Le site des Amis du Louxor

 

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM.

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

 

Publié dans Histoire du Louxor en décembre 2013


Prochain ciné concert : le 16 juin 2015

-

Visages d’enfants (1925) de Jacques Feyder.

-

90 ans après sa projection au Louxor du 2 au 9 octobre 1925, Visages d’enfants, considéré comme un des chefs d’œuvre du cinéma muet, va être redécouvert dans cette même salle, en version restaurée et sur l’écran d’origine de 1921. Il sera accompagné au piano par Serge Bromberg qui retrouve le Louxor pour un nouveau ciné concert.

Nous profitons de ce retour aux sources pour publier également la programmation de l’année 1925 au Louxor.

-

Programme des cinémas du 10e -  La Semaine à Paris, 2 octobre 1925

Programme des cinémas du 10e – La Semaine à Paris, 2 octobre 1925

-

Présenté « en première vision » au Gaumont Palace le 24 janvier 1925, puis programmé le 27 mars au cinéma Madeleine, Visages d’enfants fut projeté au Louxor six mois plus tard, ainsi que dans une quinzaine d’autres salles de quartier (1).

S’il ne fut pas un grand succès public, le film fut en revanche très bien accueilli par la critique. Pour ne prendre qu’un exemple, la revue Cinémagazine y consacre, le 6 février 1925, à la suite de la première vision au Gaumont-Palace, un numéro spécial : photo du jeune héros en couverture, scénario détaillé illustré de photos du tournage, entretien avec Jacques Feyder, complété par un article consacré aux jeunes interprètes et à la manière dont le réalisateur les a choisis et a travaillé avec eux, et enfin, une critique enthousiaste du film. Cette production « essentiellement française par l’esprit », peut-elle être comprise et admirée à l’étranger ? Pour le critique André Tinchant, cela ne fait aucun doute :  « Visages d’enfants, que nous a présenté M. Jean de Merly au Gaumont-Palace, doit faire le tour du monde »… (Lire la critique)

-

Jean Forest, interprète principal de Visages d'enfants

Jean Forest, interprète principal de Visages d’enfants

-

Comme il était de tradition dans les salles de quartier, Visages d’enfants ne resta qu’une semaine à l’affiche du Louxor.

-

Ce que le spectateur de 1925 put aussi voir au Louxor :

-
1925, c’est le temps des très longues séances de cinéma – plus de trois heures – dont nous avons déjà parlé sur ce site (voir à la fin les liens vers nos articles précédents). La programmation que nous publions ici en reflète la composition classique : projection de deux films, auxquels s’ajoutent les actualités Pathé et, selon les semaines, un épisode d’un et/ou des films courts – souvent des « scènes comiques » – et des attractions variées.
La place que tient le cinéma américain (sous forme de longs, de courts ou de moyens métrages) est impressionnante. Rares sont les semaines où il est totalement absent. Les stars de Hollywood – cette année-là, John Barrymore, Corinne Griffith, Charlie Chaplin, Edna Purviance, Norma Talmadge, etc. –  brillent au générique.  Autre star à part entière : le chien Rin Tin Tin (qui aura même son étoile sur Hollywood Boulevard) ! Les westerns muets ont aussi leurs cowboys vedettes (qui partagent toujours l’affiche avec leur monture : ainsi Tom Mix « et son cheval Tony » ou Fred Thompson « et son cheval Vif argent » (Silver King  pour les Américains)…
Face à la force de frappe du cinéma américain, le cinéma français ne manque pas d’atouts. Il a lui aussi ses vedettes (Jaque-Catelain, Ivan Mosjoukine, Gina Manès, René Navarre, Aimé Simon-Girard) et une offre variée où se côtoient films d’auteur (comme Visages d’enfants de Feyder) et cinéma commercial, capable de séduire un vaste public.
Parmi les feuilletons qui ont marqué l’année 1925 au Louxor, quatre films de huit épisodes chacun offrent la palette de genres qui ont fait leur preuve : aventure et exotisme du « film colonial » (Les Fils du soleil de René Le Somptier), aventure et histoire (Surcouf de Luitz-Morat), film de cape et d’épée (Fanfan la tulipe de René Leprince, tourné en partie au château de Vaux) et, du même René Leprince, les aventures du personnage haut en couleurs de Mylord L’Arsouille.
Et c’est encore le temps des « attractions de l’entracte ». Parmi ces artistes oubliés – dont beaucoup ne sont sans doute jamais parvenus « en haut de l’affiche » ; quel fut le destin de « Meryska et sa chienne voyante » ? –  émerge parfois un nom, ici, celui d’Ouvrard, qui allait devenir une vedette du café-concert.

