Vernissage de l’exposition « Le Louxor – Palais du cinéma»

Une avant-première particulièrement réussie

Lundi 25 mars à 19 heures, à moins d’un mois de l’ouverture du cinéma, l’exposition Le Louxor – Palais du cinéma, ouvrait ses portes. Le succès de ce vernissage, dont témoignent à la fois l’affluence du public et l’enthousiasme des visiteurs, est le signe évident de l’intérêt suscité par la renaissance de cette salle historique.

Dès 19 heures, les premiers invités (parmi lesquels des représentants des associations Histoire et Vies du 10eAction Barbès et Paris-Louxor) arrivent dans le hall imposant de la mairie du Xe arrondissement.

25 mars 2013 Entrée de l'exposition

25 mars 2013 – entrée de l’exposition

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Exposition Le Louxor-Palais du Cinéma

Pour célébrer la réouverture du Louxor (inauguration prévue le 17 avril 2013) :

Exposition organisée par Les Amis du Louxor
Commissaire : Jean-Marcel Humbert, égyptologue

Comité d’organisation : Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli

Scénographie : Philippe Pumain, architecte chargé de la rénovation du Louxor

25 mars-25 mai 2013
Mairie du Xe arrondissement, 72 rue du Faubourg Saint-Martin
Horaires : du lundi au vendredi de 8h30 à 17h, jeudi de 8h30 à 19h30, samedi de 9h à  12h30

Entrée libre

AFFICHELouxor

L’exposition, à travers la reproduction de documents inédits très variés (photographies, documents d’archives, programmes…), propose un parcours original, historique et thématique, qui permet de découvrir l’histoire du Louxor et de sa programmation.
Elle fait une place aux œuvres de photographes professionnels et de jeunes créateurs qui se sont passionnés pour la renaissance de ce bâtiment.
Elle retrace comment fut sauvé, puis rénové, ce cinéma de quartier qui fut, en 1921, l’une des premières salles parisiennes à avoir été conçues pour être un cinéma. 

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Le montage de l’exposition « Le Louxor-Palais du cinéma »

La réalisation d’une exposition est toujours une aventure dont il est difficile de prévoir à l’avance le déroulement et toutes les péripéties.

11 mars 2013 - mise en place des premiers panneaux

11 mars 2013 – mise en place des premiers panneaux

L’équipe qui a, depuis plusieurs années,  mené les recherches sur le Louxor (constituée de Michèle Alfonsi, Marie-France Auzépy, Nicole Jacques-Lefèvre, Annie Musitelli et Jean-Marcel Humbert) a tout d’abord préparé un scénario à partir duquel le scénographe (l’architecte Philippe Pumain, qui mène le chantier de rénovation du Louxor) a proposé une idée de mise en espace.

18 mars - poursuite de l'installation

18 mars – poursuite de l’installation

Philippe Pumain  a mis en scène de nombreuses expositions, parmi lesquelles,  pour ne citer que les dernières, Bâtir pour le Roi, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) (Carnavalet), L’hôtel particulier. Une ambition parisienne (Cité de l’architecture & du patrimoine) et Les couleurs du ciel. Peintures des églises de Paris au XVIIe siècle (Carnavalet).

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Enquête à Istanbul

Sur les traces de la famille d’Henri Zipcy, architecte du Louxor

Henri Joseph Marie Zipcy était originaire de Constantinople qu’il quitta en 1889 pour venir étudier à l’école des Beaux-Art de Paris. Au cours de ses recherches sur la vie de cet architecte, Michèle Alfonsi avait relevé dans les Annuaires CERVATI de 1881 à 1909 les adresses de la famille Zipcy. Or notre trésorière, Marie-France Auzépy, également spécialiste de Byzance, fait de fréquents séjours à Istanbul. Excellente occasion de partir à la recherche des lieux de travail et des diverses demeures de cette famille de Levantins aisés dont les membres résidaient et travaillaient à Pera, l’élégant quartier européen de Constantinople, en face de la vieille ville, de l’autre côté de la Corne d’or (d’où son nom : péran en grec signifie « en face »). Mais l’affaire n’était pas si simple : tout d’abord les noms de rue étaient donnés dans l’Annuaire en transcription française du turc ottoman alors que les noms actuels appliquent la réforme linguistique imposée par Mustafa Kemal Atatürk dans les années 30(1) ; ensuite, certaines rues avaient disparu ; et enfin, la numérotation des rues avait changé plusieurs fois. Mais avec un peu de ténacité, il a été possible de retrouver les trois lieux de travail et les sept domiciles de la famille Zipcy à Péra.

lieux d’habitation et de travail de la famille Zipcy à Péra

Les lieux d’habitation et de travail de la famille Zipcy à Péra

Péra est une colline dont les versants, assez abrupts, descendent vers le Bosphore sud-est et vers la Corne d’or au sud-ouest. Une rue nord-est/sud-ouest, maintenant piétonnière, Istiklal caddesi, jadis « Grande Rue de Péra », occupe son sommet ; sur plus d’un kilomètre, elle relie la grand place Taksim, cœur de la ville européenne, au nord-est, à Tünel, le funiculaire entre le Pont de Galata sur la Corne d’Or et le haut de la colline, au sud-ouest. Les rues perpendiculaires (comme Amalı Mescit = Amali Mesdjid, ou Hamalbaşı = Hamalbashi) montent du Bosphore, la traversent, redescendent de l’autre côté sur la Corne d’or.

