On sait que le Louxor possédait un rideau de scène, dont on n’a pas retrouvé jusqu’à présent de reproduction ni d’esquisse. C’est dommage car ce rideau devait être tout particulièrement intéressant. Les cinémas étant en filiation directe avec les théâtres traditionnels, il n’est guère étonnant qu’à leurs débuts on les ait ainsi équipés. La quasi totalité des cinémas à l’égyptienne à travers le monde avaient un tel rideau décoré dans le style dominant, dont quelques uns existent encore aujourd’hui en Amérique du Nord. Il s’agit d’une épaisse toile peinte, du type de celles constituant des décors de théâtre pour les représentations des innombrables Aïda, Cléopâtre, Thaïs ou autres « pharaonneries ». Donc, une toile grossière, un peu du genre de celles utilisées pour les panoramas, non faite pour être vue de près, mais destinée simplement à donner une impression générale. Placée derrière l’habituel épais rideau de velours rouge, elle constituait ainsi véritablement un décor supplémentaire complétant celui de la salle de cinéma.
Archives de l’auteur : Les Amis du Louxor
Le Louxor : « une œuvre bien pensée »
Philippe Pumain, architecte du « nouveau Louxor » nous précise la manière dont il analyse le travail de son prédécesseur :

Henri Zipcy
« Zipcy (1873-1950) n’a pas révolutionné l’architecture de l’époque. Par rapport aux frères Perret, il n’apporte rien de nouveau dans l’utilisation du béton, mais il utilise bien ce matériau. Pour lui, et c’est en cela qu’il n’est pas novateur, la structure en béton demeure cachée, et n’est pas affirmée comme un élément constitutif du décor. Ainsi, par exemple, les deux importantes poutres-échelles qui soutiennent le toit et le plafond de la salle sur toute sa longueur, entre l’entrée et l’écran, et qui reposent sur les structures verticales de l’angle du boulevard Magenta, ne sont visibles ni de l’intérieur, ni de l’extérieur du bâtiment, mais uniquement en montant sur le toit terrasse.

Philippe Pumain
Cela étant, du point de vue technique, il connaît parfaitement son travail. L’ensemble est bien dimensionné, rationnel et conçu dans un esprit d’économie des matériaux : c’est une œuvre bien pensée, sans défaut, une sorte de chef d’œuvre. D’ailleurs, on constate que pendant toute la durée de son exploitation, la salle a fort bien fonctionné dans le cadre des règlementations de l’époque. On n’y trouve aucun défaut majeur, si ce n’est dans le domaine du son contre la propagation duquel rien n’avait été prévu. Mais dans ce domaine aussi les contraintes réglementaires n’étaient pas du tout les mêmes qu’aujourd’hui. »
© Philippe Pumain
Le Louxor en vidéo
En dehors des articles de presse, le Louxor a aussi été évoqué, à partir de 2010 et surtout en 2013 à l’occasion de la réouverture du cinéma, dans des reportages ou des journaux télévisés et de nombreuses vidéos ont été publiées sur Internet. En voici une sélection.
2010-2011
Paris.fr, 22 avril 2010 «Visite du Louxor, futur cinéma de Barbès »
Libération « Visite de chantier » 23 avril 2010
Paris.fr, 22 avril 2010 « Souvenirs du Louxor »
TF1 , 8 mai 2010, journal télévisé de 13h : reportage de trois minutes par Catherine Charles et Marc Apruzzese.
TF1, 9 octobre 2010, journal télévisé de 20h : «L’Art déco fait un retour en force», reportage de R. Verley, B. Lachat, C. Moutot.
FR3, 7 décembre 2011 à 20h35, émission Des racines et des ailes : « Paris authentique, Paris éclectique : reportage Paris Art déco ».
« Le Louxor, renaissance d’un sphinx », par Abdessamed Sahali, fin 2011
Avril 2013 Réouverture du Louxor
Chantier du Louxor : avril-mai 2011
Le chantier du Louxor avance d’un bon pas : voici les informations précises sur les travaux en cours communiquées aux riverains par la Ville de Paris.
TRAVAUX RÉALISÉS AU MOIS D’AVRIL
– Reprises en sous-œuvre et poursuite des contrevoiles (1)
– Poursuite des travaux de charpente métallique dans la grande salle pour la réalisation de la «boîte acoustique»
– Fin des démolitions partielles et reprises des planchers dans les étages
– Poursuite de la démolition des caves voutées au sous-sol
– Poursuite de la démolition du plancher de la grande salle
– Livraisons et évacuation des gravats (environ 3 rotations par jour)

Renforcement de la structure de la grande salle – avril 2011
PRINCIPAUX TRAVAUX DE MAI 2011
Qui êtes-vous, M. Zipcy ?
Article mis à jour en avril 2024
L’architecte du Louxor
Le Louxor a été accueilli à sa construction en 1921 comme l’une des plus modernes et confortables salles de cinéma de Paris. Aujourd’hui encore son architecture d’inspiration égyptienne ne cesse d’intriguer les passants et sa façade éclatante restaurée illumine le carrefour Barbès depuis le 17 avril 2013. Mais son auteur demeure dans l’ombre. Le mystérieux M. Zipcy, dont le nom fut longtemps estropié – en M. Zipey ou Ripey notamment – a traversé discrètement l’histoire de l’architecture. Peu de traces de lui dans le vaste champ d’archives qui nous renseignent sur ceux dont les œuvres ont enrichi le patrimoine bâti.

Henri Zipcy (1873-1950)
Le Cinéma des Cinéastes
Entretien avec Arnaud Boufassa, directeur du Cinéma des Cinéastes
Après avoir rencontré Jean-Jacques Schpolianski, directeur du Balzac et Patrick Brouiller, président de l’AFCAE et directeur de plusieurs salles en banlieue parisienne, nous poursuivons nos entretiens avec les exploitants de salles de cinéma Art et Essai pour qu’ils nous donnent leur sentiment sur l’ouverture du Louxor en 2013 et nous parlent de leur métier.
Le Cinéma des Cinéastes, situé 7 avenue de Clichy, dans le 17e arrondissement, est un cinéma d’Art et Essai qui dépend de l’ARP, (Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), dont le siège social est à la même adresse. Il comporte trois salles dont la plus grande peut accueillir 315 spectateurs.

Le vrai intérieur du Louxor
L’actualité égyptologique du Louxor n’est jamais ni morose ni ennuyeuse mais porte au contraire plus souvent à sourire. En effet, il n’est pas de jour où une perle ne soit publiée par tel ou tel média, et, par Isis et Osiris, il ne sera pas dit que le pharaon Toutenkino Ier (31e Dynastie), en son Palais du Cinéma, laissera faire sans rien dire.

Chers amis du Louxor, je songeais à aiguiser mon calame pour entamer ma toute nouvelle chronique, mais j’ai pensé qu’il serait plus simple – et moins fatigant – de la dicter au scribe de service. Après tout, il est là pour ça. Je voudrais vous parler aujourd’hui de la délicate question du décor intérieur de mon Palais. On connaît déjà pas mal de choses sur la question (1), mais un très intéressant article de Yan B[ernard]. Dyl, publié le 29 octobre 1921 dans Le Courrier cinématographique (2), permet de mesurer à quel point il faut être prudent en analysant des commentaires peu scientifiques d’un reporter non spécialiste du sujet.