Programmation
Source : La Semaine à Paris (BNF) .

[Certains numéros de la Semaine à Paris sont manquants ou ne comportent que la mention « programme non encore communiqué ».]
9 janvier
Les Fils du soleil de René Le Somptier avec Marcel Vibert, Joë Hamman, Marquisette Bosky, Georges Charlia (4e épisode) [Le 1er épisode a été programmé le 19 décembre 1924, NDLR] – le reste du programme ne figure pas (seule mention : « voir la suite en dernière heure ») .

16 janvier
Les Fils du soleil (5e épisode) – Mariage par radio, film comique – attraction : Dalmais (chanteur fantaisiste) et Burford (antipodiste) – Pathé RevuePatrie (1914) de Albert Capellani avec Henry Krauss.

23 janvier
Les Fils du soleil (6e épisode) – L’Étranger silencieux (The Silent Stranger, 1924, Etats-Unis) de Albert S. Rogell avec  Fred Thompson et son cheval « Vif argent » – attraction : Stéphanie Darmand (chanteuse) – Pathé revueMon oncle (1925) de Maurice Mariaud avec René Navarre, Francine Mussey, Jean Devalde et Paul Menant.

6 février
Les Fils du soleil (8e épisode) – La Folie du golf (Wide Open, 1924, Etats-Unis) de Fred Hibbard, scène comique – Décalcomanie (comique) – attraction : Meryska et sa chienne  voyante – Pathé RevueLe Foyer perdu (Lilies of the Field, 1924, Etats-Unis) de J.F. Dillon avec Corinne Griffith.

13 février
Brillantino toreador (comique) – Le Mariage de Rosine (1925) de Pierre Colombier avec Josyanne, Ady Cresso, André Lefaur et Jean Dehelly – attraction : Nibor (chanteur comique) – Pathé revueLa Princesse Nadia (Fashion Row, 1923) de Robert Z. Leonard avec Maë Murray.

27 mars
Histoire de canards (comique) – Secrets (1924, Etats-Unis) de Frank Borzage avec Norma Talmadge – attraction : Ouvrard (comique) – Pathé RevueEn avant Mars  (États-Unis, 1924, animation) de Max Fleischer – Surcouf (1925) de Luitz-Morat, avec Jean Angelo, Maria Dalbaicin, Jacqueline Blanc (6e  épisode). En l’absence de programmation dans les numéros 143-147, on peut cependant déduire que les 5 premiers épisodes ont été projetés à partir du 20 février.

17 avril
La Main de Daisy (The Simp,1920) court-métrage comique de Owen Davis et Arthur Roche – L’École des papas (Daddies, Etats-Unis, 1924) de William A. Seiter, avec Claude Gillingwater, Willard Louis, Mae Marsh et Harry Myers – Pathé revueVas-y, Tony (Oh, You Tony ! Etats-Unis, 1924) avec Tom Mix et son cheval Tony.

24 avril
Un garçon complaisant (comique) –  Maternité (Mutter und Kind, 1924) de Carl Froelich avec Henny Porten – attraction : Rellow (comique) – Pathé RevueMylord l’Arsouille (1925) de René Leprince d’après Paul Lambry, avec Aimé Simon-Girard, Jacques Guilhène, Albert Decoeur (1er épisode).

 Cinémagazine, 3 avril 1925

Cinémagazine, 3 avril 1925

28 août
Le Galant Picratt (burlesque) avec Al Saint John – Loyauté ( ?) avec Harry Carey – Pathé Revue – attraction : Delpha et Girod, acrobates comiques

4 septembre
La Panouille toréador avec Earle Fox – Suzanne ou les trois vieillards (Her Temporary Husband, 1923, Etats-Unis) de John McDermott avec Owen Moore, Sydney Chaplin, Sylvia Breamer – attraction : La Régia (originale fantaisiste) – Pathé RevueQuestion d’honneur (Etats-Unis) avec Tom Mix et son cheval.