La grande rue centrale de Péra (maintenant Istiklal Caddesi) dans les années 1900

La grande rue centrale de Péra (maintenant Istiklal Caddesi) dans les années 1900

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Entretien avec Emmanuel Papillon

« Le Louxor sera un cinéma à part entière »

Emmanuel Papillon va diriger le Louxor, avec à ses côtés Carole Scotta et Martin Bidou. Nous l’avons interrogé sur divers aspects de la future exploitation du cinéma. Conscient de la complexité du défi qu’il doit relever, mais fort de sa longue expérience de directeur de salle, et de la complémentarité avec ses partenaires, il est animé d’une vision très claire, à la fois ambitieuse et réaliste, de ses objectifs. Nous le remercions vivement de nous avoir accordé cet entretien.

Décor de la grande salle

Tête de pharaon surmontant les pilastres de l’extraordinaire grande salle Youssef Chahine (photo 8 novembre 2012)

Le Louxor sera une salle Art et Essai, avec ce que cela implique en termes de diversité et d’exigence de la programmation. Vous vous êtes de plus engagé à obtenir les trois labels existants.
Oui, les labels Recherche et découverte, Jeune public et Patrimoine à compter de l’exercice 2016. Ils sont attribués aux salles en fonction de leur programmation.
Un effort particulier concernera le jeune public ?
Oui, un travail important sera fait en direction du jeune public (animations régulières, ciné-conte…) et des scolaires (participation aux trois dispositifs d’éducation à l’image).
En ce qui concerne le patrimoine, pouvez-vous nous préciser ce que sera l’Université populaire du Louxor ?
Une fois par mois en après-midi, par exemple le jeudi, nous solliciterons des critiques, enseignants, écrivains, architectes, philosophes, musiciens, peintres, économistes, avocats, médecins… qui viendront présenter d’une façon développée LEUR film fondateur.
L’approche ne sera pas forcément analytique, elle pourra être très personnelle. Chaque artiste, intellectuel, penseur reviendra sur une œuvre cinématographique fondatrice de son travail.
L’objectif de ces séances est à la fois de revisiter le patrimoine cinématographique de façon singulière mais aussi de partager des « grands témoignages » (ces derniers pourront être filmés et mis en ligne sur le site du Louxor). Le public de l’Université Populaire du Louxor pourra être des étudiants, des retraités, une ou deux classes de lycées mais aussi un public peu cinéphile souhaitant se construire une culture cinématographique.
Un programme trimestriel sera établi pour que le public puisse réserver ces séances. Une tarification très attractive sera faite pour les spectateurs qui s’engagent sur le cycle (ou même idéalement, si un mécène nous soutient, ces séances pourront être gratuites)1 .

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Un certain Henri Silberberg…

L’article qui suit est complété par une chronologie concernant l’ensemble de la famille Silberberg, à laquelle on peut aussi se référer pour de plus nombreux détails sur les péripéties de la vie mystérieuse d’Henri Silberberg.

Ce fils d’immigrés à qui l’on doit le Louxor

Que savons-nous de celui à qui nous devons le Louxor ? Dans les articles que nous lui avions consacrés, nous regrettions de presque tout ignorer de ce que fut sa vie. De nouvelles recherches – un chaleureux merci à Catherine Saiko et Dominique Delord pour leur aide précieuse – nous ont permis depuis de découvrir quelques documents intéressants. Assez peut-être pour tenter de tracer en pointillés le destin de cet homme qui fut un « promoteur » suffisamment hardi pour acheter un immeuble haussmannien et le faire démolir pour construire un cinéma.

Tout commence par une histoire d’immigrés d’Europe Centrale…

La famille Silberberg
Les activités multiples d’Henry Silberberg
L’achat de l’immeuble du boulevard Magenta
L’aventure du Louxor

La famille Silberberg

En 1859, à Budapest (Hongrie), Jacob Silberberg épouse Francesca Heller1. Il est né vers 1834 à Zarnovice (Pologne) ; elle, vers 1836 ou 18382 à Budapest. Ils vont émigrer en France, via l’Égypte, vers 1865, et c’est à Paris que naît, dans cette modeste famille juive ashkénaze, le 21 octobre 1866, Henri Silberberg.

Acte de naissance d’Henri Silberberg (Archives numérisées de Paris)

À la naissance d’Henri, Jacob Silberberg a trente-deux ans et sa femme, à qui l’acte de naissance donne le prénom francisé de Fanny, vingt-huit ans. Ils ont déjà trois enfants : Annette et Rosalie, nées à Zarnovice en 1860 et 18633, et Jacob, né à Alexandrie (Égypte) en 1864, et mort à Paris à 21 mois, le 23 août 1866. Jacob est « colporteur », Fanny « sans état », et ils vivent dans le XIe arrondissement, au 105, puis, à la naissance d’Henri, au 128, rue Saint-Maur. Les deux témoins à la déclaration de la naissance d’Henri sont des voisins : un commerçant et un colporteur.

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