La pharmacie « égyptienne » Léon Gros de Clermont-Ferrand

La société Gentil et Bourdet, qui a réalisé les mosaïques des façades extérieures du Louxor, a décoré nombre d’édifices et de paquebots, dont certains également à l’égyptienne. Les façades de la pharmacie égyptisante de Clermont-Ferrand (dont le décor intérieur a maintenant disparu) viennent ainsi d’être inscrites à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Dans la revue en ligne In Situ du 12 juillet 2016, Jean-Marcel Humbert consacre à la dissociation et à la dispersion de ce qui constituait « un ensemble unique » un article dont il nous présente les grandes lignes.

Pharmacie Léon Gros, mention en mosaïques au-dessus de la devanture côté place d’Espagne, 2014.

Pharmacie Léon Gros, mention en mosaïques au-dessus de la devanture côté place d’Espagne, 2014.

Au moment même où la société Gentil et Bourdet terminait la pose des mosaïques décoratives à l’égyptienne de la façade du Louxor, un pharmacien de Clermont-Ferrand, le docteur Léon Gros, féru d’Égypte ancienne, lui commandait le décor en mosaïques des devantures de la nouvelle pharmacie qu’il faisait construire dans sa ville par l’architecte Louis Jarrier (1921-1922).

La pharmacie Léon Gros en 2014.

La pharmacie Léon Gros en 2014.

Cette pharmacie avait la particularité d’être entièrement décorée à l’égyptienne, extérieurement et intérieurement, ce qui en faisait un exemple unique. Le décor extérieur était, comme au Louxor, destiné à attirer la clientèle par des éléments hors du commun. En même temps, il permettait au public de différencier ce commerce de ses concurrents. Enfin, le pharmacien s’en était également servi pour décrire certaines des activités de son officine. La médecine et la pharmacie étaient des sciences déjà bien connues et développées dans l’Égypte Ancienne : nulle surprise donc de les voir reprises à l’époque contemporaine dans le cadre de créations décoratives faisant appel à l’égyptomanie.

Détail du décor d’angle, 2014.

Détail du décor d’angle, 2014.

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L’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois)

Le Louxor est le seul cinéma « à l’égyptienne » en France, mais pas dans le monde où plus de 170 cinémas ont été édifiés ou décorés dans ce style bien particulier. En avant-première du livre que préparent Ken Roe et Jean-Marcel Humbert sur ce sujet, nous vous proposons un article sur le cinéma « égyptien » de DeKalb (Illinois). D’autres articles suivront sur certains de ces cinémas les plus caractéristiques, restaurés et toujours en activité.

Le 8 août 2016, Alex Nerad, directeur exécutif de l’Egyptian Theatre de DeKalb (Illinois), a visité le Louxor et en est sorti enchanté : « C’était merveilleux » écrit-il sur son site. « Le Louxor est un très beau cinéma magnifiquement restauré, et c’était extraordinaire de pouvoir le découvrir ‟de visuˮ ».

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Axel Nerad au balcon du Louxor le 8 août 2016

Nous profitons donc de sa visite pour vous présenter cette autre salle mythique, l’Egyptian Theatre de DeKalb, dont la renaissance n’est pas sans rappeler celle du Louxor.

La salle de l'Egyptian Theater restaurée

La salle de l’Egyptian Theater restaurée

C’est dans l’une des rues principales de DeKalb que fut édifiée en 1929 et inaugurée le 10 décembre, une salle de spectacle étonnante destinée à accueillir aussi bien des spectacles de théâtre que cinématographiques. Son décor égyptien est la manifestation un peu tardive de la Toutankhamonmanie née de la découverte en 1922 de la tombe du pharaon ainsi rendu célèbre. Son architecte, Elmer F. Behms, était un amoureux de l’Égypte ancienne, et tout particulièrement de Ramsès II qui lui servit de principal thème d’inspiration, notamment pour les trois grandes figures en terres cuites vernissées de la façade, également décorée d’un vitrail haut de 6,10 mètres représentant un scarabée stylisé façon Art déco. La marquise actuelle, la quatrième, date de 1982.

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Égyptomanie puissance 2…

Le Typhonium de Ma Loute sur l’écran du Louxor 

Avis aux amateurs d’architectures insolites : l’étrange demeure de la (très déjantée) famille Van Peteghem du film de Bruno Dumont, Ma Loute, n’est pas un décor de cinéma. C’est une authentique villa privée « de style égyptien » – comme le précise Fabrice Luchini (alias M. Van Peteghem) au pittoresque policier Machin venu enquêter sur de mystérieuses disparitions dans la région. De nombreuses scènes ont été tournées dans les jardins de la villa le Typhonium, située à Wissant (Pas-de-Calais), alors que les intérieurs ont, eux, été tournés au château d’Hardelot, à Condette (également dans le Pas-de-Calais).

