Le site des Amis du Louxor

Mis en avant

Ce site est le résultat des recherches menées par des membres de l’association (Jean-Marcel Humbert, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli, Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy) sur l’histoire du Louxor et de sa programmation. Par ailleurs, nous avons suivi, grâce aux visites de chantier et aux rencontres avec les divers intervenants (architectes, décorateurs, acousticiens, mosaïstes, etc.) toutes les étapes de la réhabilitation du bâtiment, depuis la présentation du projet par l’architecte Philippe Pumain en novembre 2008 jusqu’à l’inauguration du 17 avril 2013 (rubrique Le chantier du Louxor). Ce site constitue donc une base de données documentaire sur ce cinéma historique et son sauvetage. Depuis l’ouverture de la salle, les Amis du Louxor, spectateurs fidèles de leur cinéma favori, continuent à se faire l’écho de son actualité.
Un ouvrage collectif, Le Louxor-Palais du cinéma, par les Amis du Louxor et l’architecte Philippe Pumain, a été publié en juin 2013 par les éditions AAM (photo ci-contre).

Les attractions de l’entracte au Louxor pendant les années 20

Que peuvent avoir en commun Mardrus, « merveilleux phénomène de la tête sans corps », Mikasa Chokichi, « jongleurs fantaisistes japonais », René de Buxeuil, « le chansonnier aveugle », Mac Norton, « l’homme aquarium », et les chanteuses Eugénie Buffet, le ténor Vorelli ou le comique Ouvrard ? Tous sont montés sur la scène du Louxor pendant les soirées du cinéma muet, rythmées par les prestations musicales de l’orchestre et des numéros de variétés (1). Signe de l’intérêt des spectateurs pour ces bien nommées « attractions », elles sont mentionnées régulièrement dans l’hebdomadaire La Semaine à Paris (ancêtre de notre Officiel des spectacles) qui précise même souvent le genre de numéro programmé et/ou le nom de l’artiste.
Le Louxor, intégré au circuit Lutetia Fournier en 1922 puis repris en 1929 par Pathé à l’avènement du parlant (voir notre chronologie), était une salle assez renommée pour que des projections spéciales y soient organisées et que des artistes confirmés s’y produisent. « Les « Fournier » (Louxor, Lyon-Palace, Ciné Saint-Marcel, Lutetia-Wagram, etc.), 35 salles environ dans Paris, sont des merveilles de goût, de confort. Leurs orchestres sont parfaits, leurs films de premier ordre ». s’enthousiasmait un chroniqueur du journal Le Rappel (8 mars 1927). Cependant, la longue liste des attractions du Louxor (jointe à la fin de cet article) montre que ces numéros étaient aussi assurés par « les obscurs, les sans grade », ceux dont le nom figurait rarement, ou jamais, en haut de l’affiche des music-halls et qui devaient certainement courir le cachet d’une salle à l’autre pour joindre les deux bouts (2).
Les artistes les plus connus cités dans le cadre de cet article font l’objet de notices ou d’articles sur des sites spécialisés très bien documentés (3) et dans des ouvrages auxquels nous renvoyons donc les amateurs de variétés des années 20 par des notes et des liens qui permettent aussi de retrouver un grand nombre d’enregistrements.

Au Louxor semaine du 8 avril 1927 (photo collection Ch. Leroy)
« Pour la 2e fois au Louxor, à notre sympathique chef d’orchestre, toutes nos amitiés »

Chant (chanteurs et chanteuses « de genre » ou « à voix » , voire « à grande voix » ou « divettes »), danse, acrobaties, « diseurs », imitateurs, ventriloques – les attractions changeaient toutes les semaines et il y en avait pour tous les goûts. Les photos dédicacées par des artistes au chef d’orchestre du Louxor Marius Kowalski, témoignent de cette diversité mais aussi des liens qui se tissaient avec les musiciens des orchestres de cinéma.

Kanui et Lula (photos collection Ch. Leroy)

Les chanteurs et danseurs hawaïens, Kanui  et Lula (4), qui dédicacent leurs photos  à « Monsieur Kowalski, notre charmant chef d’orchestre, en souvenir de notre passage au Louxor », formaient un duo qui se produisait avec succès dans plusieurs pays européens dans les années 20 et 30. Très présents à Paris, Kanui et Lula passaient de salle en salle : les programmes signalent leur numéro dans divers music-halls, notamment à l’Olympia : ainsi en mai 1923 pour la rentrée de « l’illustre chanteur comique Fortugé » ou en  janvier 1927 et novembre 1928, ou encore pour plusieurs semaines au Cirque d’hiver en mai 1929. Ils assurent en même temps les attractions dans des cinémas parisiens, comme au Louxor en 1923 ; en 1927, ils enchaînent les cinémas Convention, Lyon Palace, ou Select.
Plus inattendu : un de leurs « tubes » enregistré à Paris pour les disques Odéon le 21 juin 1933, Oua Oua, a été utilisé dans une pub pour Vittel en 2009 ! On peut l’écouter ici.  

