Exposition au Louxor : L’Allée des Sphinx

Julien Deprez, Vanina Langer, Romain Trinquand, Claire Vaudey
Peintures, dessins, installations.
11 avril – 25 août 2019

On ne pouvait trouver meilleur cadre que le salon du cinéma Louxor, l’un des hauts lieux de l’égyptomanie parisienne, pour cette exposition qui trouve sa source d’inspiration dans l’Égypte antique. Depuis le 11 avril 2019, on peut y découvrir le  travail de quatre jeunes artistes (Julien Deprez, Vanina Langer, Romain Trinquand, Claire Vaudey) qui, avec des regards et des choix esthétiques différents, des pratiques artistiques variées, ont rapporté de leur errance dans la fameuse « Allée des Sphinx » de Louxor des œuvres très diverses : tableaux,  dessins, mais aussi installations.

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, en compagnie des artistes

« À Louxor, il y avait cette fameuse allée. Elle était un passage. Nous l’avons prise, parallèlement, tous les quatre, en même temps mais chacun de notre côté.
Parfois, on en parlait.
Alors, comme on ne pouvait pas faire autrement, on a longé les sphinx, bordés, comme dans les draps de nos univers. En errance, on s’est raconté des histoires qui n’en étaient pas et sont apparus des images, des décors, des écrans presque déserts.
Claire a croisé des chiens de garde qu’elle a canalisés un instant. Julien fit naître une civilisation mystérieuse dans le désert. Vanina découvrit l’origine ensoleillée des chimères d’une Cléopâtre oubliée. Romain, ébloui, se perdit dans le Cinema Inferno. » Vanina Langer

Exposition L’Allée des sphinx
11 avril – 25 août 2019
Salon du Louxor (2e étage), entrée libre

Romain Trinquand est diplômé des Beaux-Art de Paris et développe une pratique de l’installation, du dessin, de la performance et du dessin animé. Ses dessins, réalisés à la plume ou au pinceau, semblent nous égarer dans les profondeurs de l’inconscient.
Vanina Langer est une artiste plasticienne, diplômée de l’Université d’Arts-Plastiques de Strasbourg et agrégée en Arts plastiques. À travers dessins et installations in-situ, œuvres monumentales et microcosmes miniatures, elle crée des images poétiques qui mettent en scène l’inatteignable de l’espace qui nous englobe.
Julien Deprez est diplômé des Beaux-Arts de Paris ainsi qu’un DUT en génie mécanique. Il effectue des ponts entre son travail d’artiste, de graveur et de concepteur pour son entreprise d’imprimantes 3d. Artiste-ingénieur, il invente des règles de jeu de construction qui lui permettent de créer des univers multiples.
Claire Vaudey
Diplômée des Beaux-Arts de Paris, Claire Vaudey développe un travail de peinture, dessin, petites installations et plus récemment de volumes brodés et broderies. Son travail se situe à la frontière de la peinture et de l’installation. Les motifs et l’idée du textile viennent envahir ses peintures et broder des paysages.

Au Louxor : Cinecittà, l’âge d’or du cinéma italien

Exposition de photos de Rodrigo Pais

Du 20 janvier au 17 mars 2019 le cinéma Louxor expose une belle sélection de photos du grand photographe italien Rodrigo Pais qui effectua au cours de sa longue carrière, notamment dans les années 60, d’innombrables reportages sur les plateaux de cinéma.

Federico Fellini, Vittorio De Sica, Elio Petri, Pier Paolo Pasolini, Luigi Comencini, mais aussi Belmondo, Brigitte Bardot, Charlton Heston, Bette Davis… Les stars de l’âge d’or du cinéma italien et international – acteurs ou metteurs en scènes – sont au rendez-vous, saisis sur le vif pendant une séance de maquillage, un conciliabule avec le réalisateur, ou bras dessus bras dessous dans une rue de Rome (superbe photo d’Anna Magnani en compagnie de Pier Paolo Pasolini et Franco Citti en 1962).

