Quel projet culturel pour le Louxor ?

Réunion d’information du 5 juillet 2011

Le maire du 10e, Rémi Féraud, explique dans une brève introduction que cette réunion d’information s’inscrit dans le cadre des relations établies avec les habitants  du quartier et notamment les associations qui ont manifesté leur intérêt pour la renaissance du Louxor. Jusqu’à présent, il a surtout été question du bâtiment  et de sa réhabilitation  mais il convient maintenant de parler de la gestion et de la définition du projet culturel. Le cadre choisi, celui d’une délégation de service public (DSP), implique l’élaboration d’un cahier des charges. Rémi Féraud rappelle qu’à cette occasion, un vœu a été présenté  au Conseil de Paris par Alain Lhostis, élu du 10e, pour que la possibilité de tenir un certain nombre de réunions liées à la vie du quartier soit intégrée au cahier des charges.

De gauche à droite : Eric Algrain, Alexandra Cordebard, Rémi Féraud, Michel Gomez

De gauche à droite : Eric Algrain, adjoint au maire du 10e, chargé de la démocratie locale ; Alexandra Cordebard, première adjointe, chargée de la culture, Rémi Féraud, maire du 10e,  Michel Gomez, délégué général de la Mission cinéma

Michel Gomez, délégué général de la Mission Cinéma de la Ville de Paris,  rappelle les grandes lignes du projet : le Louxor sera une salle Art et Essai dotée de trois écrans, grâce à la création de deux salles en sous-sol qui s’ajouteront à la grande salle. Puis il apporte un certain nombre de précisions sur le mode de gestion choisi, la délégation de service public, et les différentes étapes du processus.

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De La Dérobade à Megatown

Le temps des boîtes de nuit – 2 : Megatown ouvre le 20 juin 1987

Dans un article précédent, Daniel Le Glaner, ancien gérant des deux boîtes de nuit qui ont occupé le Louxor entre 1986 et 1988, évoquait la boite de nuit antillaise La Dérobade. En dépit de son succès, cette discothèque, ouverte en novembre 1986, ferma ses portes pour être remplacée au mois de juin 1987 par la boîte gay Megatown.

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Les mosaïques égyptisantes du Louxor :

Un décor d’une qualité exceptionnelle

La mode de la mosaïque décorative s’est considérablement développée depuis le milieu du XIXe siècle, aussi bien du point de vue artistique que technique. Elle n’a toutefois donné lieu qu’à peu de réalisations égyptisantes. La frise de la façade Est du Grand-Palais (face au Petit-Palais), située en hauteur à l’extrémité gauche derrière la colonnade, fut réalisée en mosaïque d’émail d’après les dessins du peintre Louis Edouard Fournier, par l’atelier de M. Guilbert-Martin à Saint-Denis. Elle représente « L’ Art à travers les siècles », où l’Égypte occupe une place de choix et est ainsi décrite par la presse de l’époque : « … Un autre colosse, le sphinx égyptien vient ensuite, traîné sur un chariot, en arrière duquel surgit le portique d’un temple d’Isis au seuil duquel le peintre de momies trace d’une main sûre ces caractères auxquels notre siècle devait arracher leur secret. » Cette frise, très admirée à l’époque, a pu contribuer à orienter la décoration du Louxor.
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Félix Pyat, dramaturge, élu du Xe pendant la Commune

23 mai 2011 : cérémonie à la mairie du Xe

Du 12 au 18 septembre 1924, le film Le Chiffonnier de Paris était projeté au Louxor. Dans un article précédent, «Au temps du muet II. Les métamorphoses du Chiffonnier de Paris», Nicole Jacques-Lefèvre avait présenté la «destinée complexe» de ce mélodrame et évoqué la personnalité de son auteur, Félix Pyat (1810-1889), dont s’étaient inspirés successivement les réalisateurs de films Émile Chautard (1913) et Serge Nadejdine (1924).

Félix Pyat en 1871

Félix Pyat en 1871

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Rideaux à l’égyptienne

On sait que le Louxor possédait un rideau de scène, dont on n’a pas retrouvé jusqu’à présent de reproduction ni d’esquisse. C’est dommage car ce rideau devait être tout particulièrement intéressant. Les cinémas étant en filiation directe avec les théâtres traditionnels, il n’est guère étonnant qu’à leurs débuts on les ait ainsi équipés. La quasi totalité des cinémas à l’égyptienne à travers le monde avaient un tel rideau décoré dans le style dominant, dont quelques uns existent encore aujourd’hui en Amérique du Nord. Il s’agit d’une épaisse toile peinte, du type de celles constituant des décors de théâtre pour les représentations des innombrables Aïda, Cléopâtre, Thaïs ou autres « pharaonneries ». Donc, une toile grossière, un peu du genre de celles utilisées pour les panoramas, non faite pour être vue de près, mais destinée simplement à donner une impression générale. Placée  derrière l’habituel épais rideau de velours rouge, elle constituait ainsi véritablement un décor supplémentaire complétant celui de la salle de cinéma.

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Le Louxor : « une œuvre bien pensée »

Philippe Pumain, architecte du « nouveau Louxor » nous précise la manière dont il analyse le travail de son prédécesseur :

Henri Zipcy

Henri Zipcy

« Zipcy (1873-1950) n’a pas révolutionné l’architecture de l’époque. Par rapport aux frères Perret, il n’apporte rien de nouveau dans l’utilisation du béton, mais il utilise bien ce matériau. Pour lui, et c’est en cela qu’il n’est pas novateur, la structure en béton demeure cachée, et n’est pas affirmée comme un élément constitutif du décor. Ainsi, par exemple, les deux importantes poutres-échelles qui soutiennent le toit et le plafond de la salle sur toute sa longueur, entre l’entrée et l’écran, et qui reposent sur les structures verticales de l’angle du boulevard Magenta, ne sont visibles ni de l’intérieur, ni de l’extérieur du bâtiment, mais uniquement en montant sur le toit terrasse.

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Philippe Pumain

Cela étant, du point de vue technique, il connaît parfaitement son travail. L’ensemble est bien dimensionné, rationnel et conçu dans un esprit d’économie des matériaux : c’est une œuvre bien pensée, sans défaut, une sorte de chef d’œuvre. D’ailleurs, on constate que pendant toute la durée de son exploitation, la salle a fort bien fonctionné dans le cadre des règlementations de l’époque. On n’y trouve aucun défaut majeur, si ce n’est dans le domaine du son contre la propagation duquel rien n’avait été prévu. Mais dans ce domaine aussi les contraintes réglementaires n’étaient pas du tout les mêmes qu’aujourd’hui. »

© Philippe Pumain