Max Rogé (photo collection Ch. Leroy)

Artiste de variété au talent reconnu, Max Rogé est passé au moins à six reprises au Louxor, entre 1922 et 1927(5). Annoncé dans les programmes comme « fin diseur », « diseur fantaisiste », mais aussi chanteur, il se produisait dans des lieux divers, dont l’Empire. Il avait une jolie voix d’opérette qui lui valut de faire de nombreux enregistrements que l’on peut retrouver avec plaisir sur Internet, entre autres, un des succès de cette période 1926-27, Allez-y de Vincent Scotto (disque gramophone K.5058, 1927). À redécouvrir aussi, cette curiosité du début du parlant : Au bout du film (« Vraiment j’adore le cinéma parlant », disque Pathé 1932), joyeux pot-pourri qui s’amuse à égrener le nom des vedettes de cinéma sur des airs de chansons à succès de films bien connus du public. Ce petit sketch avec orchestre permet d’imaginer sans peine ce que pouvaient être ces numéros de « chanteur diseur ».

La chanteuse réaliste Eugénie Buffet (1866-1934), immortalisée par le peintre Léopold Stevens sur ses affiches, était une vedette. Nul doute que le public des cinémas populaires connaissait ses immenses succès – À Saint Lazare d’Aristide Bruant, chanson créée par l’auteur en 1887, reprise par Eugénie Buffet en 1892 (« C’est de la prison que j’t’écris /Mon pauvr’ Polyte… »), La Paimpolaise, la Sérénade du pavé (« Sois bonne, oh ! ma belle inconnue / Pour qui j’ai si souvent chanté … ») que l’on peut aussi entendre dans deux films de Jean Renoir, chantée par un chanteur des rues dans La Chienne (1931) et magnifiquement interprétée par Edith Piaf (dans le rôle d’Eugénie Buffet) dans French Cancan (1955). Chanteuse, elle fut aussi actrice dans La Joueuse d’orgue de Charles Burguet en 1925 et, en 1927, dans Napoléon d’Abel Gance.
Elle publia ses mémoires (Ma vie, mes amours, mes aventures, confidences recueillies par Maurice Hamel, E. Figuière, Paris, 1930), le récit plus ou moins romancé de « vie de vedette » — qui paraissait parfois sous forme de fascicules séparés, comme les feuilletons —, étant à cette époque, prisé du public (6).

Les mémoires d’Eugénie Buffet, à consulter sur le site www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net

Dans un autre style, la chanteuse La Regia (Renée Lejeune,1901-1981), « la fantaisiste en smoking » (qui reprit la chanson La Garçonne créée par Georgel en 1922) était, comme Max Rogé, une fidèle du Louxor où elle se produisit au moins cinq fois entre 1925 et 1928 (7).

La Regia, dédicace de 1927 (photo collection Ch. Leroy)

Le ténor Georges Vorelli (1883-1932) passe au Louxor en octobre 1923 alors qu’il a déjà une solide réputation : dès 1912 il se produit par exemple à l’Eldorado  où « l’art et le charme de son interprétation » sont déjà salués par le critique du Journal (21 janvier 1912).

Le Journal, 21 janvier 1912

Sa carrière se poursuit pendant les années 20 : « La jolie chanson française est acclamée chaque soir à l’Alhambra par la voix de Vorelli, l’incomparable créateur des succès à la mode ; il faut l’entendre notamment dans Monsieur Soleil, son grand succès actuel. » (Le Journal du 31 mai 1922). Les critiques des pages music-hall des journaux (8) louent ce ténor « auquel les plus subtils secrets des valses et des romances sentimentales sont familiers » (L’Intransigeant, 14 septembre 1920). Son passage au Louxor fait d’ailleurs l’objet d’un entrefilet dans Le Journal du 16 octobre 1923 :
Vorelli enregistre pour Pathé dès 1926 et – couronnement de son succès – ouvre en 1927 un « cabaret mondain ».

Le  Journal, 30 septembre 1927 et 12 octobre 1927

Cette belle carrière est brisée par sa mort en 1932. C’est Marius Kowalski qui dirigea l’orchestre au cours du gala organisé en hommage au chanteur à Bobino le 11 mars 1933. On peut retrouver la voix de Vorelli dans certains de ses succès, délicieusement démodés, comme Marcheta ou Pluie de roses (valse boston)…

Autre célébrité, Gaston Rieffler, plus souvent nommé Rieffler (1880-1959), qui passe au Louxor à cinq reprises de 1923 à 1927 (9), avait plus d’une corde à son arc. Les programmes du Louxor l’annoncent comme « comédien lyrique » mais il était aussi acteur, « diseur », fantaisiste.

Rien d’étonnant à une époque où les artistes passent aisément du cinéma à la variété. Acteur connu, par exemple pour ses rôles dans Le Quinzième Prélude de Chopin (1922) de Victor Tourjansky, ou Être ou ne pas être (1922) de René Leprince, il a droit à un portrait élogieux dans Cinémagazine du 15 juin 1923. Le critique y salue les « merveilleux dons de chanteur » de Rieffler qui « charma de sa voix pure et grave les adversaires les plus acharnés de l’intermède au cinéma ». Il félicite par conséquent les directeurs de cinémas de telles initiatives qui permettent aux « excellents artistes de l’écran d’entretenir leur popularité auprès du public ». Rieffler, qui se produit aussi bien à l’Alhambra qu’à Bobino, fait partie, aux côtés du compositeur Georges Zucca, du peintre Marcel Prunier et du poète Maurice-J Champel, des quatre fondateurs du Groupe des Quatre qui « s’est donné pour programme l’étude et la défense de la bonne chanson française » (Le Siècle, 11 février 1924).

