Jusqu’à la fin des années 1960, les péplums (à l’honneur du 12 décembre 2024 au 29 mars 2025 dans l’exposition « Antiquité et cinéma » à la Fondation Pathé ) ne représentent qu’une très faible part de la programmation grand public du Louxor, salle du circuit Pathé. Mais à partir de 1967-68, face à la baisse de fréquentation qui met le cinéma en péril, l’exploitant du Louxor cible un nouveau public, celui des travailleurs immigrés qui fréquentent le quartier Barbès ou y vivent. Beaucoup sont des hommes seuls et le cinéma représente un lieu de rencontre et de convivialité. D’autres y viennent en famille pour voir des films grand public. C’est à ces nouveaux spectateurs que s’adresse la nouvelle programmation, dont Pathé se désengage : westerns italiens, films de guerre, mais aussi péplums (surtout italiens ou franco-italiens) vont faire salle comble (jusqu’à 10 000 spectateurs certaines semaines). Certains de ces péplums italiens reviennent régulièrement à l’affiche. Les chiffres de fréquentation étonnants, provenant des tableaux du CNC, sont donc fiables et s’expliquent aussi en partie par le nombre de séances : une moyenne de 35 séances hebdomadaires dans un cinéma permanent de 12h (ou 14h) à 24h.
Même s’ils sont minoritaires par rapport aux westerns italiens, les péplums sont nombreux de 1970 à 1979 puis leur part diminue et ils finissent par être noyés dans la masse des films égyptiens, puis indiens qui constituent la spécificité du Louxor.
On observe que la nature et la qualité de ces péplums changent au fil des décennies. Aux péplums classiques de l’âge d’or — Les derniers jours de Pompéi de Marcel L’Herbier, Samson et Dalila de Cecil B. DeMille, Ulysse de Mario Camerini, La Bible de John Huston ou Cléopâtre de Joseph Mankiewicz—, s’ajoute un nombre croissant des films réalisés à la chaine à Cinecittà et dont les vedettes ne sont plus Kirk Douglas, Charton Heston ou Yul Brenner mais des acteurs de moindre envergure, recrutés avant tout pour leur passé de culturiste et leur musculature impressionnante. Ce sera l’ère des Steve Reeves, Richard Harrison, Reg Park, Gordon Scott, Kirk Morris, Gordon Mitchell, la liste est longue. A l’exception de Steve Reeves (Mr Univers 1950) qui tourna dans des films devenus des classiques du genre comme Les Travaux d’Hercule ou Hercule et la reine de Lydie de Pietro Francisi, ou encore La Bataille de Marathon de Jacques Tourneur, les autres se retrouvent dans nombre de productions de type Maciste (Maciste en enfer / à la cour du Tzar / contre les géants / contre le cyclope, ou dans les mines du roi Salomon, etc.).
Enfin, les derniers péplums programmés au Louxor, entre août 1978 et 1983 (année de la fermeture de la salle par Pathé) sont des films égyptiens et libanais relatant l’épopée du valeureux Antar. Peu nombreux, ils reviennent plusieurs fois à l’affiche, comme les deux films de Niazi Mostafa, Antar le valeureux (1961), programmé ainsi 5 fois ou Antar et la conquête du désert (1969) 3 fois pendant cette période.
La liste qui suit donne une idée de l’évolution de la programmation. Pour en savoir davantage sur le péplum et son histoire, on trouvera en note une brève bibliographie d’ouvrages d’historiens du cinéma.
Sources : Officiel des spectacles, CNC, IMDB et autres sites spécialisés.
Entre parenthèses : nombre de spectateurs par semaine(chiffres CNC).
Le jour indiqué indique le début de la semaine (les films changent chaque semaine).