18 septembre
Le Prince charmant (1925) de Viktor Tourjansky avec Nicolas Koline, Nathalie Kovanko, Jaque-Catelain – attraction : Ventura (fantaisiste) – Pathé RevueUne femme de tête (Two Kinds of Women, 1922, Etats-Unis) de Colin Campbell avec Pauline Frédérick.

25 septembre
La Bizarre Aventure avec Doris May – Jour de paye (court métrage, 1922) de Charlie Chaplin – attraction : Rieffler (comédien lyrique) et Mynson and Partner (jongleurs) – Le Beau Brummel (1924) de Harry Beaumont, avec John Barrymore, Mary Astor et Willard Louis.

-

Stars américaines

Stars américaines : Corinne Griffith (Le Foyer perdu, 6-13 février) et John Barrymore (Le Beau Brummel, 25 sept-2 octobre)

-

2 octobre
Arrêtez-moi (Flivver Wedding, 1920, Etats-Unis) avec Monty Banks – Pathé Revue – attraction : Marino (ténor) et Rowland – Visages d’enfants (ou Saint-Bernard, 1925) de Jacques Feyder avec Jean Forest, Rachel Devirys,Victor Vina.

9 octobre
Amour et carburateur (1925) de Pierre Colombier avec Paulette Berger, André Alerme, Alice Tissot – attraction : Melle Marysin, chanteuse – Un redoutable témoin (Find Your Man, 1924, Etats-Unis) de Malcolm St Clair avec le chien Rin-Tin-Tin, June Marlowe et Eric St Clair.

30 octobre
Un voyage au paradis (Never Weaken, 1921, Etats-Unis) de Fred C.C Newmeyer avec Harold Lloyd – Fanfan la tulipe (1925) de René Leprince avec Aimé Simon-Girard, Simone Vaudry (film en huit épisodes)  – Pathé Revue – attraction : Mme Caro Martel, chanteuse – L’Express de minuit (The Midnight Express, 1924, Etats-Unis) de George W. Hill avec Elaine Hammerstein et William Haines.

octobre-novembre 1925

Huit épisodes, programmés au Louxor en octobre-novembre 1925

6 novembre
L’Automobile accordéon (Air Pockets, 1924) scène comique de Fred Hibbard avec Lige Conley – Fanfan la tulipe, 4e épisode  – attraction : Fournier (comique) – Pathé RevueÂme d’artiste (ou Rêve et Réalité, 1924) de Germaine Dulac avec Ivan Petrovich, Mabel Poulton, Yvette Andreyor, Gina Manes, Nicolas Koline.

13 novembre
La Villa des courants d’air (Family Life, 1924), scène comique, de Bob Kerr avec Mark Jones – Fanfan la tulipe (5e épisode)  – Pathé Revue – attraction : Paul Gesky – Traqué dans les neiges (Tracked in the Snow Country, 1925, Etats-Unis) de Herman C. Raymaker avec le chien Rin-Tin-Tin, June Marlowe, David Butler.

20 novembre
Charlot et le masque de fer (The Idle Class, 1921) de Charlie Chaplin – Fanfan la tulipe,  6e épisode – attraction : Monty fantaisiste et Nikasa Chokichi équilibriste  – Pathé RevueLa Course du flambeau (1925) de Luitz-Morat avec Daniel Mendaille, Germaine Dermoz, Harry Krimer, Berthe Jalabert.

N° 183 27 novembre
Une dette sacrée (Roaring Rails, 1924) de Tom Forman avec Harry Carrey, Frankie Darro – Georges Roger comique – Pathé Revue Un fils d’Amérique (1926) comédie de Henri Fescourt avec Gabriel Gabrio, Paulette Berger Marie-Louise Iribe.

18 décembre
J’ai fait du pied pour avoir la main (1925) film court de René Plaissetty avec  Nicole Robert – Le Bossu (1925) de Jean Kemm avec Gaston Jacquet, Maxime Desjardins (film à épisodes qui a été montré en  différentes versions : une version « condensée » en une seule soirée ou une version longue en sept épisodes) – attraction Les Stadiums (art et force) – Pathé RevueLe Maudit, avec Tom Mix et son cheval.