Affiche : BNF gallica.bnf.fr – à droite, photo de Camille Stefani, 1923 (collection Ch. Leroy)

Lorsque Camille Stefani (18 ?- 1936) passe au Louxor pendant la semaine du 16 février 1923, elle a derrière elle une longue carrière. Pendant les années 1890, elle chante au Casino de Paris (c’est l’époque où le grand affichiste Jules Chéret réalise plusieurs affiches pour son spectacle). Une notice de la BNF la présente comme « chanteuse équestre active dans les années 1900 ». Et on la retrouve en effet en habit d’amazone du Cirque Molier dans un numéro du Courrier Français de l’année 1892.

Camille Stefani en chanteuse équestre, dessin de Ferdinand Lunel (source : site de vente aux enchères)

Et tant d’autres artistes encore …
Parmi les vedettes qui honorèrent le Louxor de leur présence, nous découvrons aussi (semaine du 5 février 1926) la grande Fréhel (1891-1951) ;  puis, pendant la semaine du 18 novembre 1927, Mayol (1872-1941), déjà célèbre avant-guerre (Viens, Poupoule !), et qui avait acheté en 1910 le Concert Parisien rebaptisé Concert Mayol, ou encore le Marseillais Alibert (1889-1951), d’abord chanteur, puis fantaisiste, mais aussi acteur et librettiste, autre habitué du Louxor (10).

de gauche à droite et de haut en bas : Alibert, Suzanne Valroger, Ouvrard, Mayol, Armand Bernard, Paul Gesky (Sources : voir note 2.)

Le public du Louxor eu droit aussi à l’un des artistes de music-hall les plus populaires entre 1925 et 1935. (Gaston) Ouvrard (1890-1981), auteur-compositeur-interprète comique français (au Louxor les semaines du 2 juin 1922 et du 27 mars 1925) dont l’un des plus grands succès Je n’suis pas bien portant est passé à la postérité (repris par Jean-Pierre Bacri dans le film d’Alain Resnais On connaît la chanson) et que l’on retrouve dans l’interprétation d’ Ouvrard sur scène sur le site de l’INA.
Les Fratellini, dont on peut imaginer que la présence au Louxor en janvier 1927, alors qu’ils étaient déjà de grandes vedettes du cirque devaient attirer les foules, avaient à cette date quitté le Cirque Medrano pour le Cirque d’Hiver (avant de s’installer en 1930 sous leur propre chapiteau).

Le trio Fratellini en 1932. Source Wikipedia (Bundesarchiv_Bild_102-00421A)

On pourrait citer aussi la chanteuse Suzy Valroger, plusieurs fois invitée (11), mais aussi Paule Dorian dite Doriane, déjà évoquée sur ce site dans la présentation d’un programme de 1923, ou encore l’énigmatique Betove, « compositeur à deux visages », « âme profonde et tourmentée » mais aussi « pitre prodigieux » (Le Petit Parisien, 18 décembre 1926) : derrière l’humoriste de cabaret, se cachait un « musicien grave et inspiré » (voir l’écho ci-dessous), de son vrai nom Michel-Maurice Lévy, compositeur d’œuvres classiques et de musiques de film.

Les Annales politiques et littéraires, 26 décembre 1926

Mais, comme le notait encore le critique musical du Petit Parisien, « si Betove bouffonne devant le public, c’est parce qu’on gagne plus facilement son pain en divertissant son prochain. De sorte que si Betove doit sa virtuosité à Michel-Maurice Levy, Michel-Maurice Lévy doit à Betove de n’être pas mort de faim ». (ici deux articles : « Qui est Betove ? » et « Du music-hall à l’Opéra-Comique »)

Tours de chant
Le Louxor accueillait aussi des tours de chants dont on trouve des échos dans la presse : l’Intransigeant (20 décembre 1927) annonce par exemple la présence, le samedi 24 décembre, de la chanteuse Yvette Guilbert – dont le personnage (longs gants noirs, chevelure rousse) inspira le peintre Toulouse-Lautrec (12) et qui, comme Camille Stéfani, publia ses mémoires en 1927.
En mars 1929, c’est le tour de la chanteuse Yvonne Leduc (avant le Casino de Biarritz, Bobino et l’Olympia, sélection flatteuse pour le Louxor). Peu, sans doute, aujourd’hui connaissent ce nom.  Mais pour le critique musical de Paris Soir (12 février 1927), Yvonne Leduc, qui tient alors un rôle important dans la revue Paris à l’œil au cabaret L’Œil de Paris, « se classe définitivement comme vedette de cabaret. Cette petite femme fraîche et souriante, à la physionomie spirituelle, aux yeux pétillants de malice, aux gestes harmonieux, à la diction nette, à la voix claire et qui porte, interpréta à la perfection un sketch remarquable (peut-être le meilleur de la revue) sur la nouvelle Ecole des Cocottes, c’est à dire L’Ecole des Poules. »

A. Bernard L’Intransigeant (21 fév.1930) –  Y. Leduc Paris Soir, 4 mars 1929 – Y. Guilbert L’Intransigeant,  20 déc.1927

Armand Bernard, dont le tour de chant débute au Louxor le 21 février 1930, est un autre exemple d’artiste à multiples facettes. Il fait une belle carrière d’acteur dès les années 20 en tournant avec les grands réalisateurs du muet, notamment Henri Diamant Berger et Raymond Bernard (Vingt ans après, Le Miracle des loups). Puis le cinéma parlant lui permettra de déployer aussi ses talents de chanteur et compositeur (il composera et dirigera de nombreuses musiques de films tout en continuant sa carrière d’acteur et chanteur).

