Romain Prybilski nouveau directeur du Louxor

Haut et Court Cinémas, titulaire de la délégation de service public du Louxor, vient de nommer Romain Prybilski directeur du Louxor. Il a pris ses fonctions à la mi-janvier 2026, tout juste deux ans après l’arrivée de Manon Desseauve qu’il remplace.

© Photo archives Nouvelle République

Titulaire d’une licence Arts du spectacle et d’un master en management de projets culturels (2014), il a été directeur et programmateur du cinéma Les Lobis de Blois (2015-2023), puis directeur des Cinémas Studio de Tours (2023-2026). Nous espérons en savoir bientôt davantage sur les grandes orientations qu’il compte donner au Louxor dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public en cours de préparation. Son goût musical à la fois affirmé et varié laisse présager quelques surprises.

25 janvier 2026, Youssef Chahine aurait cent ans

Les hommages se multiplient à l’occasion du centenaire de la naissance de Youssef Chahine (1926-2008), le grand cinéaste égyptien, que l’on célèbre ce 25 janvier 2026.

Le 17 avril 2013, c’est avec un film du grand cinéaste égyptien Youssef Chahine que le Louxor enfin restauré rouvrait ses portes après 30 ans de fermeture et d’abandon. Le film choisi pour cette inauguration, Le Destin (1997), évocation de la vie du philosophe Averroès, rappelait ainsi la place prépondérante qu’a tenue le cinéma égyptien dans la programmation du Louxor de 1978 à 1983, date de la fermeture du cinéma par Pathé. Le film était projeté dans le cadre somptueux de la grande salle au décor égyptisant, qui porte maintenant le nom du cinéaste égyptien.

Le choix du nom
Dès 2010, moins de deux ans après le décès de Youssef Chahine, et alors que les travaux de réhabilitation du cinéma avaient commencé depuis peu, le Conseil de Paris des 10 et 11 mai 2010 avait adopté un vœu proposant d’honorer la mémoire de Youssef Chahine en donnant son nom à une grande salle de cinéma « Le Louxor ».(1)
Dans ce vœu n° 17, Christophe Girard rappelait la personnalité du cinéaste dans un texte qui n’a pas pris une ride et que nous reproduisons in extenso :
« Youssef Chahine, né le 25 janvier 1926 à Alexandrie et mort le 27 juillet 2008 au Caire, fut un artiste complet, à la fois réalisateur prolifique, acteur, scénariste et producteur. Il réalisa une quarantaine de films depuis le début des années cinquante, jusqu’à Chaos en 2006, et jouait dans grand nombre d’entre eux.
Youssef Chahine quitta l’Égypte en 1947 pour étudier près de Los Angeles. Il se révéla rapidement comme un cinéaste audacieux, engagé, fondamentalement indépendant, qui ne recula jamais face aux menaces de censure. Menant de fines analyses de la société qui l’entourait, il donna une audience aux préoccupations sociales, avec Le fils du Nil en 1951 ou Les eaux noires en 1956, année de ma naissance, dénonça le fanatisme religieux, comme dans Le Destin en 1997, et différentes formes d’oppression ou de dérives. Son acharnement en faveur d’un art libre lui valut, en 1984, un séjour en prison pour avoir diffusé un film interdit par la censure.
Sensible et intuitif, il révéla Omar SHARIF dans Ciel d’Enfer en 1954, offrit un rôle singulier et généreux à Dalida dans Le sixième jour en 1986, réalisa plusieurs co-productions importantes avec la France, comme Bonaparte en Égypte en 1985. Il monta, pour la Comédie Française, Caligula de Camus en 1992.
Puis, plusieurs fois convié au festival de Cannes, il obtint le prix du cinquantième anniversaire du festival pour l’ensemble de sa carrière.
Le témoignage collectif auquel il participa suite aux événements du 11 septembre 2001 fut nominé pour le César du meilleur film de l’Union européenne en 2003.
Artiste habité d’une vocation profondément humaine, Youssef Chahine mit tout son art et son talent au service de la tolérance, de l’intelligence, de l’humanisme, ne manquant pas de rappeler la chance et la richesse que constituent nos propres différences sociales ou religieuses.
La Ville de Paris tient à rendre hommage aux valeurs et au patrimoine qu’il nous a légués et à perpétuer ses combats contre toute forme d’intolérance et d’intégrisme.
Pour lui rendre hommage, le choix du Louxor, cinéma mythique au style néo-égyptien, construit en 1921, sauvé et réhabilité par la Ville de Paris, s’est imposé comme une évidence. Cinéma d’art et d’essai, le Louxor proposera, à partir du printemps 2013, une programmation atypique, riche et humaniste, avec trois salles, dont une dédiée aux cinématographies du Sud. La grande salle, d’une capacité de 342 fauteuils, deviendra la salle Youssef Chahine. (2)»