-

Cinq plus tard, le cinéma parlant faisait son  entrée dans un Louxor rénové et équipé pour le son par Pathé, son nouveau propriétaire. Une nouvelle période de son histoire commençait.

-

Annie Musitelli ©Les Amis du LOuxor

Notes
1. Palais des Fêtes (3e), Palais de la Mutualité (3e), Ciné Rochechouart (9e), Louxor (10e) Lyon (12e), Mozart (16e), Batignolles (17e), Demours (17e), Barbès Palace (18e), Capitole (18e), Métropole (18e), Select (18e), Belleville (19e), Féérique (20e), Olympia (Clichy).

-

Sur notre site, plusieurs articles évoquent la période du cinéma muet :

Au temps du muet I.II., III.

Zorro et d’Artagnan à Barbès

Une soirée au Louxor en 1923

Quand le music-hall s’invitait au cinéma

Publié dans Cinéma en juin 2015


Vous reprendrez bien un petit café ?

 

Histoire des ancêtres de la Brasserie Barbès

2, boulevard Barbès et 124/126, Boulevard de la Chapelle, 1860-2015

-

Barbès a retrouvé, en avril 2013, son cinéma de quartier, le Louxor. Avec l’ouverture de la Brasserie Barbès, il est maintenant en train de renouer avec la longue tradition des cafés, nombreux autrefois autour du carrefour et dans les rues avoisinantes. Dominique Delord, chercheuse en histoire culturelle, nous présente dans un article solidement documenté et richement illustré, l’ histoire des ancêtres de ce café « branché »,  inscrite dans l’évolution d’un quartier populaire, laborieux et longtemps déshérité. 

 

6 juin 2011 : incendie de Vano - 9 mai 2015 : Brasserie Barbès

6 juin 2011 : incendie de Vano – 2015 : Brasserie Barbès

-
La Brasserie Barbès vient de naître des cendres d’un immeuble (le magasin Vano) qui a brûlé en 2011 [cliquer sur l'image ci-dessus pour l'agrandir. NDLR]. L’emplacement a une longue histoire – plus de 150 ans. Café, brasserie, bal, café-concert, manufactures, imprimeries, commerces, lieu de vastes réunions politiques ou syndicales avec de grands noms du XIXe siècle… Pour un retour dans le passé, voici un café-gourmand historique…
Nous commencerons cette histoire vers 1860, quand Paris s’agrandit et annexe ses communes périphériques, dont celle de La Chapelle-Saint-Denis.

-

Les nouveaux Parisiens de 1860

-

La démolition du Mur des Fermiers Généraux en 1860, Henri Daumier

-

Lire la suite »

Publié dans Quartier Barbès en mai 2015


Le Louxor a fêté son deuxième anniversaire

-

Plus de 500 000 spectateurs en deux ans…

 

Le 17 avril 2015,  deux ans jours pour jour après l’inauguration du cinéma restauré, le Louxor a fêté en beauté son deuxième anniversaire avec un ciné-concert d’une qualité exceptionnelle : L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov, projeté dans une superbe version restaurée par Lobster Films, et accompagné par Serge Bromberg dont nous avons déjà salué le talent de pianiste à l’occasion du ciné-concert du 15 mars dernier.

Le succès de ces premiers ciné-concerts est venu confirmer qu’un public varié et curieux a décidément trouvé le chemin du Louxor. La programmation très diversifiée proposée par Emmanuel Papillon et le dynamisme de son équipe ont attiré et fidélisé un large éventail de spectateurs de tous âges : séances pour les jeunes (rendons ici hommage à Stéphanie Hanna pour les liens qu’elle a su tisser avec de nombreux établissement scolaires et centres de loisirs), ciné-clubs pour les amoureux du patrimoine, avant-premières ou projections spéciales en présence de réalisateurs ou d’acteurs, large ouverture aux cinémas du monde, et bien entendu, projections régulières des films sortis en exclusivité, tous ces efforts ont porté leurs fruits, comme en témoignent les excellents chiffres de fréquentation enregistrés depuis son ouverture le 17 avril 2013.

Et nous savons aussi qu’outre la qualité de la programmation, ce sont aussi la beauté et l’originalité du lieu qui attirent au Louxor de nombreux spectateurs.