Les inconnus
Mais parmi les artistes présents dans les archives de la famille de Marius Kowalski ou simplement cités dans les programmes, combien de noms inconnus ! Qui était Guivel, diseur, présent au moins à trois reprises au Louxor (en 1922, 1926, et 1928) ?

Guivel, photo collection Ch. Leroy

Ou Bervyl, qui dédicace une partition à « l’excellent chef d’orchestre du Louxor, en tout sympathie » et dont on sait au moins qu’il partagea l’affiche à l’Olympia en mars 1925 avec  Max Rogé et Alibert ?  

Archives de Marius Kowalski (collection Ch. Leroy)

Et qui se souvient de Fauvette « la charmante divette » « applaudie dans tous les music-halls » ?  

écho paru dans Le Matin, 6 juin 1926

Et cet orchestre féminin – digne de Certains l’aiment chaud – dont nous n’avons trouvé aucune trace dans les programmes bien que la dédicace évoque le « souvenir de notre vieille amitié du Louxor » ?

Photo collection Ch. Leroy

À partir de 1929, les attractions ne figurent plus dans les programmes des cinémas. Dès lors que le cinéma parlant s’impose, leur survie, ou du moins leur intérêt pour le spectateur, ainsi que le maintien des orchestres de cinéma, vont être remis en cause. D’autant que l’on chante beaucoup au cinéma, qui s’empare de l’opérette mais aussi – les films de Jean Renoir cités plus haut en étaient l’exemple – des chansons populaires (13). Au Louxor, équipé pour le parlant par Pathé dès 1930, les films « chantés et parlés », français mais aussi étrangers, sont immédiatement programmés (14). Les salles de quartier doivent aussi faire face à la concurrence des grandes scènes de music-hall avec leurs revues, leurs costumes chatoyants, et leurs orchestres. Les attractions (sauf dans des salles à gros moyens comme le prestigieux Gaumont de la Place Clichy) risquent vite d’apparaître comme « le music-hall du pauvre »… Pourtant elles vont subsister, tant bien que mal, jusque dans les années 50, au moins pendant certaines séances. Elles étaient en tout cas encore présentes au Louxor à cette époque et ont même laissé un souvenir vivace à certains spectateurs, comme cette habitante du XVIIIe arrondissement qui nous écrivait en 2002 pour évoquer le Louxor de sa jeunesse : « Je me souviens de la salle avec son rideau rouge, ses attractions, ses entractes avec la vente de pochettes-surprises sur lesquelles étaient fixées des photos de stars en noir et blanc » (15)…

Pour clore cette évocation, nous ajoutons ces quelques photos d’artistes de variété puisées dans les archives de Marius Kowalski :

Gina et Siciliano « de l’Opéra comique et de l’Empire »

Gina et Siciliano (photo collection Ch. Leroy)

La troupe Max

La troupe des Lilliputiens Katia du Casino de Paris

Annie Musitelli © Lesamisdulouxor.fr

Nous remercions Christophe Leroy, petit-neveu du chef d’orchestre Marius Kowalski, de nous avoir permis d’utiliser ses archives.

Liste des attractions du Louxor (Sources : programmes des cinémas publiés dans La Semaine à Paris, Comoedia, Paris Soir )

