Le site des Amis du Louxor

 

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM.

Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.

 

Publié dans Cinéma, Histoire du Louxor, Le chantier du Louxor en décembre 2013


Vous reprendrez bien un petit café ?

 

Histoire des ancêtres de la Brasserie Barbès

2, boulevard Barbès et 124/126, Boulevard de la Chapelle, 1860-2015

-

Barbès a retrouvé, en avril 2013, son cinéma de quartier, le Louxor. Avec l’ouverture de la Brasserie Barbès, il est maintenant en train de renouer avec la longue tradition des cafés, nombreux autrefois autour du carrefour et dans les rues avoisinantes. Dominique Delord, chercheuse en histoire culturelle, nous présente dans un article solidement documenté et richement illustré, l’ histoire des ancêtres de ce café « branché »,  inscrite dans l’évolution d’un quartier populaire, laborieux et longtemps déshérité. 

 

6 juin 2011 : incendie de Vano - 9 mai 2015 : Brasserie Barbès

6 juin 2011 : incendie de Vano – 2015 : Brasserie Barbès

-
La Brasserie Barbès vient de naître des cendres d’un immeuble (le magasin Vano) qui a brûlé en 2011 [cliquer sur l'image ci-dessus pour l'agrandir. NDLR]. L’emplacement a une longue histoire – plus de 150 ans. Café, brasserie, bal, café-concert, manufactures, imprimeries, commerces, lieu de vastes réunions politiques ou syndicales avec de grands noms du XIXe siècle… Pour un retour dans le passé, voici un café-gourmand historique…
Nous commencerons cette histoire vers 1860, quand Paris s’agrandit et annexe ses communes périphériques, dont celle de La Chapelle-Saint-Denis.

-

Les nouveaux Parisiens de 1860

-

La démolition du Mur des Fermiers Généraux en 1860, Henri Daumier

-

Depuis plusieurs années déjà, le carrefour autour de l’actuel métro Barbès-Rochechouart est en chantier. On démolit le très haut Mur des Fermiers généraux, vieille coupure entre Paris et les communes extérieures, et le boulevard de La Chapelle est maintenant un large espace (encore) vide. En 1855, l’ouverture de l’hôpital Lariboisière a mis fin à huit ans de travaux. Au sud, le boulevard de Magenta est enfin terminé, mais au nord, on va bientôt élargir le bas de la rue des Poissonniers pour en faire le boulevard d’Ornano (rebaptisé boulevard Barbès en 1882). L’industrialisation des alentours monte en puissance depuis une vingtaine d’années. À deux pas du carrefour, les centaines d’ouvriers de la Compagnie Générale des Omnibus et la myriade de ses sous-traitants assurent la fabrication, la circulation et la maintenance de près de 600 voitures et leurs 3200 chevaux. La Compagnie vient d’obtenir le monopole des transports de voyageurs et le tramway est pour bientôt. Les Chemins de Fer du Nord – voies ferrées, hangars, fabrication et entretien de matériel, continuent leur emprise tentaculaire. 1865 voit l’inauguration de la nouvelle Gare du Nord. Ouvriers et ouvrières du cuir, du bois, de la couture sont très nombreux, dans de grandes fabriques ou à domicile
Une telle activité économique provoque un grand afflux de main d’œuvre, qu’il faut donc loger, nourrir… et distraire.
L’emplacement de l’actuelle Brasserie Barbès recoupe plusieurs adresses du passé dont le « regroupement » a varié au fil du temps: une partie du 124, les 126 et 128 du boulevard de La Chapelle et le 2 du boulevard Barbès actuel.

-

Les parcelles au moment de l’annexion de La Chapelle –Cadastre révisé des communes annexées (1830-1850), Plan F dit « de la mairie ». Archives de Paris, CN 111

Les parcelles au moment de l’annexion de La Chapelle –Cadastre révisé des communes annexées (1830-1850), Plan F dit « de la mairie ». Archives de Paris, CN 111

 