Vue générale, salon du Louxor, janvier 2019

Mais le cinéma n’était qu’une des multiples facettes du travail de Rodrigo Pais. Politique italienne, mode, sport, pendant plus de 50 ans, il multiplia les reportages en Italie et à l’étranger, pour divers organes de presse, notamment pour L’Unità, le quotidien du Parti communiste italien. Ses photographies des borgate à la périphérie de Rome ont fait date et contribué à sensibiliser l’opinion et les responsables politiques aux conditions de vie misérables de leurs habitants.

Rappel d’une exposition qui s’est tenue à Rome en 2017 (Museo del Trastevere).

C’est à la bibliothèque universitaire de Bologne qu’est conservé l’extraordinaire fonds d’archives de Rodrigo Pais, acquis par le Professeur Guido Gambetti, et que le photographe passa les dernières années de sa vie à ordonner : plus de 363 000 négatifs en noir et blanc de formats divers, environ 5900 diapositives couleur, auxquels s’ajoutent des milliers d’épreuves en noir et blanc, sont ainsi répertoriés par ordre chronologique et par thème dans seize registres.
Les archives, conservées dans leur intégralité, ont été déclarées d’intérêt historique majeur par le Ministero per i Beni e le Attività Culturali (Ministère de la culture) car « elles constituent une source d’une inestimable valeur pour la reconstitution de l’histoire du siècle dernier et un témoignage unique et particulier de la vie politique et sociale de notre pays et des pays européens et extra européens ».

Commissaire de l’exposition du Louxor : professeur Guido Gambetta de l’Université de Bologne. 
Partenaires de l’exposition :
Les ateliers de CriBeau, La Mairie du 10e, l’université de Bologne, Monte Paschi Banque et l’Institut Culturel Italien.

20 janvier – 31 mars 2019, Le Louxor, Salon d’exposition, 2e étage
Entrée libre

Grand Hôtel Barbès, un film de Ramzi Ben Sliman

Entre Barbès et la Chapelle, rencontre entre hip hop et danse classique

Le Louxor sert de décor de fond à la photo d’appel du film, qui représente l’interprète principal, Lorenzo Da Silva Dasse, devant les mosaïques de Gentil et Bourdet. Mais le cinéma n’apparaît nulle part ailleurs.

C’est dans une chambre du Grand Hôtel Barbès, 21 rue des Poissonniers, que débute le film de 12 minutes (2018) de Ramzi Ben Sliman. Le jeune Ulysse, s’il ne veut pas se faire mettre à la porte du Grand Hôtel Barbès, a la journée pour trouver de quoi payer sa chambre. L’errance et les ruses du héros pour survivre le mènent à se joindre par hasard à des danseurs de breakdance « en plein battle ». S’ensuit la rencontre du hip-hop avec la danse classique : dans un entretien à retrouver sur le site de l’Opéra de Paris, Ramzi Ben Sliman explique qu’il a voulu faire « un film de danse avec des danseurs qui ne s’inscrivent pas dans la tradition dite du ” ballet blanc ” » mais viennent du monde du hip hop. Le glissement vers les variations classiques se fait ici naturellement grâce au charisme et à l’aisance de l’interprète principal, Lorenzo Da Silva Dasse, dont le cinéaste rappelle qu’il est « passé chez Béjart ». La musique de Mozart qui accompagne cette séquence crée l’émotion et prend une force toute particulière dans le décor très urbain de Barbès. 
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Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : quel bilan ?

En feuilletant le livre d’or…
L’exposition « Le Louxor, un palace de quartier » s’est terminée le 16 septembre 2018, au lendemain des Journées du Patrimoine.
Le directeur du Louxor, Emmanuel Papillon, nous avait donné carte blanche pour concevoir une exposition claire et pédagogique qui permette à un large public de (re)découvrir à la fois l’architecture et l’histoire de ce bâtiment Art Déco mais aussi celle de sa programmation – 60 ans de cinéma, de 1921, âge d’or du cinéma muet, à 1983, date de la fermeture de la salle par Pathé.
L’élégant salon d’exposition et le palier adjacent, au 3e étage, constituent un lieu idéal, qui accueille aussi des concerts variés ou des « ateliers chorales » et attire donc un public plus vaste que celui des spectateurs du cinéma. Grâce aussi aux programmes du Louxor destinés aux jeunes publics, des collégiens et des lycéens ont également pu visiter l’exposition, et même des enfants, qui ont parfois laissé dans le livre d’or un petit mot ou un dessin.