Notes
1- Voir aussi nos articles Une soirée au Louxor en 1923, Au temps du muet I, II et III
2- Dominique Delord, chercheuse en histoire culturelle, nous a confirmé qu’à part le jour de repos hebdomadaire et quelques débuts de réglementation en matière d’hygiène et de sécurité, il n’y avait pas de réglementation en matière salariale, les artistes du spectacle étaient payés au cachet, de gré à gré. Par usage, on était payé à la journée, la semaine, la saison… Par la suite, les syndicats parvinrent à mieux faire encadrer les pratiques, mais pendant la période qui nous intéresse, les années 20, c’était – pour reprendre sa formule – « au petit bonheur la chance » !  
3- Sites de référence :
Du temps des cerises aux feuilles mortes : La chanson française de la fin du Second Empire aux années 50.  (fiches biographiques, bibliographies, enregistrements, etc.)
Encyclopédie multimédia de la comédie musicale et théâtrale en France (1918-1944) : fiches, coupures de presses, programmes, documents sonores et vidéos.
Musique de Film 1928/1945 : Navigation facile à partir des index par Films/Interprètes/ Années/ Curiosités & Inclassables
4- William Kanui, né le 29 décembre 1890 à Honolulu, a fait sa carrière en Europe. Il arrive à Paris en 1913 où il se produit au Luna Park de la porte Maillot fin 1913. Il part ensuite pour l’Angleterre où il passe 4 ans, parfois accompagné du guitariste Joseph K. Nahale. Le groupe s’appelle d’abord The Hawaiians and Miss Leilani. Mais c’est surtout le duo Kanu and Lula qui est resté célèbre. Ils se produisirent dans toute l’Europe jusqu’au milieu des années trente et enregistrèrent, notamment à Berlin (pour le label Star Records) en mars 1922 puis en France pour Odeon et Parlophone.  
Consulter le site (en anglais) : Aloha Dream pages 4 -6
5- Max Rogé : semaines du 30 juin 1922, 15 décembre 1922, 12 décembre 1924, 30 avril 1926, 15 avril 1927, 19-25 août 1927
Enregistrements de Max Rogé   
6- Voir l’article : Marie-Eve Thérenty, « Le récit de vie de vedette, L’invention d’un genre : Rigolboche, Thérésa, Paulus », revue Belphégor (mis en ligne le 07 juillet 2013)
7- La Regia : semaines du 4 septembre 1925, 1er avril 1927, 10 février 1928, 4 mai 1928
Enregistrements de La Régia Les Conscrits de la Loire 1949, Ne pleure pas, Jeannette
8- On peut consulter en ligne de nombreuses publications (Le Journal, L’Intransigeant, Paris Soir, Le Petit Parisien, Comoedia, etc.) sur le site de la BNF gallica.bnf.fr
9- Rieffler : semaines du 26 octobre 1923, 7 mars 1924, 21 novembre 1924, 25 septembre 1925, 4 novembre 1927
10- Alibert : semaines du 28 juillet 1922 ; 5 janvier 1923 ; 24 février 1928 ; 2 mars 1928
11- Suzanne ou Suzy Valroger : semaines du 19 janvier 1923, 9 mars 1923, 15 janvier 1926, 11 novembre 1927
12- voir le site Musées Midi Pyrénées  
13- Ainsi La Chanson de Paris, film américain avec Maurice Chevalier, sort dès l’été 1929. Ne pas confondre avec le film français Chansons de Paris (1934) de Jacques de Baroncelli. avec Georges Thill, Armand Bernard, Louisa de Mornand
14- Quelques films « parlés et chantés »programmés au Louxor dès l’avènement du parlant : 20 juin 1930, Parade d’amour (The Love Parade, 1929, Etats-Unis) d’Ernst Lubitsch avec Maurice Chevalier et Jeannette Macdonald ; 10 octobre 1930, Le Vagabond roi (1930, Etats-Unis) de Ludwig Berger avec Dennis King et Jeannette MacDonald ; 7 novembre 1930, L’Arlésienne (1930), film « parlé et chanté en français » de Jacques de Baroncelli avec Blanche Montel, Charles Vanel, Germaine Dermoz ; 8 avril 1932, Il est charmant (1932), opérette filmée de Louis Mercanton d’après Albert Willemetz avec Meg Lemonnier, Henri Garat ; 15 avril 1932, La Chauve-Souris (1932, France/Allemagne), comédie musicale de Pierre Billon et Carl Lamac avec Marcel Carpentier, Marcelle Denya (Musique de Johann Strauss) ; 30 septembre 1932, Paris Méditerranée ou Deux dans une voiture (1932) de Joe May avec Jean Murat, Annabella (Chansons : La Valse câline ; Jolis songes roses ; Dans tes mains blanches, tango chanté) ; 11 novembre 1932,  Enlevez-moi (1932) opérette de Léonce Perret, musique de Gaston Gabaroche, avec Roger Treville, Jacqueline Francell, Arletty
15- extrait d’une lettre publiée dans le journal d’Action Barbès, Barbès Informations n°6, Printemps 2003.

 

 

 

Projections spéciales au Louxor (1922, 1931, 1933)

Lorsqu’Emmanuel Papillon organise ses nombreuses « soirées spéciales » dans le nouveau Louxor (avant-premières, rencontres avec des acteurs ou réalisateurs, etc.), il renoue avec la tradition … Si ce genre d’événements ne se retrouve pas dans les programmes officiels (notamment La Semaine à Paris), on tombe cependant par hasard, dans la presse, sur quelques mentions de ces projections spéciales.

Invitation de vedette :

L’Intransigeant du 14 février 1922 apprend à ses lecteurs que « l’enfant star » Régine Dumien était au Louxor ce même jour à l’occasion de la programmation du film Petit Ange (1920) de Luitz-Morat et Pierre Régnier dans lequel elle tient un des rôles principaux. Mais ce soir-là au Louxor, la jeune vedette ne venait pas accompagner son film, elle faisait la quête au profit des Petits Lits Blancs…

L’Intransigeant, 14 février 1922

Le film s’y prêtait et la jeune Régine était un « Petit-Ange » très médiatique…Cette toute jeune actrice, devenue la coqueluche des journalistes, qui lui consacrent un nombre d’articles dignes de la presse « people » d’aujourd’hui et rivalisent de mièvrerie, était régulièrement mise à contribution pour des opérations de bienfaisance (« Régine Dumien ayant eu la scarlatine, a pensé aux enfants de son âge qui sont aussi malades et peuvent ne pas être aussi bien soignés qu’elle. Alors, pour eux, elle a brisé sa tirelire et a envoyé les 70 francs qu’elle contenait pour les Petits Lits Blancs. Merci à « Petit-Ange ». » L’Intransigeant, 15 mars 1921) « A quoi pense une artiste de 5 ans ? » s’interrogeait déjà ce même journal le 27 janvier 1921. Sa présence au Louxor n’était donc pas anodine. 

