Le Louxor, nous l’avons déjà mentionné dans un article précédent, a été construit à l’emplacement d’un immeuble haussmannien qui a été démoli pour faire place à ce cinéma, et dont les locataires, selon le journal Le Peuple (organe de la CGT) du 9 février 1921, ont été expulsés.
Archives de l’auteur : Les Amis du Louxor
Sortir à Barbès en 1921
Le 15 novembre 2010, Dominique Delord, chercheuse en histoire culturelle, a donné dans la grande salle de la mairie du XVIIIe arrondissement une conférence consacrée aux spectacles proposés aux habitants de Barbès au moment de l’ouverture du cinéma Louxor, le 6 octobre 1921. Cette conférence, qui était co-organisée par l’association des Amis du Louxor et Histoire et Vies du 10e, a réuni plus de 130 personnes. Nous remercions Daniel Vaillant, maire du 18e, Carine Rolland, adjointe à la culture, Sylvain Lamothe, chargé de mission culture, et tous les personnels pour leur accueil et l’aide qu’ils nous ont apportée.

En 1921, Maurice Chevalier crée la chanson « Avec le sourire »
À la découverte du cinéma indien
Entretien avec Deva Koumarane
Dans l’article Bollywood au Louxor, Deva Koumarane nous avait donné un premier aperçu des films indiens programmés dans cette salle à partir des années 70. Nous avons souhaité en savoir davantage sur ce cinéma qui suscite depuis un siècle l’engouement du public en Inde mais est aussi largement distribué dans le monde entier. Dans le long entretien qu’il nous a accordé, Deva Koumarane rappelle d’abord les raisons de l’émergence rapide d’un cinéma national en Inde et de son adoption immédiate par le public, ses thèmes et caractéristiques. Il évoque ensuite l’importance de la musique et des chanteurs, l’existence de cinémas régionaux, notamment du cinéma tamoul et de ses rapports très étroits avec le monde politique. Il revient aussi plus longuement sur les films marquants qui sont passés au Louxor et les vedettes qui étaient omniprésentes dans cette programmation. Et il évoque enfin l’état du cinéma indien aujourd’hui.

À quelle date l’Inde a-t-elle découvert le cinéma ?
Dès 1896. Le 7 juillet, deux opérateurs des frères Lumière se rendirent à Bombay et projetèrent à l’hôtel Watson, devant deux cents personnes, plusieurs films d’actualité dont L’Arrivée d’un train à La Ciotat. Le ticket était à une roupie, un prix exorbitant à l’époque, et le public était surtout composé de l’élite coloniale. Il y eut une seconde projection dans le Théâtre Novelty devant un public plus nombreux et divers dans sa composition car on avait vendu des billets à différents tarifs.
Quand voit-on émerger un cinéma national ?
Au tout début du muet, les spectateurs indiens voient des films importés des Etats-Unis et de l’Europe. Mais on assiste très vite à la naissance d’un cinéma indien. Il s’agit surtout d’abord de petits films documentaires (actualités, célébration de fêtes, etc.). Puis arrive la fiction.
Au temps du muet III
Les premières années du Louxor-Palais du Cinéma (1922-1923)
Nous avons déjà évoqué la période du cinéma muet au Louxor dans deux articles : Au temps du muet I : une soirée en 1924 et Au temps du muet II : Les métamorphoses du chiffonnier. Nous nous intéressons maintenant aux films programmés pendant la période 1922-1923.
Dans les coulisses du Louxor : Xavier Delamare se souvient …
Nous avons rencontré Xavier Delamare, témoin privilégié de l’histoire du Louxor. Attiré dès son jeune âge par le spectacle et les salles de cinéma, il les a beaucoup fréquentées, en cinéphile mais aussi en raison de ses activités professionnelles. Nous le remercions de nous avoir longuement parlé du Louxor et de nous autoriser à publier quelques-unes de ses photos.

Fauteuil d’origine du Louxor (coll. Privée)
Souvenirs d’un spectateur heureux
Nicole Jacques-Lefèvre s’est entretenue avec Jean-Pierre Lemaire, habitant du quartier, cinéphile et ancien spectateur du Louxor.
Pour Jean-Pierre Lemaire, éditeur d’art et d’histoire et spécialiste de l’histoire du cinéma, né le 22 août 1941, le Louxor est une affaire de famille. Ses grands parents, M. et Mme De Jonghe, qui habitaient 51 bd de La Chapelle, ont failli être expropriés lors de sa construction, qui devait s’étendre au-delà de la surface finalement retenue. Ce qui n’a pas empêché sa mère de l’emmener très jeune, le dimanche, au Louxor. Elle évoquait aussi sa propre expérience de spectatrice au Louxor, et Les Périls de Pauline, série en 20 épisodes, produite par Pathé en 1914, avec Pearl White.
Dans les années 1946-49, alors que le Louxor projetait les films de la RKO, dont Howard Hugues était directeur, il y a vu tous les Walt Disney (Pinocchio, Dumbo, Bambi, …) et, vers l’âge de onze ou douze ans, Bari chien loup avec Pierre Fresnay. Le Louxor était alors, contrairement au Palais-Rochechouart (à l’actuel emplacement de Darty) qui diffusait en première exclusivité, un cinéma de deuxième exclusivité, aux versions toujours françaises. Trois prix étaient proposés, pour l’orchestre, le 1er et le 2e balcon. Le Louxor était alors très fréquenté, et il n’était pas rare de s’y trouver dans de longues files d’attente : on s’installait donc aux places qui restaient libres. On pouvait fumer dans la salle. Lorsqu’un film avait beaucoup de succès, il restait deux semaines à l’affiche. Ce fut le cas, entre 49 et 50, de Samson et Dalila de Cecil B. DeMille.
Chantier Louxor : octobre 2010
Grande activité sur le chantier du Louxor qui mobilise de nombreux intervenants !
Aujourd’hui 14 octobre, c’est la vieille marquise bringuebalante et rouillée qui est en train d’être déposée. Nous savons qu’elle sera refaite sur le modèle de la marquise d’origine que l’on peut admirer sur les photos anciennes.

Dépose de la marquise (14 octobre 2010)
Beaucoup de bruit aussi en provenance du bâtiment.
Plusieurs types de travaux y sont actuellement effectués : Continuer la lecture