-Le n° 126, boulevard de la Chapelle

-

Les deux petites parcelles du n°126 du boulevard de La Chapelle appartiennent à Anthéaume, marchand boucher tout en haut de la rue Saint-Denis. On peut penser que c’est pour lui un pied-à-terre utile, en raison de sa proximité avec l’énorme abattoir de Montmartre, avenue Trudaine. Anthéaume vendra bientôt la bicoque à Jean Laumonier, qui avait acheté les maisons du n° 128 et du 2 et 4 rue des Poissonniers (futur boulevard Barbès) en 1857. Ces dernières sont bien modestes : l’une a dix portes et fenêtres, l’autre, six (1). Toutes seront plus tard reconstruites, les enfants Laumonier en restant propriétaires jusqu’à la fin du siècle.
Au n°126, au moment de l’annexion de la commune La Chapelle-Saint-Denis, en 1860, Laumonier tient déjà un café-restaurant au rez-de-chaussée, avec les billards de rigueur. À l’étage se trouve un bal baptisé le Grand Salon (reprenant sans doute le nom d’un autre bal du même nom, boulevard de Clichy), nom si répandu qu’on précisera ensuite : Grand Salon Poissonnière. Laumonier, fils d’un vigneron de l’Yonne, 56 ans, avait débuté comme garçon chez un marchand de vins du Marais ; mais dans l’élégante rue Royale, il était récemment patron de son propre café. Ce professionnel du « débit de boisson » est donc de ces commerçants ou industriels avisés qui ont compris que s’installer dans un quartier en expansion, si proche de Paris, pouvait être une bonne affaire.

Lire la suite »

Publié dans Quartier Barbès en mai 2015


Le Louxor a fêté son deuxième anniversaire

-

Plus de 500 000 spectateurs en deux ans…

 

Le 17 avril 2015,  deux ans jours pour jour après l’inauguration du cinéma restauré, le Louxor a fêté en beauté son deuxième anniversaire avec un ciné-concert d’une qualité exceptionnelle : L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov, projeté dans une superbe version restaurée par Lobster Films, et accompagné par Serge Bromberg dont nous avons déjà salué le talent de pianiste à l’occasion du ciné-concert du 15 mars dernier.

Le succès de ces premiers ciné-concerts est venu confirmer qu’un public varié et curieux a décidément trouvé le chemin du Louxor. La programmation très diversifiée proposée par Emmanuel Papillon et le dynamisme de son équipe ont attiré et fidélisé un large éventail de spectateurs de tous âges : séances pour les jeunes (rendons ici hommage à Stéphanie Hanna pour les liens qu’elle a su tisser avec de nombreux établissement scolaires et centres de loisirs), ciné-clubs pour les amoureux du patrimoine, avant-premières ou projections spéciales en présence de réalisateurs ou d’acteurs, large ouverture aux cinémas du monde, et bien entendu, projections régulières des films sortis en exclusivité, tous ces efforts ont porté leurs fruits, comme en témoignent les excellents chiffres de fréquentation enregistrés depuis son ouverture le 17 avril 2013.

Et nous savons aussi qu’outre la qualité de la programmation, ce sont aussi la beauté et l’originalité du lieu qui attirent au Louxor de nombreux spectateurs.

La Mairie de Paris a salué l’événement en publiant le communiqué suivant :

 

Communiqué du 21 avril 2015

Communiqué du 21 avril 2015

 

Tous ceux qui, comme nous, ont milité pour le sauvetage de cette salle de quartier mais aussi tous les cinéphiles, ne peuvent que se réjouir de cette  réussite et souhaitent un très bon anniversaire à l’équipe de Ciné-Louxor…

Pour connaître les films à l’affiche et suivre les nombreux événements proposés par le Louxor, rendez-vous sur le site du cinéma.

Publié dans Cinéma en avril 2015


Le cinéma muet est de retour sur l’écran du Louxor…

-
Affluence des grands jours pour le premier Ciné Concert

-
Dimanche 15 à 11 heures, dans la salle Youssef Chahine pleine à craquer, grands et petits étaient venus retrouver ce qui fit autrefois les beaux jours du Louxor : le cinéma muet. Et ils le redécouvraient, qui plus est, projeté sur l’écran « historique » de 1921, habituellement dissimulé derrière le grand écran escamotable.

-

15 mars 2015 - Avant la séance

L’écran historique du Louxor, 15 mars 2015, avant la séance

-

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

-

Mais loin d’être gêné, ou dérouté, par ce « petit » écran de 6 mètres de large sur 4,50 de haut, le spectateur de 2015 a l’impression d’entrer dans l’image avec la même facilité que lors de projections classiques. En effet, comme l’a rappelé Emmanuel Papillon, les films muets étaient tournés en format d’image 4:3, proportions exactes de l’écran « historique » du Louxor, donc parfait pour la projection de films muets. Nous retrouvons ainsi, a-t-il ajouté, le véritable « angle de vision de nos ancêtres ».