Le Petit Parisien, 29 juillet 1923

Cet engouement médiatique continua (voir quelques articles).  Si les Américains avaient le jeune Jackie Coogan, la France, elle, avait « la petite Régine Dumien » ! A l’occasion de la visite de l’enfant star américain à Paris, elle fut chargée d’aller l’accueillir à la Gare du Nord, occasion en or de publier des photos de la vedette nationale en si bonne compagnie… L’année suivante, dans une mise en scène soigneusement préparée, c’était au tour de Tom Mix, la star des westerns d’être accueillie par Régine Dumien gare Saint-Lazare (le célèbre cheval Tony attendait son maître dans un van devant la gare !).

Projections spéciales

Pendant les années 30, Pathé organise également des soirées spéciales au Louxor, devenu le Louxor Pathé.  Non sans rapport avec l’événement précédent, le Louxor fit partie des cinémas choisis pour projeter le « film sonore » du Bal des Petits Lits Blancs tourné à l’Opéra, événement éminemment mondain, à l’intention des « milliers de Parisiens qui n’ont pas pu assister au merveilleux spectacle ». (L’Intransigeant, 1er mars 1930).

On trouve aussi mention (Paris Soir, 20 décembre 1931) d’une « projection surprise » du film de Carmine Gallone, Le Chant du Marin, qui a eu lieu le jeudi 17 décembre 1931. Surprise ? En effet il ne s’agissait pas d’une avant-première mais d’une projection destinée à tester les réactions des spectateurs venus assister au film de la semaine et qui ne s’attendaient pas à ce supplément de programme.

Affiche : site encyclo-ciné

À en juger par la critique, le test fut fort encourageant pour ce film dont la vedette, le très populaire Albert Préjean, interprète les chansons écrites par Serge Veber sur une musique de Georges Van Parys.

En mars 1933, La Dame de chez Maxim’s, film d’Alexandre Korda d’après la pièce de Feydeau, scénario d’Henri Jeanson, était projeté (Le Journal, 21 mars 1933) au Louxor en présence de Marcel Achard et Steve Passeur (lui aussi dramaturge et scénariste), avant même sa sortie officielle. Celle-ci était organisée le lendemain à Lyon pendant les journées lyonnaises du cinéma.

Affiche site Unifrance

Projection au Louxor (que le journaliste situe d’ailleurs « boulevard de Rochechouart » …) pleinement réussie puisque « L’amusante et savante reconstitution de la vie en 1900 fut très appréciée par tout le monde, et les producteurs et les éditeurs du film étaient ravis. »

Le Journal, 21 mars 1933

Ces quelques échos de la vie d’une salle de cinéma plus présente dans la presse des années 20 et 30 qu’on pourrait l’imaginer…

Salles de cinéma entre « Louxor » et « Luxor »

Des archives récemment redécouvertes, qui feront sur ce site l’objet d’articles à venir, montrent que le nom du « Louxor » qui nous est familier aurait fort bien pu être tout autre. L’architecte Cazalières qui réalise en mars 1919, avant Zipcy, les premiers plans connus du cinéma, les intitule « Cinéma Magenta » ou « Cinéma Bld Magenta ». L’année suivante, alors que le chantier commence et jusqu’en août 1920, figure également « Cinéma Silberberg », du nom du propriétaire. Noms de code ? Pourtant, le nom actuel était alors déjà fixé, puisqu’il figure sur la demande de permis de construire du 5 janvier 1920. Un nom qui va rester unique dans le monde, puisque partout ailleurs, c’est sa graphie en langue anglaise – Luxor – qui va l’emporter, au point que même Tintin et le capitaine Haddock fréquentent – par la magie d’un dessin d’Harry Edwood – un « Luxor » orthographié à l’anglaise tel qu’il l’était à Bruxelles.

Dessin d’Harry Edwood, d’après Hergé (DR)

Dessin d’Harry Edwood, d’après Hergé (DR)

Jusqu’à présent, l’origine du nom « Louxor » pour le cinéma de Barbès, et du choix de ce nom n’a pas encore été élucidée. Mais si l’on ignore qui l’a proposé et quelle en était la raison, on ne peut ignorer que les décors extérieurs et intérieurs de la salle sont directement liés à l’antiquité égyptienne et à un site archéologique prestigieux. La ville égyptienne de Louxor (ou Louqsor, ou encore Louksor), ne semble pas avoir tiré son nom de l’antiquité égyptienne, mais plutôt du mot arabe Al-‘Uqsur, El-Aksur ou Al-Kousour, qui voulait dire « le château ». Les avis divergent entre une forteresse romaine encore visible au VIIe siècle et alors ainsi nommée par les conquérants arabes, et tout simplement les ruines des temples antiques (« les châteaux »). Le nom est resté depuis, désignant à la fois une partie des temples antiques et la ville moderne. Rien à voir donc avec l’art cinématographique, mais le nom était suffisamment évocateur d’un ailleurs, d’un exotisme sous-jacent, pour donner à rêver avant même que ne commence la projection des films. Il fut donc choisi comme nom pour des salles de cinéma à travers le monde.

