiative de quelques nostalgiques insolents. Alors Pathé pense en faire un supermarché ou un centre commercial, façade égyptienne incluse. Des autorisations de percements de portes supplémentaires ont été récemment obtenues. Spectateurs du Louxor ne vous laissez pas reprendre Farid et Oum ! Donnez votre fric à Pathé : tant de sentiments les feront peut-être fléchir ! »
Mais, on le sait, l’affaire était réglée. Exit Farid El Atrache et Oum Kalthoum. Par quel miracle le Louxor aurait-il échappé au sort des salles de quartier qui fermaient les unes après les autres ? Lui aussi, vendu à Tati, ferma le 30 novembre 1983. Mais on connait la suite … (voir la chronologie et la page Historique). Non seulement le cinéma est de retour au Louxor mais son directeur, Emmanuel Papillon, dose habilement dernières sorties (l’essentiel de la programmation) et films du patrimoine, français et étrangers. C’est ainsi que le 15 janvier 2016, Farid El Atrache, qui fut dès les années 30 une des stars de la chanson et du cinéma égyptien, retrouve l’écran du Louxor à l’occasion de la « Nuit égyptienne ».

NuitEgypteOKILe Louxor et les « films exotiques » : la recherche d’un nouveau public

Le nom du Louxor a longtemps été associé à la programmation de films dits « exotiques », étiquette commode un peu fourre-tout qui recouvre une réalité plus nuancée.
Dès la fin des années 1950, le Louxor est frappé par la crise de fréquentation des salles de quartier – tendance qui va se confirmer pendant la décennie suivante (1). Il faut essayer de survivre. L’exploitant de la salle adapte sa politique tarifaire et ses programmes pour conquérir un nouveau public, en l’occurrence les très nombreux immigrés qui s’étaient installés à Barbès ou venaient de banlieue pour y faire leurs courses et se retrouver dans les cafés de la Goutte d’Or.

Programmation années 70 et 80

Programmation du Louxor années 70 et 80

Pendant l’été 1967, le prix des places passe de 5,30 et 6,30 francs à 2 francs (prix unique) et la programmation généraliste « tout public » est abandonnée. Le directeur de la salle, Daniel Le Pluard, se débrouille seul pour construire sa programmation : « Le Louxor est une salle unique en son genre dans le circuit Pathé. Son directeur doit s’occuper lui-même des contacts avec les distributeurs, lesquels ne sont pas légion à l’intéresser. Le marché des films arabes susceptibles de plaire à son public plus « populaire » est somme toute restreint. D’où des démarches dans toutes les directions, qui n’aboutissent pas toujours.» (Le Quotidien de Paris, 16 octobre 1980). Mais il réussit à redresser la barre et la fréquentation repart à la hausse.

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« Folie passagère » : hommage au Louxor… ou contrefaçon ?

En cet automne-hiver 2015, nous avons vu apparaître sur nos étranges lucarnes, les mercredis soirs, une nouvelle émission animée par Frédéric Lopez, «  Folie passagère »  (France 2). Sa particularité, qui ne pouvait nous échapper, est que les panneaux décoratifs à l’égyptienne du fond du plateau où se déroulent les prestations de variétés sont des copies des grilles du plafond du cinéma Louxor.

Captures d'écran France 2 - émission Folie passagère

Captures d’écran France 2 – émission « Folie passagère »

Ces grilles, faites de vautours et d’Uraeus égyptiens à clair voie, avaient été dessinées à l’origine (1920) par l’architecte du Louxor, Henri Zipcy. Elles servaient à la fois à l’éclairage et à l’aération de la salle, où il était alors permis de fumer, et ne sont connues que par une photographie intérieure prise en 1921 (voir Historique). Il semble qu’elles aient été supprimées lors de la première grande rénovation intérieure du cinéma, après son rachat par Pathé (1930).

La salle en 2013 après restauration - photo © Luc Boegly

La salle en 2013 après restauration – photo © Luc Boegly

Les grilles actuelles visibles au plafond de la salle Youssef Chahine du Louxor qui a rouvert en 2013, sont en fait des adaptations modernisées créées par l’architecte chargé de la rénovation du Louxor, Philippe Pumain. Ce sont elles qui ont été copiées par les décorateurs de l’émission de télévision, sans qu’aucune mention en rappelle l’origine. Ni l’architecte, auteur du dessin, ni le directeur de la salle, Emmanuel Papillon, n’ont été tenus informés de cet emprunt ni de leur utilisation.

Grilles du plafond - dessin Philippe Pumain

Grilles du plafond – dessin Philippe Pumain

Il serait pourtant facile – et élégant – dans cette émission, de rappeler chaque semaine l’origine de ces décors par une case ou une phrase du présentateur, par une mention au générique, voire une invitation de leur auteur sur le plateau …

Jean-Marcel Humbert © Les Amis du Louxor

5 mars 1939 : Une journée particulière au cinéma Barbès

Dans notre rubrique « Programmes anciens » …

Nous rappelions naguère sur notre site la destinée de cet autre cinéma du quartier, le Barbès Palace, transformé – avec un décor intérieur miraculeusement préservé – en magasin de chaussures. En 1939, il n’est déjà plus qualifié de « Palace », mais la découverte d’un programme nous permet aujourd’hui d’évoquer un autre épisode de son  histoire.

C’est en effet une séance très spéciale que, le 5 mars 1939, connut le Barbès : la matinée avait été réservée par Burnous, Association des Anciens Spahis, et la recette était destinée à ses œuvres.

Programme du 5 mars 1939

Programme du 5 mars 1939

L’histoire des spahis est liée à celle des territoires colonisés par la France depuis le XIXe siècle. L’association Le Burnous existe toujours. Selon son site, auquel je renvoie pour plus de précisions :

Logo de l'association Le Burnous

Logo de l’association Le Burnous

« Le 9 mars 1831, une loi autorise les généraux commandant les pays occupés par les armées françaises hors du territoire national à former des corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers. C’est la première consécration légale des tirailleurs, des spahis et de la Légion. En application de cette loi, des escadrons de spahis réguliers sont formés, au cours des années suivantes, dans les provinces d’Alger, de Bône et d’Oran.
Ce sont les corps de spahis réguliers qui sont fondus dans le corps unique de cavalerie indigène (Spahis) créé par ordonnance royale du 7 décembre 1841. […] À partir de 1962, comme toutes les unités de l’armée d’Afrique, les régiments de spahis furent dissous ou transformés quant à eux en hussards, chasseurs et autres dragons.
Seul le 1er Régiment de spahis conserva une place dans l’ordre de bataille de l’armée française Il tint, une vingtaine d’années, garnison à Spire en Allemagne avant de venir, en 1984, installer ses quartiers à Valence où il est toujours. »

source : site de l'association Le Burnous

Source : site de l’association Le Burnous

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