-

Pendant la projection de l’Émigrant de Charlie Chaplin

Pendant la projection de L’Émigrant de Charlie Chaplin

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en mars 2015


Le sauvetage du cinéma Empress à Monréal :

-
Le parcours du combattant  touche à sa fin…

-
Situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (5560, rue Sherbrooke Ouest), le Théâtre Empress de Montréal, a été construit en 1927 par l’architecte Alcide Chaussé dans le style néo égyptien. Inauguré le 19 mai 1928, avec un programme mêlant cinéma (Wild Geese de Phil Goldstone avec Belle Bennett), attractions et vaudeville, il a connu, dès la fin des années 30, bien des vicissitudes. On peut découvrir son histoire mouvementée ainsi que de belles photos sur le site du Centre culturel Empress.
Contrairement au Louxor, il ne reste malheureusement plus grand chose de l’intérieur du bâtiment et de ses décors égyptisants. D’abord défiguré à partir de 1962 par des restructurations successives, le lieu fut ravagé par un incendie en 1992 (consulter cet article). Mais sa façade richement décorée est intacte et a été partiellement restaurée.

-

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

-

Les passionnés qui se mobilisent depuis des années pour que l’Empress devienne un lieu culturel ouvert sur le quartier ont désormais bon espoir. À la suite de l’appel à projets lancé en 2012 par la ville de Montréal, propriétaire du lieu, le groupe « Cinéma NDG » (organisme à but non lucratif ) a été retenu par le comité de sélection et le conseil d’arrondissement Notre-Dame de-Grâce. Le projet intègre 4 salles de cinéma, un lieu d’exposition, un café et espace-conférence, un restaurant et des espaces commerciaux. Notons qu’en l’occurrence, c’est au porteur du projet de présenter le montage financier permettant la réhabilitation du bâtiment. La proposition financière est ici de 12 millions de dollars pour les travaux de rénovation du bâtiment patrimonial.
Depuis la sélection de 2012, on avance… Le financement s’avère, certes, laborieux, et le groupe « Cinéma NDG » a dû obtenir du conseil d’arrondissement Notre Dame de Grâce un délai supplémentaire d’un an pour compléter le montage financier de son projet. Mais la proposition a été votée à l’unanimité par les élus le 7 octobre 2014 « devant le progrès et la solidité du financement déjà obtenu par le groupe ».
À suivre, donc…

Nous souhaitons bon courage aux défenseurs tenaces de ce projet et continuerons à donner de leurs nouvelles !

-

Annie Musitelli  ©Les Amis du Louxor

Publié dans Cinéma en mars 2015


Vernissage de l’exposition « Fiction – Un regard sur le Louxor »

-

Jeudi 5 mars 2015, le salon du Louxor accueillait le vernissage de l’exposition de photographies de Judith Bormand, « Fiction – Un regard sur le Louxor ».

-

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, entouré de membres de son équipe, a accueilli  dans une ambiance très amicale les nombreux visiteurs venus découvrir le travail effectué sur les lieux par Judith Bormand pendant plusieurs semaines et dont elle nous parlé dans l’entretien qu’elle nous a récemment accordé. En quelques mots chaleureux, il a rappelé la démarche de la photographe et loué l’originalité et la qualité de ses photographies – de ces « fragments » qui parviennent à restituer de manière étonnante l’atmosphère du Louxor.

-

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en mars 2015


« FICTION – Un regard sur le Louxor »

-
Exposition de photographies de Judith Bormand
Au Louxor – Palais du Cinéma,  du 4 mars au 19 mai 2015

-

Rencontre avec la photographe Judith Bormand

-
Licenciée en Histoire de l’art et diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière en photographie, Judith Bormand a exposé dans le cadre du Mois de la Photo à Paris en 2008, aux Rencontres d’Arles en 2009, aux Rencontres Photographiques du 10e à Paris en 2011.
Du 4 mars au 19 mai 2015, une exposition des photographies qu’elle a réalisées au Louxor va se tenir dans l’espace d’exposition du cinéma. Nous remercions Judith Bormand de nous avoir accordé cet entretien.