Le temple d’Amon à Louxor (carte postale, collection Jean-Marcel Humbert)

Le temple d’Amon à Louxor (carte postale, collection Jean-Marcel Humbert)

En France, d’autres salles de cinéma portent le même nom, mais orthographié Luxor. Un tel choix implique-t-il obligatoirement une relation avec le domaine égyptien ? Il peut en effet faire penser à bien d’autres choses. Et tout d’abord au luxe d’une salle prestigieuse, toute faite d’or, ou au moins dorée… et donc constituer une accroche efficace pour une salle de spectacle. Des marques commerciales nombreuses et diverses ont joué avec ce possible jeu de mots, et il y a d’ailleurs des cinémas qui s’appellent Lux (par exemple à Caen, 1960) ou Luxe. Mais il ne faut pas oublier non plus que lux désigne en latin la lumière (Fiat lux et facta est luxQue la lumière soit, et la lumière fut, locution latine au début de la Genèse) mais aussi le flux lumineux et son éclairement dont il désigne l’unité de mesure. Car cette lumière constitue la composante fondamentale de tout spectacle cinématographique, que ce soit pour l’illumination de la façade, de la salle elle-même ou de la projection, au point que sans lumière, celui-ci ne pourrait avoir lieu. Une célèbre marque d’ampoules électriques s’appelait d’ailleurs Luxor.

Buvard publicitaire pour les lampes Luxor, vers 1950 (collection Jean-Marcel Humbert)

Buvard publicitaire pour les lampes Luxor, vers 1950 (collection Jean-Marcel Humbert)

Est-ce à dire que tous les cinémas Luxor auraient ainsi coupé tout lien avec l’antiquité égyptienne et l’égyptomanie ? C’est loin d’être toujours le cas, mais il n’est guère facile de tirer des conclusions précises de documents archivistiques le plus souvent lacunaires. D’autant plus que ce nom de Luxor n’est parfois utilisé qu’un moment pour une salle donnée, au hasard des changements de propriétaires ou de chaînes d’exploitation, et là aussi il est difficile de connaître les raisons du choix de ce nom. En tous cas, on ne peut que constater la popularité de ce nom, au point qu’une publicité américaine de 1930 pour les automobiles Buick utilise en décor un petit cinéma Luxor en tant qu’archétype du genre.

Publicité Buick, 1930 (collection Jean-Marcel Humbert)

Publicité Buick, 1930 (collection Jean-Marcel Humbert)

Les cinémas Luxor à décor égyptien

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Marius Kowalski, chef d’orchestre du Louxor

Qui se souvient des chefs d’orchestre des cinémas des années 1920 et 1930 ? A quelques exceptions près — comme Paul Fosse, directeur musical du grandiose Gaumont Palace, ou Lucien Rémond, chargé de la direction d’orchestre du Louxor et des arrangements pour l’inauguration et les séances qui suivirent  —, ces artistes qui assuraient l’animation musicale des séances, et dont certains étaient également compositeurs, sont un peu les oubliés de l’histoire. Pourtant, l’orchestre constituait un atout majeur pour les salles qui, comme le Louxor, avaient la chance d’en disposer.
L’un des premiers chefs d’orchestre du Louxor fut Marius Kowalski (1886-1963). Les archives familiales que son petit-neveu, Christophe Leroy, nous a aimablement communiquées, permettent de mettre un visage et une histoire sur ce qui n’était qu’un nom découvert dans des programmes du Louxor des années 20. Autres trouvailles, les photos dédicacées par certains des artistes de variétés, témoignages de sympathie et d’amitié pour un chef d’orchestre très apprécié, font revivre certains de ceux qui se sont produits sur la scène du Louxor. Un prochain article sera consacré à ces attractions qui étaient alors partie intégrante des soirées de cinéma.

Marius Kowalski (1886-1963)

Marius Kowalski (1886-1963)

Marius Kowalski : une vie dédiée à la musique et au spectacle

Marius Kowalski est né à Paris en 1886. Son arrière-grand-père, Léon Jean Joseph Kowalski, né en 1810 dans le Palatinat de Cracovie, avait fui la Pologne après l’insurrection de 1830 et, comme beaucoup de ses compatriotes, s’était réfugié en France et s’y établit. Il meurt à Arles en 1888.
Musicien précoce, élevé dans une famille mélomane, Marius jouait de plusieurs instruments (piano, flûte traversière, violon).