Le Typhonium vers 1912 - collection Jean-Marcel Humbert

Le Typhonium vers 1912 – collection Jean-Marcel Humbert

Du dieu Seth au dieu Typhon…

Le Typhonium fut construit sur une lande aride du plateau des Croquets dominant la baie de Wissant. On dit souvent qu’il tient son nom du dieu grec Typhon, dieu des vents et des tempêtes, particulièrement forts en cet endroit à l’origine dénudé. Mais il ne faudrait pas oublier que le mot « typhonium » était déjà utilisé dans la Description de l’Égypte, le Grand ouvrage publié après la campagne d’Égypte de Bonaparte par les savants qui l’y avaient accompagné : le mot y désignait des petits temples à Denderah et à Edfou, deux des lieux qui ont inspiré leur villa néo-égyptienne à Adrien Demont (1851-1928) et son épouse Virginie Demont-Breton (1859-1935), deux peintres passionnés d’Égypte.

Capture d'écran (bande-annonce de Ma Loute) : M. Van Peteghem et les enquêteurs

Capture d’écran (bande-annonce de Ma Loute) : à l’arrière-plan, le Typhonium

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Le sauvetage du cinéma Empress à Monréal :

Le parcours du combattant  touche à sa fin

Situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (5560, rue Sherbrooke Ouest), le Théâtre Empress de Montréal, a été construit en 1927 par l’architecte Alcide Chaussé dans le style néo égyptien. Inauguré le 19 mai 1928, avec un programme mêlant cinéma (Wild Geese de Phil Goldstone avec Belle Bennett), attractions et vaudeville, il a connu, dès la fin des années 30, bien des vicissitudes. On peut découvrir son histoire mouvementée ainsi que de belles photos sur le site du Centre culturel Empress.
Contrairement au Louxor, il ne reste malheureusement plus grand chose de l’intérieur du bâtiment et de ses décors égyptisants. D’abord défiguré à partir de 1962 par des restructurations successives, le lieu fut ravagé par un incendie en 1992 (consulter cet article). Mais sa façade richement décorée est intacte et a été partiellement restaurée.

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

Le cinéma Empress, Montréal (photo J-M Humbert, 1994)

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Les décors du Louxor pour les nuls…

Le Louxor est sans doute l’un des seuls cinémas parisiens où le spectateur arrive armé  de son appareil photo… Depuis que le cinéma a rouvert ses portes, on le fréquente, certes, pour la qualité de ses programmes mais pas seulement ! On y vient aussi pour prendre un pot sur sa terrasse accueillante avec vue panoramique sur la Butte Montmartre et pour découvrir l’exceptionnelle richesse décorative du lieu – colonnes de la loggia, mosaïques polychromes de la façade, décors de la grande salle. Mais si la beauté des décors nous enchante, leur signification reste souvent énigmatique pour le néophyte. Car architecte et décorateur ont puisé aux sources de l’Égypte antique pour en reproduire certaines formes et symboles. Pour nous aider à les repérer et les déchiffrer, Jean-Marcel Humbert nous offre ici une  petite  « grammaire de l’égyptologie ».

Formes architecturales (façade, cadre d’écran, entourage des portes)

1- formes architecturales copie

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Près du Louxor : Nadja et les sphinx

Le Xe arrondissement, appelé l’arrondissement des hôtels en raison de leur grand nombre autour des gares, a également toujours eu des relations privilégiées avec l’Égypte : la Porte Saint-Denis, les sphinx de l’hôtel Gouthière, la rue du Delta, les Promenades égyptiennes avec leurs montagnes russes rebaptisées « égyptiennes », deux curieuses sphinges ailées au 64 boulevard de Strasbourg, et bien sûr le Louxor…

Le Sphinx hôtel, vers 1925  – L’actuel Libertel Gare du Nord Suède

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Décès de Jean Leclant, 16 septembre 2011

Un des plus anciens défenseurs du Louxor

Nous avons la tristesse d’apprendre le décès de Jean Leclant, Secrétaire perpétuel de l’ Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui parmi les premiers a joué un rôle important dans le sauvetage du Louxor.

 De gauche à droite, Jean Leclant, Pierre-Sylvain Filliozat et Michel Zink lors de la séance de la dernière rentrée de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, le 26 novembre 2010

De gauche à droite, Jean Leclant, Pierre-Sylvain Filliozat et Michel Zink lors de la séance de la dernière rentrée de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 26 novembre 2010

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