La Mairie de Paris a salué l’événement en publiant le communiqué suivant :

 

Communiqué du 21 avril 2015

Communiqué du 21 avril 2015

 

Tous ceux qui, comme nous, ont milité pour le sauvetage de cette salle de quartier mais aussi tous les cinéphiles, ne peuvent que se réjouir de cette  réussite et souhaitent un très bon anniversaire à l’équipe de Ciné-Louxor…

Pour connaître les films à l’affiche et suivre les nombreux événements proposés par le Louxor, rendez-vous sur le site du cinéma.

Publié dans Cinéma en avril 2015


Le cinéma muet est de retour sur l’écran du Louxor…

-
Affluence des grands jours pour le premier Ciné Concert

-
Dimanche 15 à 11 heures, dans la salle Youssef Chahine pleine à craquer, grands et petits étaient venus retrouver ce qui fit autrefois les beaux jours du Louxor : le cinéma muet. Et ils le redécouvraient, qui plus est, projeté sur l’écran « historique » de 1921, habituellement dissimulé derrière le grand écran escamotable.

-

15 mars 2015 - Avant la séance

L’écran historique du Louxor, 15 mars 2015, avant la séance

-

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

-

Mais loin d’être gêné, ou dérouté, par ce « petit » écran de 6 mètres de large sur 4,50 de haut, le spectateur de 2015 a l’impression d’entrer dans l’image avec la même facilité que lors de projections classiques. En effet, comme l’a rappelé Emmanuel Papillon, les films muets étaient tournés en format d’image 4:3, proportions exactes de l’écran « historique » du Louxor, donc parfait pour la projection de films muets. Nous retrouvons ainsi, a-t-il ajouté, le véritable « angle de vision de nos ancêtres ».

-

Pendant la projection de l’Émigrant de Charlie Chaplin

Pendant la projection de L’Émigrant de Charlie Chaplin

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en mars 2015


Le sauvetage du cinéma Empress à Monréal :

-
Le parcours du combattant  touche à sa fin…

-
Situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (5560, rue Sherbrooke Ouest), le Théâtre Empress de Montréal, a été construit en 1927 par l’architecte Alcide Chaussé dans le style néo égyptien. Inauguré le 19 mai 1928, avec un programme mêlant cinéma (Wild Geese de Phil Goldstone avec Belle Bennett), attractions et vaudeville, il a connu, dès la fin des années 30, bien des vicissitudes. On peut découvrir son histoire mouvementée ainsi que de belles photos sur le site du Centre culturel Empress.
Contrairement au Louxor, il ne reste malheureusement plus grand chose de l’intérieur du bâtiment et de ses décors égyptisants. D’abord défiguré à partir de 1962 par des restructurations successives, le lieu fut ravagé par un incendie en 1992 (consulter cet article). Mais sa façade richement décorée est intacte et a été partiellement restaurée.

-

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

-

Les passionnés qui se mobilisent depuis des années pour que l’Empress devienne un lieu culturel ouvert sur le quartier ont désormais bon espoir. À la suite de l’appel à projets lancé en 2012 par la ville de Montréal, propriétaire du lieu, le groupe « Cinéma NDG » (organisme à but non lucratif ) a été retenu par le comité de sélection et le conseil d’arrondissement Notre-Dame de-Grâce. Le projet intègre 4 salles de cinéma, un lieu d’exposition, un café et espace-conférence, un restaurant et des espaces commerciaux. Notons qu’en l’occurrence, c’est au porteur du projet de présenter le montage financier permettant la réhabilitation du bâtiment. La proposition financière est ici de 12 millions de dollars pour les travaux de rénovation du bâtiment patrimonial.
Depuis la sélection de 2012, on avance… Le financement s’avère, certes, laborieux, et le groupe « Cinéma NDG » a dû obtenir du conseil d’arrondissement Notre Dame de Grâce un délai supplémentaire d’un an pour compléter le montage financier de son projet. Mais la proposition a été votée à l’unanimité par les élus le 7 octobre 2014 « devant le progrès et la solidité du financement déjà obtenu par le groupe ».
À suivre, donc…

Nous souhaitons bon courage aux défenseurs tenaces de ce projet et continuerons à donner de leurs nouvelles !