C’est en pensant plus particulièrement à ce public que nous avions choisi de situer le Louxor dans un contexte historique et culturel qu’ils ne connaissaient pas nécessairement. Par exemple, bon nombre d’entre eux ont découvert avec étonnement que le quartier, de La Chapelle à Clichy, comptait dans les années 50 – et jusque dans les années 70 – une bonne quarantaine de cinémas. De même, pour inscrire le Louxor dans le mouvement Art Déco des années 20, nous avons mis en relief le traitement stylisé des éléments antiques des décors égyptiens, à travers des formes plus géométriques et anguleuses.

Les signatures du livre d’or confirment que le Louxor attire bon nombre de visiteurs étrangers d’origine diverses : Afrique du Nord, USA, Angleterre, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Australie…

« Heureux de payer des impôts pour cela » !
Quant aux témoignages, ils expriment tout à la fois leur appréciation de l’exposition elle-même mais plus généralement leur enthousiasme pour cette salle unique (« cinéma magique, le plus beau de Paris », « fantastique, un vrai Palais », etc.), la qualité de sa restauration mais aussi sa programmation (« Un Grand Cinéma pour du Grand Cinéma » !). Ils révèlent à coup sûr chez le visiteur une conscience aiguë de ce que le Louxor représente et qui a failli disparaître : soulagement de voir ce patrimoine sauvegardé, plaisir d’avoir à ses portes un cinéma exceptionnel (« le plus beau cinéma de Paris », un « lieu de calme et d’élégance dans la cohue du quartier ») et d’y voir de bons films. Un Parisien cinéphile ne va-t-il pas jusqu’à se dire « heureux de payer des impôts pour cela » !

Le livre d’or offre aussi, par petites touches, des histoires personnelles, des tranches de vie ponctuées par le cinéma. Il y a ceux qui parlent en même temps du film qu’ils ont vu, ceux aussi pour qui le Louxor est lié à des souvenirs de jeunesse. Une visiteuse n’y a-t-elle pas rencontré « l’homme de sa vie » ?
Enfin, tout bon livre d’or doit signaler (au moins) une erreur ! Nous n’échappons pas à la règle. Merci à la personne attentive qui a su débusquer une photo erronée sur le panneau des anciens cinémas du quartier : la vignette censée illustrer l’ancien cinéma Atomic représentait l’ancien Amsterdam Pigalle, devenu Divan du monde, déjà présent sur la carte à son véritable emplacement. Bévue qui sera dûment rectifiée lors du prochain accrochage de l’exposition, puisque, face à l’intérêt qu’elle a suscité, Emmanuel Papillon prévoit de la présenter de nouveau, entre les expositions d’artistes qui se tiennent régulièrement au Louxor.

© Les Amis du Louxor

Exposition « Le Louxor, un palace de quartier » : le vernissage

Le vernissage de l’exposition « Le Louxor, un palace de quartier », déjà présentée ici, a eu lieu le mercredi 11 avril au Salon du Louxor, en présence notamment de l’architecte Philipe Pumain chargé, de 2008 à 2013, du chantier de réhabilitation du Louxor, et de Rémi Féraud, ancien maire du Xe devenu sénateur, qui avait défendu aux côté du maire de Paris Bertrand Delanoë, le projet de sauvetage du Louxor.

Signe que cinq ans après sa réouverture, l’histoire peu commune du Louxor est encore bien présente dans les mémoires, de nombreux fidèles de la première heure – désormais spectateurs assidus du cinéma – étaient au rendez-vous : l’historien du cinéma Jean-Jacques Meusy, des membres anciens ou actuels des Amis du Louxor, des représentants d’Histoire et Vies du 10e, dont son président Benoît Pastisson et Dominique Delord, conférencière et chercheuse en histoire culturelle. Quant aux habitants rencontrés ce soir-là, ils reflétaient bien la diversité des attentes auxquelles a su répondre la programmation : pour l’un, c’est le bonheur de retrouver les films du patrimoine, pour l’autre, la découverte de films projetés dans le cadre du Festival des films du Maghreb, pour un autre encore, le plaisir d’aller au cinéma en famille le dimanche matin…
Deux interventions ont marqué cette soirée amicale : Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, rappela que depuis sa réouverture, le Louxor avait accueilli 1 250 000 spectateurs, preuve que la Ville de Paris ne s’était pas trompée en faisant le pari de la réhabilitation de ce cinéma en plein quartier Barbès. Ancien « palace de quartier », le nouveau Louxor est bel et bien redevenu un cinéma de quartier où l’on vient à pied et où l’on a ses habitudes. Il souligna aussi combien le travail en direction des jeunes publics, en particulier scolaires, contribue à ancrer le cinéma dans son quartier.