Marius enfant, avec sa sœur Jeanne

Marius enfant, avec sa sœur Jeanne

Après ses études au Conservatoire de musique de Paris, il embrasse très jeune une carrière musicale, et apparaît entre 1903 et 1909 comme flûtiste à la rubrique « artistes exécutants et professeurs » de l’Annuaire des artistes et de l’enseignement dramatique et musical. Quand arrive la Guerre de 1914-1918, Marius est mobilisé. Il participe notamment, du 15 juillet 1916 au 24 mai 1917, aux terribles batailles de Verdun dans le 289e régiment d’infanterie et sera décoré de la Croix de guerre. Mais, même sous l’uniforme, il n’abandonne pas ses instruments : il fait partie d’un orchestre. Sur la photo ci-dessous, il est au premier plan à gauche, la flûte posée sur le genou. (Clic sur l’image pour l’agrandir)

Orchestre militaire, Marius Kowalski, au premier plan à gauche

Orchestre militaire, Marius Kowalski, au premier plan à gauche

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La pharmacie « égyptienne » Léon Gros de Clermont-Ferrand

La société Gentil et Bourdet, qui a réalisé les mosaïques des façades extérieures du Louxor, a décoré nombre d’édifices et de paquebots, dont certains également à l’égyptienne. Les façades de la pharmacie égyptisante de Clermont-Ferrand (dont le décor intérieur a maintenant disparu) viennent ainsi d’être inscrites à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Dans la revue en ligne In Situ du 12 juillet 2016, Jean-Marcel Humbert consacre à la dissociation et à la dispersion de ce qui constituait « un ensemble unique » un article dont il nous présente les grandes lignes.

Pharmacie Léon Gros, mention en mosaïques au-dessus de la devanture côté place d’Espagne, 2014.

Pharmacie Léon Gros, mention en mosaïques au-dessus de la devanture côté place d’Espagne, 2014.

Au moment même où la société Gentil et Bourdet terminait la pose des mosaïques décoratives à l’égyptienne de la façade du Louxor, un pharmacien de Clermont-Ferrand, le docteur Léon Gros, féru d’Égypte ancienne, lui commandait le décor en mosaïques des devantures de la nouvelle pharmacie qu’il faisait construire dans sa ville par l’architecte Louis Jarrier (1921-1922).

La pharmacie Léon Gros en 2014.

La pharmacie Léon Gros en 2014.

Cette pharmacie avait la particularité d’être entièrement décorée à l’égyptienne, extérieurement et intérieurement, ce qui en faisait un exemple unique. Le décor extérieur était, comme au Louxor, destiné à attirer la clientèle par des éléments hors du commun. En même temps, il permettait au public de différencier ce commerce de ses concurrents. Enfin, le pharmacien s’en était également servi pour décrire certaines des activités de son officine. La médecine et la pharmacie étaient des sciences déjà bien connues et développées dans l’Égypte Ancienne : nulle surprise donc de les voir reprises à l’époque contemporaine dans le cadre de créations décoratives faisant appel à l’égyptomanie.

Détail du décor d’angle, 2014.

Détail du décor d’angle, 2014.

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Cartes postales publicitaires

Le Bossu au Louxor (1925) ; Charlemagne (1934)

Parmi les supports publicitaires proposés aux exploitants des salles de cinéma par les producteurs, les cartes postales, faciles à distribuer au guichet, figuraient en bonne place au côté des affiches, programmes, et même mannequins en carton. Les documents originaux de ce type concernant le Louxor sont assez rares sur le marché des « vieux papiers ». En voici deux, la première de 1925 ( le temps du muet ), la seconde de 1934.

 Carte postale distribuée au Louxor (1925)

Carte postale distribuée au Louxor (1925)

Cette nouvelle carte postale publicitaire, acquise par Nicole Jacques-Lefèvre, annonce la projection au Louxor, le 4 décembre 1925, du film Le Bossu, tiré du célèbre roman de cape et d’épée de Paul Féval, et présenté en salles sous forme de feuilleton en trois épisodes (1). Cette adaptation du récit des exploits de Lagardère (2), émaillé de péripéties et rebondissements multiples, sortait en décembre, à point nommé pour les fêtes de Noël (et avant Les Misérables annoncé pour le 25 décembre !). L’épisode du Bossu présenté chaque semaine ne représentait qu’une petite partie du long programme de la soirée (3) mais le film a pourtant bénéficié du même type de campagne publicitaire qu’un long métrage.
Treize cartes postales furent proposées par le producteur (les Établissements Jacques Haïk) aux exploitants « au prix de 50 francs le mille ».

Plaquette de présentation du film adressée aux exploitants (mise aux enchères sur Internet).

Plaquette de présentation du film adressée aux exploitants (document mis aux enchères sur Internet).

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Le Louxor dans l’émission « Visites privées » (France 2)

Dans le cadre de l’émission « Visites privées », présentée par Stéphane Bern tous les jours sur France 2, et consacrée le 13 septembre 2016 (à 15 h 40) à « La bataille du cinéma », le Louxor était à l’honneur.

Cliquer sur les images (captures d’écran) pour les agrandir.

Emmanuel Papillon et Matthieu Guber au Louxor le 26 août 2016

Emmanuel Papillon, directeur de la salle, a fait découvrir au reporter- chroniqueur Matthieu Guber les décors du Louxor dont il n’a pas manqué de rappeler qu’il était le seul cinéma à l’égyptienne en France.

4-copie

Jean-Marcel Humbert et Annie Musitelli, de l’association Les Amis du Louxor, en compagnie de Matthieu Guber, le 30 août 2016

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