Au terme du cheminement administratif de rigueur, le Conseil de Paris des 25 et 26 mars 2013 autorise le Maire de Paris « à attribuer le nom de Youssef Chahine à la grande salle du Louxor- Palais du Cinéma et à apposer une plaque commémorative à l’intérieur de la grande salle du Louxor ».(3)

Sur l’écran, Youssef Chahine – Le Maire de Paris entouré des élus, de l’équipe de CinéLouxor, de l’architecte Philippe Pumain et d’une foule de journalistes.

La nièce du cinéaste, présente lors de l’inauguration du 19 avril 2013, avait dit son émotion de voir le film projeté dans la salle même qui avait accueilli autrefois d’autres œuvres de Chahine (4) et avait évoqué son œuvre et sa personnalité, en rappelant à quel point il était épris de liberté et amoureux de la France.

De son côté, la 15e édition 2026 du ‎Luxor African Film Festival (dernière semaine de mars 2026) a prévu de célébrer avec éclat ce centenaire par un hommage sous le titre « Youssef Chahine… Une histoire égyptienne », soulignant son impact déterminant sur la représentation du monde arabe et africain au cinéma. « Le président du festival, le scénariste Sayed Fouad, a confirmé qu’un programme spécial sera dédié à Chahine. Celui-ci comprendra la publication d’un livre documentaire bilingue (arabe-français) retraçant sa vie, ses films et son héritage cinématographique. Un grand espace d’exposition vidéo-art sera également consacré à ses affiches de films ainsi qu’à des photographies rares de sa vie et de sa carrière d’acteur. Quatre de ses films les plus emblématiques, récemment restaurés par la société Misr International Films dans le cadre d’un projet de valorisation de son œuvre, seront projetés. Le festival prévoit également d’organiser, tout au long de l’année 2026, des projections parallèles de ces films dans plusieurs pays africains, ainsi que des hommages rendus aux artistes et techniciens ayant collaboré avec Chahine. »

Jean-Marcel Humbert © lesamisdulouxor.fr

Notes
1 – Un prochain article expliquera l’importance de l’article défini écrit avec une majuscule lorsqu’il accompagne le nom du cinéma.
2 – Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, N° 4-5, vendredi 2 juillet 2010, p. 430-431 : Débats du Conseil municipal de Paris, séance des lundi 10 et mardi 11 mai 2010.
3 – Conseil de Paris, Conseil Municipal, Extrait du registre des délibérations, séance des 25 et 26 mars 2013. 2013 SG 24 Attribution du nom de Youssef Chahine à la grande salle du Louxor- Palais du cinéma, M. Bruno Julliard, rapporteur.
4 – Les films de Youssef Chahine au Louxor :
5 juillet 1978 et 21 mars 1979 : Djamilah (1958) avec Magda Al Sabbahi, Ahmed Mazhar, Salah Zulfikar
Semaine du 11 avril 1979 : Saladin (1963) avec Ahmad Madhar, Leila Fawzi, Mohamed Abdel Gawad
Semaine du 14 septembre 1983 : La Mémoire, une histoire égyptienne, v.o. (1982) avec Nour Al Cherif, Mohsen Mohieddine, Leila Hamada

 

Emmanuel Papillon quitte le Louxor pour une retraite que nous lui souhaitons aussi active que cinéphilique

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor depuis sa réouverture en 2013, quitte le cinéma historique de Barbès. Les Amis du Louxor l’ont retrouvé, ainsi que l’architecte Philippe Pumain, autour d’un déjeuner amical au bar du Louxor le samedi 20 janvier 2024 pour le remercier de ces onze années à la tête d’une salle qu’il a fait revivre de si belle manière.