-

Annie Musitelli  ©Les Amis du Louxor

Publié dans Cinéma en mars 2015


Vernissage de l’exposition « Fiction – Un regard sur le Louxor »

-

Jeudi 5 mars 2015, le salon du Louxor accueillait le vernissage de l’exposition de photographies de Judith Bormand, « Fiction – Un regard sur le Louxor ».

-

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, entouré de membres de son équipe, a accueilli  dans une ambiance très amicale les nombreux visiteurs venus découvrir le travail effectué sur les lieux par Judith Bormand pendant plusieurs semaines et dont elle nous parlé dans l’entretien qu’elle nous a récemment accordé. En quelques mots chaleureux, il a rappelé la démarche de la photographe et loué l’originalité et la qualité de ses photographies – de ces « fragments » qui parviennent à restituer de manière étonnante l’atmosphère du Louxor.

-

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en mars 2015


« FICTION – Un regard sur le Louxor »

-
Exposition de photographies de Judith Bormand
Au Louxor – Palais du Cinéma,  du 4 mars au 19 mai 2015

-

Rencontre avec la photographe Judith Bormand

-
Licenciée en Histoire de l’art et diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière en photographie, Judith Bormand a exposé dans le cadre du Mois de la Photo à Paris en 2008, aux Rencontres d’Arles en 2009, aux Rencontres Photographiques du 10e à Paris en 2011.
Du 4 mars au 19 mai 2015, une exposition des photographies qu’elle a réalisées au Louxor va se tenir dans l’espace d’exposition du cinéma. Nous remercions Judith Bormand de nous avoir accordé cet entretien.

 JBormand_Portrait2 copie

-

Pourquoi avez-vous souhaité faire un travail photographique sur le Louxor ?
À l’origine, il s’agissait de poursuivre un projet que j’avais entrepris sur le thème des espaces réhabilités. J’avais déjà photographié le Cent Quatre et je souhaitais ensuite faire des images du Louxor, qui venait lui aussi d’être rénové et de rouvrir. J’ai donc demandé (et obtenu) l’autorisation de mener ce travail photographique sur l’intérieur du lieu, mais du lieu vide.
Au départ, qu’est-ce qui vous intéressait dans le Louxor ?
D’abord l’extérieur du bâtiment, bien sûr, que je connaissais lorsque le cinéma était encore fermé et qui m’intriguait. Avec son style Art Déco, c’est un vrai monument du carrefour Barbès. Ensuite, les décors égyptiens, même si ce n’est pas là-dessus que j’insiste dans mes photographies. La salle Youssef Chahine, bien sûr, mais j’aime aussi beaucoup les nouvelles salles du sous-sol, leur atmosphère. Je les trouve vraiment très réussies. On pourrait s’imaginer 50 ans en arrière, on pourrait presque penser qu’elles étaient là à l’origine, notamment la petite salle 3. C’est d’ailleurs ce que j’ai cru en y voyant un film pour la première fois, avant de m’intéresser de plus près à l’histoire du Louxor.
Vous n’aviez pas vu l’intérieur du Louxor avant sa réhabilitation ?  
Non, ni avant, ni pendant le chantier. Je le regrette, d’ailleurs, car je fais aussi des photos de chantiers mais j’étais alors prise par d’autres projets.
Le travail dans le Louxor s’est fait en deux temps. J’ai d’abord fait des prises de vues argentiques, à la chambre, des vues centrées, frontales et larges des salles notamment, peut-être un peu plus « classiques » et plus propres à la photographie d’architecture que celles qui figureront finalement dans l’exposition.
Car ensuite le projet a évolué : j’avais aussi en tête une autre idée, celle de travailler sur la salle de cinéma en tant que sujet et non plus d’un point de vue plus spécifiquement architectural. Et à cet égard, je trouvais l’espace du Louxor vraiment intéressant. De même que son fonctionnement de cinéma indépendant, différent des complexes. J’étais curieuse de le découvrir, bien que cette série ne parle pas de la vie du lieu. Cela valait la peine d’y passer plus de temps. Mon travail s’est donc étalé sur un peu plus de deux mois, de fin octobre à début janvier.
Comment avez-vous organisé votre travail dans un cinéma en pleine activité ?  
Je venais souvent pour de courtes durées, soit entre les séances, soit avant les séances, c’est-à-dire le matin à partir de 8h 30, 9 heures, avant l’arrivée du public scolaire. Et par la suite, je venais plutôt entre 11 et 13 heures, après les séances pour les scolaires et avant celles de l’après-midi.
Vous semblez opposer deux phases de votre travail qui correspondraient à deux types de projets différents : les « photos d’architecture » et les photos de salles de cinéma… Pouvez-vous nous expliquer cette distinction ? 
En fait je ne veux pas les opposer. Il s’agit bien de deux projets différents et consécutifs.
Le projet initial, qui portait sur le lieu réhabilité, a été terminé assez rapidement. S’il se rapproche plus d’une photographie d’architecture « classique », il reste cependant un regard personnel sur l’espace, avec des vues frontales prises depuis un axe, puis son opposé, afin de donner deux points de vue principaux et dans la lignée d’un style documentaire.
Mais sa prolongation m’a permis d’encore mieux connaître le lieu, de m’en imprégner. Et un deuxième projet a pris forme. C’est devenu surtout un travail autour de fragments du lieu et de ces éléments caractéristiques de la salle de cinéma auxquels on ne prête pas attention. Enfin un travail autour de l’atmosphère qui se dégageait de ces salles vides dans lesquelles je déambulais. Mon choix a été de montrer le lieu de manière parcellaire, de reconstruire un espace. J’ai privilégié des détails que je trouvais caractéristiques de ce qu’évoque pour moi le cinéma : les rangées de sièges, le velours, le rideau, les moquettes, les faux marbres de la grande salle, une des portes de sortie, en somme des éléments qui ramènent au cinéma – ou plus largement au spectacle. Ainsi que des éléments spécifiques au Louxor lui-même. L’ensemble s’éloignant du document pour frôler l’onirique.