 JBormand_Portrait2 copie

-

Pourquoi avez-vous souhaité faire un travail photographique sur le Louxor ?
À l’origine, il s’agissait de poursuivre un projet que j’avais entrepris sur le thème des espaces réhabilités. J’avais déjà photographié le Cent Quatre et je souhaitais ensuite faire des images du Louxor, qui venait lui aussi d’être rénové et de rouvrir. J’ai donc demandé (et obtenu) l’autorisation de mener ce travail photographique sur l’intérieur du lieu, mais du lieu vide.
Au départ, qu’est-ce qui vous intéressait dans le Louxor ?
D’abord l’extérieur du bâtiment, bien sûr, que je connaissais lorsque le cinéma était encore fermé et qui m’intriguait. Avec son style Art Déco, c’est un vrai monument du carrefour Barbès. Ensuite, les décors égyptiens, même si ce n’est pas là-dessus que j’insiste dans mes photographies. La salle Youssef Chahine, bien sûr, mais j’aime aussi beaucoup les nouvelles salles du sous-sol, leur atmosphère. Je les trouve vraiment très réussies. On pourrait s’imaginer 50 ans en arrière, on pourrait presque penser qu’elles étaient là à l’origine, notamment la petite salle 3. C’est d’ailleurs ce que j’ai cru en y voyant un film pour la première fois, avant de m’intéresser de plus près à l’histoire du Louxor.
Vous n’aviez pas vu l’intérieur du Louxor avant sa réhabilitation ?  
Non, ni avant, ni pendant le chantier. Je le regrette, d’ailleurs, car je fais aussi des photos de chantiers mais j’étais alors prise par d’autres projets.
Le travail dans le Louxor s’est fait en deux temps. J’ai d’abord fait des prises de vues argentiques, à la chambre, des vues centrées, frontales et larges des salles notamment, peut-être un peu plus « classiques » et plus propres à la photographie d’architecture que celles qui figureront finalement dans l’exposition.
Car ensuite le projet a évolué : j’avais aussi en tête une autre idée, celle de travailler sur la salle de cinéma en tant que sujet et non plus d’un point de vue plus spécifiquement architectural. Et à cet égard, je trouvais l’espace du Louxor vraiment intéressant. De même que son fonctionnement de cinéma indépendant, différent des complexes. J’étais curieuse de le découvrir, bien que cette série ne parle pas de la vie du lieu. Cela valait la peine d’y passer plus de temps. Mon travail s’est donc étalé sur un peu plus de deux mois, de fin octobre à début janvier.
Comment avez-vous organisé votre travail dans un cinéma en pleine activité ?  
Je venais souvent pour de courtes durées, soit entre les séances, soit avant les séances, c’est-à-dire le matin à partir de 8h 30, 9 heures, avant l’arrivée du public scolaire. Et par la suite, je venais plutôt entre 11 et 13 heures, après les séances pour les scolaires et avant celles de l’après-midi.
Vous semblez opposer deux phases de votre travail qui correspondraient à deux types de projets différents : les « photos d’architecture » et les photos de salles de cinéma… Pouvez-vous nous expliquer cette distinction ? 
En fait je ne veux pas les opposer. Il s’agit bien de deux projets différents et consécutifs.
Le projet initial, qui portait sur le lieu réhabilité, a été terminé assez rapidement. S’il se rapproche plus d’une photographie d’architecture « classique », il reste cependant un regard personnel sur l’espace, avec des vues frontales prises depuis un axe, puis son opposé, afin de donner deux points de vue principaux et dans la lignée d’un style documentaire.
Mais sa prolongation m’a permis d’encore mieux connaître le lieu, de m’en imprégner. Et un deuxième projet a pris forme. C’est devenu surtout un travail autour de fragments du lieu et de ces éléments caractéristiques de la salle de cinéma auxquels on ne prête pas attention. Enfin un travail autour de l’atmosphère qui se dégageait de ces salles vides dans lesquelles je déambulais. Mon choix a été de montrer le lieu de manière parcellaire, de reconstruire un espace. J’ai privilégié des détails que je trouvais caractéristiques de ce qu’évoque pour moi le cinéma : les rangées de sièges, le velours, le rideau, les moquettes, les faux marbres de la grande salle, une des portes de sortie, en somme des éléments qui ramènent au cinéma – ou plus largement au spectacle. Ainsi que des éléments spécifiques au Louxor lui-même. L’ensemble s’éloignant du document pour frôler l’onirique.

-

JBormand_141125_Louxor_5612

-

Lire la suite »

Publié dans Cinéma en février 2015