Après avoir remercié les Amis du Louxor de leur soutien, il passa la parole à Jean-Marcel Humbert qui rappela que l’exposition proposée relevait parfaitement de ce que peut faire une association « amie » : accompagner l’action culturelle du cinéma Louxor. Si le site Internet permet la publication de nouveaux articles sur des thèmes variés (égyptomanie, histoire des salles de cinémas, etc.), nous nous efforçons aussi de répondre aux demandes ponctuelles d’Emmanuel Papillon : la brochure vendue trois euros en est une, cette exposition en est une autre. Elle a été réalisée, pour correspondre à sa demande, dans un esprit grand public et pédagogique. Par ailleurs, nous sommes encore sollicités par des curieux, des cinéphiles, mais surtout des étudiants ou des chercheurs (en architecture, égyptomanie, cinéma) à la recherche de documents, d’informations, de photos.
Mais cet ensemble documentaire n’est pas immuable. Il est en constante évolution.
Nous recevons encore des témoignages nouveaux, de nouvelles suggestions de sources à explorer. Car ce qui est étonnant avec le Louxor, c’est qu’il reste toujours des choses à découvrir, la recherche est sans fin, comme le montrent quelques découvertes les plus récentes. Par exemple, c’est grâce aux archives de Christophe Leroy, petit-neveu du chef d’orchestre Marius Kowalski, puis de passionnés comme François Ravez et Les Cook que nous avons pu relancer nos recherches sur les artistes qui se sont produits dans les années 20 dans le cadre des attractions du Louxor. Nous découvrons aussi qu’il y a eu un premier architecte avant Henri Zipcy,
Et de nouvelles archives Pathé sont maintenant ouvertes à la consultation à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, que nous remercions au passage de son accompagnement toujours bienveillant.

D’autres recherches seraient encore à poursuivre, par exemple concernant l’orgue des années 20 dont on ne connaît pas le devenir à l’arrivée du parlant, ou, dans le domaine égyptien, l’histoire du bas-relief agricole (visible au-dessus de la caisse du cinéma) qui entraîne un effet boomerang vers de nouvelles découvertes dans le domaine des moulages de plâtre d’œuvres d’art à la fin du XIXe siècle. Toutes ces recherches nouvelles feront l’objet de prochains articles dans notre site Internet.
En même temps, grâce souvent à des rencontres avec des passionnés (saluons ici l’aide amicale de Didier Trevisan qui nous a fourni des précisions fort utiles sur les chiffres des entrées hebdomadaires), notre connaissance de la programmation du Louxor et de sa fréquentation au fil des décennies s’est affinée.
Ainsi, si cette exposition présente une vue synthétique de l’histoire du Louxor, elle intègre aussi ces apports récents et propose par exemple, dans le domaine égyptien, une présentation de la manière dont l’art égyptien antique a été adapté au Louxor par l’Art déco, déjà en vogue à l’époque de sa construction, et que nous n’avions pas encore développée.
Quant au tableau des cinémas du quartier, il répond à une demande précise d’Emmanuel Papillon qui souhaitait que l’histoire du Louxor soit inscrite dans un contexte plus large – celui de l’évolution des salles de cinémas après-guerre autour d’un axe La Chapelle-Barbès-Clichy.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques dans le livre d’or déposé à l’entrée de l’exposition.

 Jean-Marcel Humbert et Annie Musitelli © Les Amis du Louxor

Hommage à Xavier Delamare

Nous venons seulement d’apprendre avec peine le décès de Xavier Delamare survenu le 18 janvier 2016. Nous l’avions rencontré pour la première fois en 2010 pour recueillir ses souvenirs du Louxor. Ce passionné des salles de cinéma les connaissait toutes, après avoir sillonné Paris et l’Île de France lorsqu’il travaillait pour la société Batido, qui commercialisait les glaces et les Eskimos vendus à l’entracte. Au début des années 80, conscient que la plupart de ces salles allaient disparaître, il prit des photographies.