-

JBormand_141125_Louxor_5612

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en février 2015


Quand le music-hall s’invitait au cinéma…

-

Programmes des années 1920 et 1930

-

Bernard Meyre, collectionneur et fidèle ami du Louxor, nous a fait parvenir quelques programmes des années 1920 (Barbès Palace) et 1930 (Gaumont-Palace) qui viennent s’ajouter à ceux du Louxor (septembre 1923 et septembre 1924) et du Barbès Palace (juillet 1921) que nous avions déjà présentés sur notre site. Une nouvelle rubrique, « Programmes anciens », regroupera désormais les articles consacrés à ces documents.

-

Pour les cinéphiles qui s’intéressent à l’histoire des cinémas et de leur programmation, les programmes édités dans les années 1920 et 1930 constituent une mine de renseignements sur la composition et le déroulement des séances qui, surtout dans certaines salles dotées d’un orchestre et parfois même d’un orgue (comme le Gaumont-Palace ou le Louxor), s’inscrivaient encore dans la tradition du music-hall.

-
Années 20  
Dans ces deux programmes du Barbès Palace (34 boulevard Barbès), cinéma disparu dont nous avions retracé l’histoire, se retrouve l’organisation classique des longues séances du cinéma muet composées de  deux parties séparées par un entracte.

-

Barbès-Palace, 3-9 juin 1921 et 30 décembre 1921-5 janvier 1922

Barbès Palace, 3-9 juin 1921 et 30 décembre 1921-5 janvier 1922

 

La vogue des films à épisodes :  le rôle de la presse populaire
Ciné-romans ou « romans de cinémas »

Ces documents [cliquer sur les images pour les agrandir] témoignent de la place occupée par les films à épisodes, habituellement projetés en première partie de séance, et qui avaient les faveurs du public. Ils contribuaient aussi à le fidéliser, d’autant que les réalisateurs français, soucieux de s’imposer face au puissant cinéma américain, proposaient des sujets originaux ou puisés dans les classiques populaires français, susceptibles de conquérir de nouveaux spectateurs. Pendant la semaine du 3 au 9 juin 1921, la première partie de la soirée comportait le 7e épisode du feuilleton L’Homme aux trois masques (1921), film en douze épisodes d’Émile Keppens et René Navarre, d’après l’œuvre d’Arthur Bernède, et produit par la Société des Cinéromans. Du 30 décembre 1921 au 5 Janvier 1922, la première partie de soirée enchaînait deux feuilletons :  le 11e épisode de L’Orpheline (1921) de Louis Feuillade avec la star du muet Sandra Milowanoff et Les Trois Mousquetaires d’Henri Diamant-Berger (11e épisode ).