Près de onze ans au chevet du Louxor — des années qui auront marqué et modifié l’image du carrefour Barbès. Le 17 avril 2013, après 30 ans de fermeture et d’incertitudes, le bien nommé « Louxor-Palais du cinéma », rendu à sa splendeur originelle par l’architecte Philippe Pumain et son équipe, rouvrait ses portes et allait retrouver son public. Il n’aura pas fallu longtemps à Emmanuel Papillon pour instaurer un style bien personnel associé à une programmation qui a fait le succès du Louxor.

C’était à la fois une magnifique aventure et un défi : faire revivre un cinéma dans un quartier populaire en pleine évolution qui avait vu disparaître toutes ses salles de quartier. Le défi fut relevé et de belle manière.

Continuer la lecture

Le Louxor présent à l’exposition du MUS de Suresnes

Le cinéma Louxor a été sélectionné pour figurer dans le cadre d’une intéressante exposition sur les façades remarquables : Trésors de décors, façades d’Île-de-France, qui propose de découvrir les ornements des façades de nos bâtiments publics et de décrypter les grandes tendances ornementales du XIXe et du XXe siècle en en présentant les techniques, artistes et artisans. Le Musée d’Histoire Urbaine et sociale de Suresnes (MUS), qui organise cette exposition, est installé depuis juin 2013 dans l’ancienne gare de Suresnes-Longchamp entièrement réaménagée. Il y présente l’histoire de la ville, de son paysage urbain ainsi que son évolution sociale et économique.

Continuer la lecture

Séance spéciale au Louxor : samedi 16 décembre 2023 à 10:45

Projection de Portraits fantômes de Kleber Mendonça Filho et rencontre avec Jean-François Chaput, auteur du livre Paris Cinés : 1982-1992 des cinémas disparaissent

Portraits fantômes (Retratos fantasmas) de Kleber Mendonça Filho, Brésil, 1 h 33.
Un documentaire dans lequel Kleber Mendonça Filho, le réalisateur des films Les Bruits de Recife (2012) et Aquarius (2016) suit l’évolution de sa ville natale, Recife, et s’attache à restituer le souvenir des anciens cinémas maintenant disparus, des films qui y étaient projetés et de leurs spectateurs.

Projection suivie de la dédicace du livre Paris Cinés : 1982-1992 des cinémas disparaissent par Jean-François Chaput, vers 12h30 (au bar du Louxor). En partenariat avec la librairie Nordest.

Continuer la lecture

« Mon Crime », film tourné au Louxor

Après la façade du Louxor, mise en vedette dans le film de Jean-Paul Salomé, La Daronne, c’est maintenant la grande salle de style Art-déco égyptisant qui apparaît dans la nouvelle comédie dramatique et policière de François Ozon, Mon crime. Le film a été présenté en avant première au Louxor le 24 janvier 2023. La distribution est prestigieuse (Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussolier, Dany Boon, Félix Lefebvre, et deux étoiles montantes, Nadia Tereszkiewicz et Rebecca Marder).
Continuer la lecture

Le Louxor en 1983 dans le film d’ Andrzej Zulawski, La Femme publique

Les images du Louxor avant sa fermeture du 30 novembre 1983 et sa vente par Pathé à la société Tati ne sont pas si nombreuses, et son utilisation en tant que décor de film encore moins fréquente. Ou s’il apparaît, c’est souvent de manière si fugitive que le spectateur a à peine le temps de l’identifier(1). Toutes les trouvailles sont donc précieuses. Merci à Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, de nous avoir signalé le film d’Andrzej Zulawski, La Femme publique, dont nous découvrons une scène se déroulant devant le Louxor.
Ethel (Valérie Kapriski) sort du métro par le tourniquet du côté du boulevard de La Chapelle, où l’attend Milan (Lambert Wilson), réfugié tchèque, en fuite après avoir tiré sur l’archevêque de Lituanie en visite à Paris. Dès lors, le Louxor va servir de décor nocturne à ce rendez-vous.

Capture d’écran du film La Femme publique

Continuer la lecture