Xavier Delamare en 2010, dans le fauteuil du Louxor qu’il avait acquis à la fermeture du cinéma.

Ainsi en fut-il du Louxor, qu’il photographia en novembre 1982, un an avant la fin de son exploitation par Pathé. Ses photos constituent un témoignage unique de l’histoire de ce cinéma. Il est notamment le seul – à notre connaissance – à avoir photographié le second balcon du Louxor dans son état d’origine, ou le local des ouvreuses. Nous avons rassemblé dans une galerie les images qu’il avait eu la gentillesse de mettre à notre disposition – celles du Louxor mais aussi de quelques autres salles de quartier, la plupart disparues.
Francis Lacloche, historien de l’art, fondateur de l’association Eldorado1 , et qui organisa en 1983 l’exposition « Le cinéma dans ses temples », avait bien connu Xavier Delamare. Il nous a adressé l’hommage amical que nous publions ici.

XAVIER DELAMARE

Quand j’ai commencé vers 1978/79 à traquer les anciennes salles de cinéma dont l’architecture témoignait de leur histoire mouvementée et de l’admirable mauvais goût de ses créateurs, je n’ai pas tardé à trouver sur ma route la frimousse charmeuse et lucide de Xavier. Grâce à lui je découvrais des pépites abandonnées dans les faubourgs parisiens et des trésors en banlieue. Nous croisions des personnages improbables dont il respectait la candeur et la passion tout en s’amusant des travers désuets de ce petit monde capable d’une étonnante résistance.
Ce monde n’a pas résisté aux coups de pioche indispensables à l’essor glorieux des grandes surfaces et au déferlement terriblement rationnel des multisalles. Quelques merveilles, tel le Louxor, ont résisté, ayant bénéficié d’un classement improbable et de l’étonnante énergie de ses voisins au point qu’elle ait encouragé la Ville de Paris à en assurer la sauvegarde, la restauration et une nouvelle vie.
Le temps a passé, je n’ai plus guère croisé Xavier que de temps à autre : il luttait avec courage et humour contre une terrible maladie qui n’entamait pas son humour et sa bonne humeur. Maintenant qu’il nous a quitté il me reste le souvenir émouvant de nos relations qui furent toujours enrichissantes et réjouissantes : il disposait de cette dose indispensable de naïveté et de clairvoyance que je conserverai toujours parmi les amis essentiels de mon étrange quête en faveur des cinémas du monde entier.

© Francis Lacloche

Note
1- L’association Eldorado a mené, au début des années 80, une action en faveur des salles de cinéma menacées de disparition. Une exposition « Le Cinéma dans ses temples » a été organisée en 1983 à Paris et Bordeaux. En 1981, à l’instigation de Francis Lacloche, Jack Lang, ministre de la Culture, inscrit plusieurs salles – le Louxor, l’Eldorado, le Rex et la Cigale – à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, permettant à ces salles d’échapper au risque d’une démolition (ou d’une défiguration) ultérieure.

Photos de Xavier Delamare

Quelques salles parisiennes au début des années 80

Les photos présentées dans cette galerie, à l’exception des trois dernières, qui datent de 2009, ont été prises par Xavier Delamare au début des années 1980. Les quinze premières présentent le Louxor à la fin de 1982, un an avant sa fermeture et son abandon pendant 30 ans. Les autres montrent quelques cinémas parisiens dont beaucoup, à une époque où les salles de quartier fermaient les unes après les autres, s’étaient orientés vers les films d’action, le cinéma indien, ou le cinéma pornographique.

Pour en savoir davantage sur l’histoire de certaines des salles présentées dans cette galerie (dont le Cinex, le Pathé Journal, le Strasbourg, l’Eldorado, le Max Linder), nous conseillons la visite du site irremplaçable de Philippe Célerier, Ciné-Façades. Quant au Midi Minuit et ses liens avec la revue Midi Minuit Fantastique, un dossier lui est consacré sur le site DeVilDead.