Le ciné-club, ou le plaisir partagé.

Entretien avec Fabienne Duszynski

Fabienne(1) copieEnseignante-chercheuse en cinéma à l’Université de Lille III, Fabienne Duszynski est,  depuis l’ouverture du cinéma, l’une des animatrices du ciné-club du Louxor. Avec intelligence et sensibilité, elle contribue à faire de ces séances des moments magiques de compréhension et d’émotion. D’Une place au soleil (George Stevens, 1951) à Lumière d’été (Jean Grémillon, 1942), elle a accompagné la projection de films aussi différents que L’Homme tranquille (John Ford, 1952), French Cancan (Jean Renoir, 1954), Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970), Touki Bouki (Djibril Diop Mambety, 1973), Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982), Les Voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941), Mais qui a tué Harry (Alfred Hitchcock, 1955), Deux filles au tapis (Robert Aldrich,1981), Lettre d’une inconnue (Max Ophuls, 1948) ou Partie de campagne (Jean Renoir, 1936). Nous avons voulu en savoir un peu plus, et prolonger le dialogue…

Un ciné-club : qu’est-ce pour vous ?
Je ne voudrais  pas me lancer dans l’histoire du ciné-club, qui évoque sans doute bien des souvenirs  pour beaucoup de monde. C’est peut-être simplement le mot d’introduction pour des séances autour d’un film. Pour moi, après la nécessité de le contextualiser et de le présenter, il ne s’agit pas de proposer une analyse du film, mais surtout de donner des pistes, de trouver une façon d’ouvrir le regard. À partir d’une ou plusieurs séances, je voudrais permettre aux spectateurs de se familiariser parfois avec un certain vocabulaire d’approche, de prolonger de manière plus active cette position déjà précieuse du simple spectateur. Oui, si à la fin d’une séance, j’ai le sentiment  d’avoir réussi à accompagner le film, à en prolonger le plaisir, sans que mon discours s’y substitue, c’est pour moi une bonne séance.

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

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La « Saturday Yann Fever » fait sa rentrée au Louxor

Rencontre avec Yann Delattre

Yann Delattre ne pouvait trouver meilleur nom pour son ciné-club que ce clin d’œil à cette Fièvre du samedi soir, emblématique du cinéma américain des années 70, période qui  le passionne et qu’il connaît sur le bout des doigts. Énormes succès comme Les Dents de la mer ou films restés plus confidentiels comme La Valse des Pantins de Scorsese, ce sont en effet ces films américains des années 70 à 90 que le public du Louxor peut (re)découvrir, un samedi par mois à 11heures.  Nous avons voulu en savoir davantage sur ce cinéphile à l’enthousiasme communicatif. Il nous parle ici des auteurs qui l’ont nourri, des critères qui orientent le choix des films projetés et de sa conviction qu’il n’y a nul antagonisme entre la « dissection » rigoureuse d’un film face au public et la magie du cinéma…

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

Devant le Louxor, 22 septembre 2014

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Brèves – septembre 2014

Exposition éphémère 6, rue Bouchardon
Une sélection de dix-huit panneaux provenant de l’exposition « Le Louxor-Palais du cinéma » (qui s’était tenue du 25 mars au 25 mai 2013 à la mairie du Xe pour célébrer la réouverture du Louxor) était à l’honneur mardi 30 septembre, pour un soir seulement, à l’occasion de l’inauguration d’un immeuble regroupant plusieurs entités mutualistes au 6, rue Bouchardon. Le thème retenu pour cette soirée, théâtre et cinéma dans le Xe, était évoqué par des affiches, des extraits de films tournés dans l’arrondissement et l’exposition Louxor (qui occupait un vaste espace de réunion au 4e étage).  Comme le rappela Stéphane Bribard, conseiller d’arrondissement, la tradition culturelle et artistique se perpétue dans le Xe, si l’on en juge par le nombre de tournages de films ou téléfilms dans ses divers quartiers, le choix qu’ont fait de nombreux artistes et écrivains d’y résider, et le succès que rencontre le Louxor depuis sa réouverture.

Mobilisation

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La plaque historique du Louxor : à revoir !

La Mairie de Paris a eu la bonne idée, pour répondre aux questions que se posent les visiteurs,  de faire poser dans le hall du Louxor une plaque évoquant les étapes essentielles de l’histoire du bâtiment.
Outre le caractère un peu succinct de cet historique, on permettra néanmoins aux passionnés du Louxor que nous sommes de regretter la grosse erreur du premier paragraphe ! Erreur qui avait d’ailleurs été signalée à la Mairie par Emmanuel Papillon, directeur du cinéma. Sans résultat à ce jour, comme on peut le constater ici :

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L’Art et Essai plébiscité à Barbès

Entretien avec Emmanuel Papillon

Après un an d’activité, le Louxor-Palais du Cinéma est désormais inscrit dans le paysage. Très vite, il a trouvé son public grâce à une programmation riche et variée, ponctuée de nombreuses « séances spéciales », dont certaines en liaison avec des associations de terrain. Mais la réouverture d’un cinéma dans un bâtiment historique de trois étages, à l’issue d’un long chantier, pose aussi des problèmes spécifiques. Nous remercions vivement Emmanuel Papillon de nous avoir reçus pour parler  de cinéma, de patrimoine, mais aussi des ajustements et améliorations que l’équipe de CinéLouxor souhaite encore apporter.

dimanche 22-1 copie

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Les décors du Louxor pour les nuls…

Le Louxor est sans doute l’un des seuls cinémas parisiens où le spectateur arrive armé de son appareil photo… Depuis que le cinéma a rouvert ses portes, on le fréquente, certes, pour la qualité de ses programmes mais pas seulement ! On y vient aussi pour prendre un pot sur sa terrasse accueillante avec vue panoramique sur la Butte Montmartre et pour découvrir l’exceptionnelle richesse décorative du lieu – colonnes de la loggia, mosaïques polychromes de la façade, décors de la grande salle. Mais si la beauté des décors nous enchante, leur signification reste souvent énigmatique pour le néophyte. Car architecte et décorateur ont puisé aux sources de l’Égypte antique pour en reproduire certaines formes et symboles. Pour nous aider à les repérer et les déchiffrer, Jean-Marcel Humbert nous offre ici une  petite  « grammaire de l’égyptologie ».

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