La presse populaire constituait pour le cinéma un relais précieux : lorsque le film sortait en salles, des journaux parisiens (dont Le Petit Parisien, Le Matin, Comoedia) mais aussi des quotidiens de province en publiaient simultanément les épisodes sous forme de  feuilleton. La Société des Cinéromans illustre parfaitement cette collaboration entre presse, producteurs, réalisateurs et auteurs  : ainsi Arthur Bernède, crée des personnages (Belphégor, Judex, Mandrin) qui font désormais partie de l’histoire du cinéma et de la littérature populaire. « Le rythme de sortie des films et des feuilletons correspondants est soutenu. Pendant la saison 1921-1922, il y a en permanence un film des Cinéromans en cours sur les écrans et le feuilleton correspondant dans la grande presse »( 1).
Le Petit Parisien publie ainsi, du mercredi 13 avril au 6 juillet 1921, les douze épisodes de L’Homme aux trois masques.

-

Petit Parisien 13 avril 1921 SITE-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma, Programmes anciens en février 2015


Le ciné-club, ou le plaisir partagé.

-

Entretien avec Fabienne Duszynski

-

Fabienne(1) copieEnseignante-chercheuse en cinéma à l’Université de Lille III, Fabienne Duszynski est,  depuis l’ouverture du cinéma, l’une des animatrices du ciné-club du Louxor. Avec intelligence et sensibilité, elle contribue à faire de ces séances des moments magiques de compréhension et d’émotion. D’Une place au soleil (George Stevens, 1951) à Lumière d’été (Jean Grémillon, 1942), elle a accompagné la projection de films aussi différents que L’Homme tranquille (John Ford, 1952), French Cancan (Jean Renoir, 1954), Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970), Touki Bouki (Djibril Diop Mambety, 1973), Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982), Les Voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941), Mais qui a tué Harry (Alfred Hitchcock, 1955), Deux filles au tapis (Robert Aldrich,1981), Lettre d’une inconnue (Max Ophuls, 1948) ou Partie de campagne (Jean Renoir, 1936). Nous avons voulu en savoir un peu plus, et prolonger le dialogue…

 

Un ciné-club : qu’est-ce pour vous ?

Je ne voudrais  pas me lancer dans l’histoire du ciné-club, qui évoque sans doute bien des souvenirs  pour beaucoup de monde. C’est peut-être simplement le mot d’introduction pour des séances autour d’un film. Pour moi, après la nécessité de le contextualiser et de le présenter, il ne s’agit pas de proposer une analyse du film, mais surtout de donner des pistes, de trouver une façon d’ouvrir le regard. À partir d’une ou plusieurs séances, je voudrais permettre aux spectateurs de se familiariser parfois avec un certain vocabulaire d’approche, de prolonger de manière plus active cette position déjà précieuse du simple spectateur. Oui, si à la fin d’une séance, j’ai le sentiment  d’avoir réussi à accompagner le film, à en prolonger le plaisir, sans que mon discours s’y substitue, c’est pour moi une bonne séance.

 

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en janvier 2015


La « Saturday Yann Fever » fait sa rentrée au Louxor

-

Rencontre avec Yann Delattre

-

Yann Delattre ne pouvait trouver meilleur nom pour son ciné-club que ce clin d’œil à cette Fièvre du samedi soir, emblématique du cinéma américain des années 70, période qui  le passionne et qu’il connaît sur le bout des doigts. Énormes succès comme Les Dents de la mer ou films restés plus confidentiels comme La Valse des Pantins de Scorsese, ce sont en effet ces films américains des années 70 à 90 que le public du Louxor peut (re)découvrir, un samedi par mois à 11heures.  Nous avons voulu en savoir davantage sur ce cinéphile à l’enthousiasme communicatif. Il nous parle ici des auteurs qui l’ont nourri, des critères qui orientent le choix des films projetés et de sa conviction qu’il n’y a nul antagonisme entre la « dissection » rigoureuse d’un film face au public et la magie du cinéma…

 

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

 

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en décembre 2014